Manifs du 1e mai et remises en question du jour férié chômé

A Saint-Eti­enne, 10h à par­tir de la Bourse du Tra­vail

A Roanne, 10h30 aux Halles Diderot

La propo­si­tion de loi pour une remise en ques­tion du 1e mai comme jour férié chômé a fait l’ob­jet d’une déc­la­ra­tion inter­syn­di­cale (voir ci-dessous). Depuis, le texte a été retiré mais le gou­verne­ment essaie de pass­er en force.

D’après Médi­a­part, “après la propo­si­tion de loi reportée, la motion de rejet adop­tée et la com­mis­sion mixte par­i­taire aban­don­née, le gou­verne­ment tente d’imposer le con­tourne­ment du droit du tra­vail sur sim­ple déc­la­ra­tion min­istérielle. Dès cette année, boulangers et fleuristes pour­ront faire tra­vailler leurs salariés, au mépris du droit.

La déc­la­ra­tion inter­syn­di­cale avant l’ex­a­m­en du texte retiré

La propo­si­tion de loi issue du Sénat inti­t­ulée « Per­me­t­tre aux salariés de cer­tains secteurs de tra­vailler le 1er mai », présen­tée le jeu­di 22 jan­vi­er dernier à l’Assemblée nationale dans le cadre d’une niche par­lemen­taire, n’a pas été soumise au vote et n’a heureuse­ment pas été adop­tée. Par obsti­na­tion, elle va être représen­tée à l’Assemblée nationale le ven­dre­di 10 avril.

L’ensemble des organ­i­sa­tions syn­di­cales avait dénon­cé ce texte dont l’objet n’était rien de moins que la remise en cause du 1er mai seul jour férié oblig­a­toire­ment chômé et rémunéré, et sym­bol­ique pour les travailleurs·euses en France comme à l’international.

C’est bien une volon­té d’étendre la déro­ga­tion à de nom­breux secteurs pro­fes­sion­nels que pour­suiv­ait cette propo­si­tion de loi, aux dépens des salarié·es mais aus­si des petits com­merces indépen­dants de prox­im­ité qui pou­vaient jusqu’ici déjà ouvrir ce jour-ci sans subir la con­cur­rence des grandes entre­pris­es. 

En effet, l’histoire sociale nous mon­tre qu’à chaque fois qu’un principe est entamé, les déro­ga­tions s’étendent pro­gres­sive­ment jusqu’à devenir la règle. Le tra­vail du dimanche en est une illus­tra­tion éclairante : une fois le tra­vail général­isé ce jour-là, les majo­ra­tions n’ont plus lieu d’être. Quant au « volon­tari­at », ajouté pour ras­sur­er, il n’existe pas réelle­ment du fait du lien de sub­or­di­na­tion inhérent au con­trat de tra­vail, d’autant plus dans les petites entre­pris­es. Comme pour le dimanche, les employeurs obligeront les salarié·es à tra­vailler le 1er mai sous peine de licen­ciement, ou de non-recrute­ment pour les nou­velles et nou­veaux salarié·es.

Par ailleurs, le 1er mai n’est pas un jour férié comme les autres. Il com­mé­more les luttes pour les droits des tra­vailleuses et tra­vailleurs, mar­quées notam­ment par des événe­ments trag­iques, comme la fusil­lade de Four­mies le 1er mai 1891. Remet­tre en cause le principe de cette journée, c’est remet­tre en cause plus d’un siè­cle d’histoire sociale et de con­quêtes col­lec­tives. Les tra­vailleurs et les tra­vailleuses atten­dent des député·es qu’ils et elles répon­dent aux urgences sociales : salaires, emploi, morts et acci­dents du tra­vail, pas qu’il remette en cause les con­quêtes sociales ! 

Les organ­i­sa­tions syn­di­cales CFDT, CGT, FO, CFE-CGC, CFTC, UNSA, Sol­idaires et FSU vous appel­lent donc solen­nelle­ment à vous oppos­er à toute ten­ta­tive de remise en cause du 1er mai et à le réaf­firmer en reje­tant la propo­si­tion de loi présen­tée le 10 avril 2026. 

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