Jeudi 5 février de 18h30 à 20h30 à l'amicale laïque du Crêt de Roch à Saint Etienne, avec la participation des co-auteur.es et de Laura Quidal, organisée par l'amicale, le Département d'études politiques et territoriales de l'Université Jean Monnet et la librairie Lune et l'autre
La rencontre sera suivie de la diffusion d’un épisode de "La vie plus belle" (saison 2, épisode 9 : "Léo tente de partir à Lyon"), remake autogéré stéphanois de la série marseillaise "Plus belle la vie".
Venez nombreux.ses !
En janvier 2020 paraissait un petit livre de sociologie consacré à notre chère bonne ville de Saint-Étienne. Six ans plus tard et quelques semaines avant une nouvelle échéance municipale, ce livre connaît une nouvelle édition (sortie le 5 février) qui n’est pas une simple réimpression : retours critiques, nouvelles données, analyses de la sociologie électorale… Le livre a fait l’objet de multiples ajouts, actualisations, réécritures.
Autant de bonnes occasions pour “remettre le coup vert” et vous inviter à venir discuter à nouveau avec les co-auteur.es du livre ainsi que Laura Quidal, l’illustratrice qui a dessinée le nouveau blason en couverture.
Note de présentation de l'éditeur
"Tour à tour présentée comme une ville industrielle, une ville ouvrière, une 'ville de foot' et, aujourd’hui, une ville 'rouillée' aux difficultés persistantes, Saint-Étienne apparaît comme l’une des grandes perdantes des transformations du capitalisme contemporain.
Les processus de déclin ont engendré un ensemble de problèmes : concentration de la pauvreté, ségrégation ethnique, vacance commerciale, atonie du marché immobilier, présence de friches. Ils ont toutefois fait naître une société plus contrastée que ne le suggèrent les discours misérabilistes sur la ville.
Une société qui offre aussi des 'ressources' dont certains habitants et collectifs se saisissent pour renouveler les pratiques sociales. À l’heure où fleurissent des analyses caricaturales des 'fractures' territoriales françaises, cet ouvrage aborde une réalité souvent occultée : celle des villes dont la situation s’éloigne des récits vertueux sur la métropolisation.
Il rend compte des transformations de Saint-Étienne et permet de mieux saisir les dynamiques contemporaines de différenciations sociales et territoriales."
Sociologie de Saint-Étienne
Ecrit par Vincent Béal, Nicolas Cauchi-Duval, Georges Gay, Christelle Morel Journel, Valérie Sala Pala
Paru une première fois en 2020 aux éditions La Découverte, l’ouvrage universitaire Sociologie de Saint-Étienne est réédité cette année avec une sortie prévue le 7 février. Une piste pour saisir la nature d'"une ville ordinaire aux traits spécifiques".
"Sociologie de Saint-Etienne", une étude transdisciplinaire sur Saint-Etienne (géographie sociale, sociologie politique urbaine, sociodémographie…). Il est à cette heure le seul ouvrage de la collection à bénéficier d’une réédition.
Saint-Étienne, ville noire, industrielle, métropole attractive, ou ville en déclin ?
C’est pour mieux découdre ces représentations et dépasser les grilles d’analyse traditionnelles qu’une équipe d’enseignants-chercheurs, composée de Vincent Béal, Nicolas Cauchi-Duval, Georges Gay, Christelle Morel-Journel et Valérie Sala-Pala, s’est attelée, en 2020, à cette étude synthétique et transdisciplinaire sur la ville de Saint-Étienne.
"Il y avait ce besoin de rendre compte de la réalité urbaine de la ville", se remémore Valérie Sala-Pala, professeure en science politique. Entre le regret d’une diffusion compromise par la pandémie du Covid et l’envie de nourrir le débat public, cette réédition actualise l’analyse.
Les auteurs s’intéressent à "la mobilisation des associations et collectifs qui produisent la ville autrement"
Dans cette version "2026", le livre approfondit certaines thématiques tout en questionnant l’évolution des constats de 2020. "Cela permet la comparaison dans le temps. On observe la stabilisation de certains aspects, comme le prix de l’immobilier, mais aussi l’importance d’indicateurs plus inquiétants, comme le taux de pauvreté, qui augmente de 4 points", indique Vincent Béal, maître de conférences en science politique. Toutes les données du livre ont été mises à jour à partir de données récentes (recensement 2021).
"Il y a un fil directeur : une politique néolibérale pensée surtout pour développer l’attractivité (orientée vers les classes moyennes et supérieures, les entreprises…) qui se répercute sur les franges populaires de la population", explique Valérie Sala-Pala.
En contrepoint, le tissu associatif de la ville, notamment le réseau des amicales laïques, parfois centenaires, profite d’une analyse inédite dans l’ouvrage. Les auteurs s’intéressent à "la mobilisation des associations et collectifs qui produisent la ville autrement". "Ce sont des structures très importantes du maillage territorial", observe Vincent Béal.
"Des intérêts sociaux et territoriaux qui se mobilisent"
Certains quartiers péri-centraux font l’objet de focus spécifiques, comme celui de Tarentaize-Beaubrun, "où les logements sociaux côtoient un habitat privé dégradé", souligne Valérie Sala Pala. Ce quartier historique de l’immigration souffre de stigmates négatifs et est voué, depuis les années 70, à une politique de "reconquête".
Entre les représentations d’une ville pauvre, ternie par l’affaire de la sextape et la mystification de l’esprit solidaire et ouvrier, "la réalité de la ville est sans doute entre les deux", selon Valérie Sala-Pala. Derrière ces images, "il y a toujours des intérêts sociaux et territoriaux qui se mobilisent", note Vincent Béal.
