En cas d’arrêt maladie, l’employeur pourra déclencher une enquête par un « bouton d’alerte »

Photo du film « On Falling« , de Laura Carreira, et du dialogue contraint de l’actrice avec son scanner de codes-barres

C’est la dernière trouvaille techno-solutionniste pronée par la droite extrême qui nous gouverne, telle que nous le présente l’AFP et Le Monde ou l’AFP dans le site Médiapart.

Cette mesure de suspicion généralisée est intégrée dans un plan visant à renforcer les contrôles des arrêts maladie (objectif : les augmenter de 6% pour les porter à 740 000). Gageons que ce sera beaucoup plus car le bouton sera tellement pratique !

C’est bien sûr à rapprocher de la loi sur les « fraudeurs sociaux », qui vient d’être encore aggravée…

De gauche à droite, la ministre française de la Santé, Stéphanie Rist, le ministre français du Travail, Jean-Pierre Farandou et secrétaire d’État à la Fonction publique, David Amiel, lors de la présentation du plan de réduction de l’absentéisme au travail, à Paris, le 9 avril 2026.
De gauche à droite, la ministre française de la Santé, Stéphanie Rist, le ministre français du Travail, Jean-Pierre Farandou et secrétaire d’État à la Fonction publique, David Amiel, lors de la présentation du plan de réduction de l’absentéisme au travail, à Paris, le 9 avril 2026. LUDOVIC MARIN/AFP

« Dès demain sur le site du ministère du travail, il y aura un kit clé en main qui permettra à un chef d’entreprise de faire un autodiagnostic de la qualité de son plan de prévention en matière de santé au travail », a expliqué le ministre du travail, Jean-Pierre Farandou, en présentant le plan avec ses collègues de la santé, Stéphanie Rist, et des comptes publics, David Amiel. Il fallait au moins les trois pour annoncer une mesure pareille !

Il y aura sur le site, un « bouton d’alerte » afin de prévenir « en un clic » l’Assurance-maladie d’un éventuel arrêt maladie suspect. A ce moment-là, le site Internet « lui demandera quelques éléments de description du cas ».

L’Assurance-maladie se focalisera notamment sur les arrêts de plus de dix-huit mois, les arrêts d’accident du travail et de maladies professionnelles de plus de trois ans, ainsi que les arrêts prescrits en téléconsultation. Elle visera également le « nomadisme médical », a expliqué Stéphanie Rist, c’est-à-dire les personnes qui font se succéder les arrêts maladie en consultant des médecins différents.

L’administration va également cibler les entreprises à fort absentéisme. « Dans l’hypothèse où une entreprise refuserait les offres d’accompagnement proposées, et présenterait sur plusieurs années consécutives un taux d’absentéisme anormalement élevé » sans qu’aucune mesure corrective ne soit prise, « un signalement sera transmis au ministère du travail », selon ce plan.

Le gouvernement va généraliser dans toute la France SOS IJ, une plateforme expérimentale qui aide -piste ? – les médecins à prescrire dans des cas complexes.

Position du Syndicat de la Médecine Générale sur leur rôle concernant les arrêts de travail et les contrôles des CPAM sur les médecins

Bien sûr, le patronat salue ces mesures « qui vont dans le bon sens » (Medef), ou par « Un cap a été fixé, il faut maintenant le tenir », d’après la CPME (petites et moyennes entreprises).

Selon les chiffres présentés jeudi, les dépenses d’indemnités journalières versées par l’Assurance-maladie (hors fonction publique) s’élèvent à 17,9 milliards d’euros, en hausse de 7 milliards en dix ans. Ces dépenses se sont nettement accélérées depuis la crise sanitaire, avec une hausse en moyenne de 6,5 % entre 2019 et 2023.

Sans que le pouvoir ne s’interroge sur l’intensification du travail notamment provoquée par tous les systèmes de contrôle mis en place (logiciels de surveillance, télécommandes ou applis « intelligentes », caméras et capteurs divers…), la perte de sens de beaucoup d’emplois facteurs de burn-out, les accidents dont la gravité augmente.

Ce plan n’intègre par exemple aucune mesure pour lutter contre le fléau des morts au travail, actuellement au plus haut (en 2024, 764 personnes sont mortes à la suite d’accidents du travail. C’est cinq de plus qu’en 2023 et 26 de plus qu’en 2022). Ce qui devrait en faire une priorité nationale

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