Mesure DAS des téléphones portables : victoire européenne

Le mois dernier, nous analy­sions le bilan de sur­veil­lance des ter­minaux mobiles pub­lié par l’Agence nationale des fréquences (ANFR), por­tant notam­ment sur les niveaux d’exposition aux ondes. Pour beau­coup, cette analyse repre­nait divers élé­ments dif­fusés par Alerte Phonegate, asso­ci­a­tion qui a une vraie autorité en la matière.

Celle-ci déplore depuis plusieurs années que la mesure européenne du DAS (Débit d’Absorption Spé­ci­fique) ne se fasse qu’à 5 mm du corps, ce qui ne reflète pas l’usage réel, sou­vent au con­tact direct (0 mm).

Or la Com­mis­sion européenne vient de pub­li­er le 7 sep­tem­bre 2026, une déci­sion d’exécution recon­nais­sant la nou­velle norme EN 50566:2017/A2:2025 qui mod­i­fie cette mesure.

Le DAS (Débit d’Absorption Spé­ci­fique) mesure la puis­sance d’énergie élec­tro­mag­né­tique absorbée par le corps humain lorsqu’il est exposé aux ondes radiofréquences émis­es par un appareil (télé­phone portable, tablette, mon­tre con­nec­tée, etc.). Il s’exprime en watts par kilo­gramme (W/kg). Un DAS élevé sig­ni­fie qu’une plus grande quan­tité d’énergie est absorbée par votre corps.

Il existe trois DAS (voir pour plus d’élé­ments) :

Depuis 2018, Alerte Phonegate porte le com­bat pour que le Débit d’Absorption Spé­ci­fique (DAS) soit éval­ué dans des con­di­tions réelles. Nous n’avons cessé de dénon­cer aux autorités la règle en vigueur jusqu’en 2017, péri­ode où les fab­ri­cants pou­vaient encore com­mer­cialis­er des télé­phones dont le DAS tronc était mesuré jusqu’à 25 mm du corps.

Par con­séquent, dès 2019, l’Agence nationale de sécu­rité san­i­taire de l’alimentation, de l’environnement et du tra­vail (ANSES) recom­mandait une mesure à 0 mm. De sur­croît, les analy­ses de l’Agence Nationale des Fréquences (ANFR) ont révélé que 76 % des télé­phones testés au con­tact direct du corps dépas­saient la lim­ite régle­men­taire de 2 W/kg .

Cepen­dant, cette avancée reste à nuancer. En effet, la Com­mis­sion reporte au 7 mars 2028 le retrait de l’ancienne référence. Pen­dant cette tran­si­tion de 18 mois, les fab­ri­cants peu­vent con­tin­uer d’utiliser l’ancienne ver­sion.

De plus, le DAS tête n’est tou­jours pas éval­ué au con­tact réel. Les travaux du pro­fesseur Om P. Gand­hi, pub­liés dans IEEE Access, démon­trent qu’un espace­ment arti­fi­ciel de 10 mm fausse les résul­tats et sous-estime l’exposition cérébrale.

Pour le Doc­teur Marc Arazi, prési­dent d’Alerte Phonegate : “Pourquoi la san­té des con­som­ma­teurs doit-elle encore atten­dre 2028 ? La Com­mis­sion européenne pro­tège-t-elle les citoyens ou les intérêts indus­triels ? Alerte Phonegate pour­suiv­ra son action jusqu’à l’application d’une méth­ode de mesure de l’exposition réelle­ment fiable et trans­par­ente.”

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