Le Syndrome de Stockholm ?

Lors d’un “comité nation­al de dia­logue des fréquences”, l’ANSES a annon­cé que ses experts allaient engager un tra­vail en vue de révis­er les valeurs lim­ite en matière de radiofréquences suite à la pub­li­ca­tion d’ un pre­mier avis (voir ci-dessous), large­ment inspiré par les travaux de l’IC­NIRP. Celle-ci est régulière­ment con­testée par des sci­en­tifiques inter­na­tionaux pour ses méth­odes non sci­en­tifiques et les con­flits d’intérêt qui touchent beau­coup de ses mem­bres.

Ci-dessous com­mu­niqué de Robin des toits qui rel­a­tivise la portée de cette annonce.

COMMUNIQUE DE ROBIN DES TOITS

Un bruit court : l’ANSES prévoirait de revoir à la baisse les valeurs lim­ites d’exposition aux champs élec­tro­mag­né­tiques arti­fi­ciels !

Devons-nous nous associ­er à cer­tains dis­cours euphoriques ? Avons-nous le droit de leur­rer une pop­u­la­tion soumise à une pol­lu­tion élec­tro­mag­né­tique per­pétuelle­ment crois­sante, mul­ti­fréquences et ubiq­ui­taire avec en son sein des per­son­nes Elec­tro­Hy­per­Sen­si­bles (EHS) qui souf­frent le mar­tyre ou des per­son­nes vul­nérables (fœtus, enfants, malades) ? Pour­rions-nous nous mon­tr­er igno­rants au point de croire sincère­ment qu’une déc­la­ra­tion de bonnes inten­tions sur le seul abaisse­ment des valeurs lim­ites pour­rait avoir le moin­dre effet san­i­taire posi­tif ?

Petit rap­pel : selon la Charte de Paris (mars 2021), la valeur lim­ite des émis­sions haute fréquence est passée de 7 à 5V/m. Or, en 2020, 98% des valeurs mesurées à la demande de l’ANFR sont déjà en deçà de 5V/m, ce qui laisse une belle marge aux opéra­teurs et per­met d’annoncer une valeur lim­ite légère­ment inférieure sans que rien ne change en réal­ité. Autrement dit, en se con­tentant d’abaisser le seuil règle­men­taire d’exposition pour une gamme de fréquences don­née, dans 98% des cas, l’opérateur télé­phonique mobile n’aura stricte­ment rien à mod­i­fi­er sur le ter­rain. Même pas mal. Le niveau du risque san­i­taire ne chang­era donc pas.

En effet, le pro­to­cole de mesures offi­cielles et par­ti­c­ulière­ment la présen­ta­tion de ses résul­tats masque totale­ment la réal­ité du risque san­i­taire : dans la vraie vie, nous ne sommes pas exposés à des moyennes, mais à des valeurs instan­ta­nées de champs élec­tro­mag­né­tiques, et notam­ment des pics d’intensité qui por­tent la tox­i­c­ité biologique. Pour don­ner un exem­ple, une per­son­ne télépho­nant avec son DECT col­lé à l’oreille subit un champ élec­trique instan­ta­né de 20V/m crête (valeur max­i­mum des pics) alors qu’une mesure moyen­née selon le pro­to­cole de la norme ANFR DR15 (à 80 cm de l’oreille exposée) don­nerait 0,7V/m. Le pro­to­cole règle­men­taire de l’ANFR fait ain­si dis­paraître l’information du risque san­i­taire : pour­tant, son cerveau reçoit bien les 20V/m et non pas le maquil­lage à 0,7V/m. Ceci con­stitue donc une escro­querie sci­en­tifique, validée par des autorités trahissant des pop­u­la­tions qui croient en leur pro­tec­tion et en leur bien­veil­lance, du fait d’une mécon­nais­sance active­ment entretenue.

Être sérieux et respon­s­ables, ce serait, par exem­ple, exiger la mise en œuvre simul­tanée des dix dis­po­si­tions déclinées en annexe (la liste n’étant pas exhaus­tive). En effet, pour obtenir un effet vertueux sur la San­té Publique dans un envi­ron­nement mul­ti-pol­lué, seul un ensem­ble de dis­po­si­tions pris­es de manière coor­don­née peut pré­ten­dre aboutir.

Ajou­tons que dans le même temps, la France négo­cie un pro­jet de règle­ment européen [ndlr Giga­bit Infra­struc­ture Act, d’ailleurs con­testé par plusieurs organ­i­sa­tions français­es, voir ci-dessous] pro­posé par la Com­mis­sion européenne relatif au déploiement des réseaux Giga­bit de com­mu­ni­ca­tions élec­tron­iques, pro­jet qui lais­serait le champ encore plus libre aux dif­férents opéra­teurs.

En nous lais­sant leur­rer par les bonnes, mais très insuff­isantes inten­tions affichées par l’ANSES, sans les reli­er à ces vel­léités européennes, ne man­i­fes­te­ri­ons-nous pas un aveu­gle­ment com­pa­ra­ble aux symp­tômes du Syn­drome de Stock­holm ?

Cer­tains se sou­vi­en­nent peut-être de la stupé­fac­tion qui avait saisi l’opinion inter­na­tionale en 1973 lorsque qua­tre otages d’un braque­ur de banque dans la cap­i­tale sué­doise prirent faits et caus­es pour leur ravis­seur d’abord face à la police, puis face à la jus­tice, tout en dévelop­pant une rela­tion ami­cale avec lui. Adopter le point de vue du ravis­seur, s’identifier à son com­bat donne à tout otage une illu­sion de con­trôle de la sit­u­a­tion et l’aide à ne plus se sen­tir totale­ment impuis­sant. Il n’en demeure pas moins qu’en réal­ité, le ravis­seur a tout pou­voir sur sa vie. Le seul anti­dote à ce “réflexe” est d’avoir con­tin­uelle­ment un esprit cri­tique suff­isam­ment fort pour con­tr­er les manip­u­la­tions du ravis­seur.

