Nous relayons un article de Basta! sur les actions en faveur des free-parties (“manifestives”), au moment où toute la droite (et quelques élu.es “de gauche”) appellent à la répression des jeunes et votent des textes liberticides.
Médiapart – dans “Jeunesse réprimée, pouvoir périmé” – les relie aux réactions contre les manifestations des supporteurs du PSG après la finale de la Ligue des champions, contre les baignades en pleine canicule…
MANIFESTIVES 2026 (dans la région Auvergne-Rhône-Alpes)
6 juin :
Clermont Ferrand – 14H – Place de Jaude
Grenoble – 14H – Place de Verdun
Lyon – 14H – Place Jean Macé
13 juin :
Saint Étienne – 14H – Place Carnot
Du 30 mai au 13 juin, le mouvement des free parties organise des “manifestives” aux quatre coins du pays pour s’opposer à deux textes législatifs en cours de discussion, et jugés extrêmement répressifs.

“On ne veut pas déranger ni créer de trouble à l’ordre public, on veut juste exister”, explique Kamille* du collectif Tekno Antirep. Ce collectif, créé en 2022 après la répression des free parties en Italie, appelle à des manifestations sur l’ensemble du territoire français à partir du 30 mai pour s’opposer à deux projets législatifs qui répriment durement l’organisation et la participation à ce type d’événement.
30 000 euros d’amendes en cas de participation à une free party
Car, le moins que l’on puisse dire, c’est que l’Assemblée nationale et le gouvernement pratiquent la surenchère répressive contre les free parties, avec pas moins de deux textes de loi en discussion sur le sujet, malgré un agenda déjà surchargé. Il y a d’abord la proposition de loi portée par le groupe Horizons – le parti d’Édouard Philippe – à l’Assemblée nationale, et déposée en mars 2025. Cette proposition de loi numéro 1133 vise “à renforcer la pénalisation de l’organisation de rave-parties”. Le texte initial prévoit six mois d’emprisonnement et 5000 euros d’amende pour toute participation à l’organisation de ces rassemblements festifs non déclarés ou interdits, ainsi que la confiscation du matériel saisi. Les participants pourront, eux, écoper d’une amende de 1500 euros.
Un an plus tard, le gouvernement engage une procédure accélérée sur ce texte, adopté par les députés le 9 avril 2026, avec le soutien du gouvernement, de la droite et de l’extrême droite. La dernière version du texte est encore davantage durcie : le montant de l’amende pour participation à l’organisation de free parties passe de 5000 euros à 30 000 euros. Tout “rassemblement festif à caractère musical” devra désormais être “déclaré” dès 250 participants attendus – au lieu de 500 précédemment.
En revanche, un amendement présenté par La France insoumise exclut de la liste des organisateurs potentiels les associations – et leurs bénévoles – qui interviennent pour réduire les risques liés à la consommation de stupéfiants. Le texte doit désormais faire l’objet d’un examen au Sénat, avant une éventuelle commission mixte paritaire si les versions adoptées par les deux chambres ne sont pas identiques.
Parallèlement à ce texte, le ministre de l’Intérieur Laurent Nunez défend un projet de loi initié par son prédécesseur à la place Beauvau, Bruno Retailleau. Son nom : Ripost, pour “Réponse Immédiate aux Phénomènes troublant l’Ordre public, la Sécurité et la Tranquillité de nos concitoyens »…
Jusqu’à deux ans de prison pour les organisateurs
Ce texte fourre-tout est censé s’attaquer à l’usage du protoxyde d’azote, aux consommateurs de stupéfiants, aux rodéos urbains, à l’utilisation de mortiers d’artifice ou aux squats. Mais également aux free parties. Ce mardi 26 mai, le Sénat a adopté ce projet de loi qui accentue encore la répression contre ce mouvement musical et culturel.
Les peines de prison pour les organisateurs pourront être portées à deux ans, assorties d’une amende de 30 000 euros, auxquelles pourront s’ajouter la confiscation du matériel, du véhicule et la suspension du permis de conduire. Par ailleurs, les juges pourront décider de mesures pour “remettre en état les lieux auxquels il a été porté atteinte”, voire pour “réparer les dommages causés à l’environnement”. Quant aux participants, ils pourront écoper d’une peine de six mois de prison et de 7500 euros d’amende, peines pouvant être remplacées par une amende forfaitaire – délivrée par les forces de police sans décision de justice – de 1500 euros.
Refuser la répression de la fête
“Des lois aussi répressives sont disproportionnées par rapport à des gens qui font la fête. Elles représentent une atteinte aux libertés fondamentales”, dénonce Kamille de Tekno Antirep. Son collectif exige “le retrait de la PPL 1133 et du projet de loi Ripost”, mais aussi “l’arrêt immédiat et définitif des interventions violentes” contre les free parties. Enfin, il réclame “la reprise du dialogue entre les organisateurs et les autorités, à l’échelle locale et nationale”.
À travers les manifestations organisées à partir du 30 mai, le mouvement espère peser sur le débat parlementaire, mais aussi rendre visible la répression déjà à l’œuvre contre les free parties. Car, dans les faits, les organisateurs estiment que les autorités multiplient déjà les entraves. “L’amendement Mariani de 2001 imposait une déclaration en préfecture pour les événements de plus de 500 personnes et prévoyait une amende de 1 500 euros pour les organisateurs”, rappelle Kamille. Mais, selon elle, l’État cherche à empêcher ces rassemblements festifs à caractère musical, quelle que soit leur taille.
Elle précise ainsi que “70 % des saisies de matériel ont lieu sur des free parties de moins de 500 personnes”, tandis que “les participants se voient systématiquement infliger des amendes de 135 euros pour des motifs extrêmement variés, allant du stationnement dangereux à la simple participation à un rassemblement illégal”.
