A Lyon le 26/4, en mémoire de Tchernobyl et contre la relance du nucléaire

La région Auvergne-Rhône-Alpes et l’ensem­ble de la val­lée du Rhône sont par­ti­c­ulière­ment exposées aux risques nucléaires : des mon­tagnes à la mer, de Genève à Malvési, Bugey, St Alban, Romans sur Isère, Cruas, Tri­c­as­tin, Mar­coule, Cadarache…

Par­ti­c­ulière­ment, la métro­pole lyon­naise n’est située qu’à une trentaine de kilo­mètre de la doyenne des cen­trales français­es et d’un nou­veau pro­jet d’implantation de réac­teurs EPR2.

De plus faire ce rassem­ble­ment à prox­im­ité du Rhône nous per­me­t­tra aus­si de rap­pel­er les nom­breux impacts de l’industrie nucléaire sur nos ressources en eau.

Ce 26 avril 2024, près de 4 décen­nies après la cat­a­stro­phe nucléaire de Tch­er­nobyl, des actions anti­nu­cléaires régionales aler­tent sur les risques que con­tin­u­ent de représen­ter les cen­trales nucléaires en fonc­tion­nement mais aus­si sur le dan­ger d’en­vis­ager d’en con­stru­ire de nou­velles.

Cela fait 38 ans que la cat­a­stro­phe nucléaire de Tch­er­nobyl a eu lieu et elle est tou­jours en cours. Le cœur explosé du réac­teur forme un mag­ma radioac­t­if qui, même recou­vert d’une arche étanche, reste très dan­gereux.

En Ukraine et en Biélorussie sur des mil­liers de km², l’eau et la terre sont con­t­a­m­inées pour des dizaines de mil­liers d’an­nées. Les pop­u­la­tions con­tin­u­ent et con­tin­ueront à con­som­mer des ali­ments (légumes, fruits, vian­des, lait…) con­t­a­m­inés impac­tant leur san­té, et aujour­d’hui 80% des enfants souf­frent de mal­adies. C’est une car­ac­téris­tique des acci­dents nucléaires : ils durent un temps indéter­miné. À Fukushi­ma aus­si, la radioac­tiv­ité con­tin­ue de se dégager…

Lorsque les chars russ­es ont tra­ver­sé cette région de l’Ukraine en févri­er 2022, la radioac­tiv­ité a été mul­ti­pliée par 20 du fait de la terre soulevée. Le nom­bre de morts dus à la cat­a­stro­phe n’est tou­jours pas con­nu : on con­tin­ue de mourir à cause de Tch­er­nobyl. D’après les don­nées du Min­istère de la san­té publique ukrainien, 179 046 liq­ui­da­teurs sont décédés entre 1997 et 2006.

A l’époque, les autorités de pro­tec­tion nucléaire français­es avaient osé pré­ten­dre que le nuage radioac­t­if s’é­tait arrêté à nos fron­tières. Depuis, on a réfor­mé l’or­gan­i­sa­tion de la pro­tec­tion nucléaire en France. Mais le dernier pro­jet de loi sur la fusion entre l’Au­torité de Sûreté Nucléaire et l’In­sti­tut de Radio­pro­tec­tion et de Sûreté Nucléaire per­met de revenir à la sit­u­a­tion au moment de Tch­er­nobyl : un bond en arrière de près de 40 ans du point de vue de l’in­for­ma­tion.

Cette année, ce jour de com­mé­mora­tion de la cat­a­stro­phe de Tch­er­nobyl revêt une sig­ni­fi­ca­tion par­ti­c­ulière­ment amère. Le Prési­dent a en effet annon­cé une relance rapi­de du pro­gramme nucléaire, civ­il et mil­i­taire. Et pour aller plus vite, il a décidé de s’af­franchir d’un cer­tain nom­bre de pré­cau­tions légales. Nous avons pour­tant déjà frôlé plusieurs fois la cat­a­stro­phe en France (fusion par­tielle du cœur à Saint Lau­rent des Eaux en 1969 et 1980 par exem­ple).

Le gou­verne­ment ose annon­cer la con­struc­tion de 6 EPR2 d’une puis­sance uni­taire de 1 650 MW, jamais encore réal­isée en France. Et cela, alors qu’EDF n’a tou­jours pas réus­si à ter­min­er le chantier de l’EPR1 de Fla­manville, un chantier qui dure main­tenant depuis 17 ans mais les aciers du cou­ver­cle et du fond de cuve ne sont pas con­formes. Et il y a des soupçons de fal­si­fi­ca­tions sur d’autres pièces, la fac­ture a été mul­ti­pliée par six d’après la Cour des Comptes.

Le Prési­dent Macron pré­tend aus­si lancer une fil­ière de SMR (Small Mod­u­lar Reac­tor), pour laque­lle même les États-Unis ont jeté l’éponge. Pour le moment, les SMR n’ex­is­tent en France qu’à l’é­tat de vague pro­jet.

Enfin, il compte encore pro­longer la durée de vie des cen­trales exis­tantes : non seule­ment cela va coûter cher en révi­sions (une cen­taine de mil­liards d’eu­ros d’après la Cour des Comptes), mais c’est par­ti­c­ulière­ment dan­gereux, tant en terme de fonc­tion­nement quo­ti­di­en (cor­ro­sions et fuites) que de risques d’ac­ci­dents.

Dans le même temps, à Bure se resserre l’é­tau de CIGEO, ce pro­jet hal­lu­ci­nant d’en­ter­rer des déchets dan­gereux de façon irréversible pour des cen­taines de mil­liers d’an­nées à 500 mètres de pro­fondeur.

La relance est aus­si mil­i­taire. L’ar­mée envis­age d’utilis­er la cen­trale de Civaux pour fab­ri­quer du tri­tium à usage mil­i­taire en irra­di­ant du lithi­um (en plus du tri­tium déjà rejeté dans l’eau de manière légale). Pour quel risque sup­plé­men­taire de cat­a­stro­phe ?

Courant 2023, une Coor­di­na­tion anti­nu­cléaire s’est con­sti­tuée et a rédigé ses Raisons d’Être.
Le 12 mars 2024, lende­main du jour anniver­saire du début de la cat­a­stro­phe de Fukushi­ma, une chaîne humaine européenne a eu lieu à Stras­bourg.
Puis, le 23 mars, il y a eu une impor­tante man­i­fes­ta­tion à Caen pour dire non au démar­rage de l’EPR1 de Fla­manville.

C’est à de mul­ti­ples voix que nous appelons aux man­i­fes­ta­tions régionales du 25 au 28 avril et à un événe­ment nation­al le 12 octo­bre prochain.

Con­tact : coord-antinuk@riseup.net

Coor­di­na­tion nationale anti­nu­cléaire