Dans notre cas, cette lucid­ité sera ori­en­tée vers les plans d’action à moyen terme des instances et organ­i­sa­tions pro­mou­vant la 5G, puis la 6G et autre généra­tion suiv­ante. Ne nous trompons pas de com­bat, lut­tons pied à pied pour obtenir gain de cause et ne nous lais­sons pas endormir par les promess­es (rarement tenues) de fauss­es amélio­ra­tions. A Robin des Toits, tel est notre choix.
 

ANNEXE

  • Que les stan­dards d’exposition soient révisés afin de pren­dre en compte la per­ma­nence de l’exposition, le car­ac­tère pul­sé des ray­on­nements arti­fi­ciels, les valeurs crête des champs élec­triques et mag­né­tiques, les effets cock­tails avec dif­férentes gammes de fréquence de la vie quo­ti­di­enne et les autres pol­lu­tions (chim­ique, métallique, médica­menteuse, etc.) ain­si que la vul­néra­bil­ité des per­son­nes exposées (pen­sons aux cen­tres hos­pi­tal­iers, aux mater­nités, aux étab­lisse­ments sco­laires, aux crèch­es, aux EPHAD à prox­im­ité desquelles des antennes sont instal­lées, imposées sans aucune con­cer­ta­tion, violant ain­si sans ver­gogne la loi 2002-285) ;
  • Que la norme ANFR-DR 15 fix­ant le pro­to­cole de mesure moyen­née dans l’espace et le temps (sur 6 min­utes) des champs élec­tro­mag­né­tiques soit aus­si révisée afin de per­me­t­tre la prise en compte des valeurs crêtes instan­ta­nées mesurées ;
  • Pour la même rai­son, abroger l’utilisation du Débit d’Absorption Spé­ci­fique (DAS) qui dés­in­forme les util­isa­teurs en leur don­nant l’illusion d’une pro­tec­tion, alors que ce paramètre trompeur est exclu­sive­ment basé sur la mesure des valeurs moyennes, du fait du dogme religieux d’une tox­i­c­ité fondée sur le seul effet ther­mique, arbi­traire­ment estimé sur 6 min­utes d’exposition ;
  • Met­tre en place, sur les télé­phones porta­bles, un logi­ciel lim­i­tant la puis­sance émet­trice, en cas de récep­tion dégradée à l’insu de l’utilisateur ;
  • Que des cam­pagnes de mesure, basées sur des valeurs crêtes, soient réal­isées dans et autour des hôpi­taux, crèch­es, écoles, col­lèges, lycées, maisons de retraite, etc., afin de car­togra­phi­er la réal­ité des expo­si­tions dans l’espace pub­lic et ren­dre vis­i­ble l’invisible, pour garan­tir la sobriété de cette pol­lu­tion ain­si qu’un réel respect de la règle­men­ta­tion ;
  • Que les accès à inter­net sur les objets con­nec­tés en mode séden­taire ne soient plus con­traints sur un seul mode de con­nex­ion : éradi­quer l’exclusivité de la Wifi et pro­mou­voir l’installation en filaire par câble Eth­er­net pour les con­nex­ions fix­es, en par­ti­c­uli­er dans les étab­lisse­ments sco­laires ;
  • Dot­er les véhicules (autos, trains, avions) d’une antenne-relais sur le toit ou sur le ven­tre (avion) et per­me­t­tre une con­nex­ion filaire des objets con­nec­tés dans l’habitacle vers cette antenne ori­en­tée vers l’extérieur ;
  • Qu’une infor­ma­tion de masse sur les bonnes pra­tiques d’utilisation de tout appareil émet­teur d’ondes élec­tro­mag­né­tiques soit mis en œuvre dans la durée, en par­ti­c­uli­er dans les étab­lisse­ments sco­laires. En clair, cess­er de faire croire en des paramètres fausse­ment pro­tecteurs, lesquels neu­tralisent la vig­i­lance des util­isa­teurs ;
  • Que le corps médi­cal soit for­mé dès l’université, mais aus­si en for­ma­tion con­tin­ue dans le cadre de la mise à jour des con­nais­sances, au diag­nos­tic de l’EHS ;
  • Une fois le corps médi­cal mas­sive­ment for­mé aux spé­ci­ficités de l’EHS, ali­menter le réseau sen­tinelle, via un mail­lage suff­isam­ment fin, avec les don­nées spé­ci­fiques à l’EHS col­lec­tées, afin d‘éval­uer l’évolution du risque san­i­taire provo­qué par cette pol­lu­tion, et ain­si s’assurer de la per­ti­nence des critères de la règle­men­ta­tion, pour garan­tir une san­té publique opti­male.

On le com­prend bien : pour obtenir un effet vertueux sur la San­té Publique dans un envi­ron­nement mul­ti-pol­lué, seul un ensem­ble de dis­po­si­tions pris­es de manière coor­don­née peut pré­ten­dre aboutir.

Com­mu­niqué de Robin des Toits du 18 octo­bre 2023

Avis de l’ANS­ES du 25 juil­let 2023

Com­mu­niqué du 15 sep­tem­bre 2023, “Europe et 5G : bien­tôt les pleins pou­voirs aux opéra­teurs télé­phoniques ?”, con­tes­ta­tion du Giga­bit Infra­struc­ture Act