Depuis le début du mouvement des lycéen.nes-étudiant.es, la seule réponse du gouvernement macroniste est répressive, symbolisée par la mise en avant du ministre de l’intérieur, Laurent Nuñez, qui avait déclaré (devant ses préfets) “L’usage proportionné de la force ne doit jamais inhiber l’action pour rétablir l’ordre.”
Ci-dessous, Amnesty International édite un guide pour les moins de 18 ans, et Onestla-l’Offensive publie son Guide d’autodéfense numérique pour les mouvements sociaux. Le site Contre-Attaque dispense quelques conseils.
Les techniques utilisées par la police française se rapprochent des standards de l’ICE américaine (U.S. Immigration and Customs Enforcement’s), promue par Trump (voir documentaire sur Arte)…
Cette répression se manifeste de multiples façons :
- L’adoption systématique par les préfectures d’arrêtés d’interdiction de manifestations – la plupart du temps constatés comme illégaux par les tribunaux administratifs (Mediapart, 5/10).
- La multiplication des interpellations (Basta, 8/10), de jugements en comparution immédiate (par exemple à Firminy, Le Progrès, 6/10), et de gardes à vue (7950 au 14/10 !), souvent sans suite mais très traumatisantes (Mediapart, 2/10).
- Les violences avec blessures suite à l’usage d’armes appelées désormais par le ministre “armes intermédiaires” (par LBD, grenades de désencerclement ou assourdissantes…) à Sevran, Saint-Ouen l’Aumone (Le Monde, 30/9), Belfort (Mediapart, 4/10), Lens (Mediapart, 6/10), Tours (Le Monde, 13/10)… (dont point général, Le Média, 13/10).
- Les agressions sexuelles des policiers sur les manifestant.es (Contre-attaque, 12/10), les injures racistes, les techniques d’arrestation interdites (maintien de force au sol, clé d’étranglement…), par des policiers cagoulés, sans RIO (Référentiel d’Identité de l’Organisation, numéro d’identification de l’agent obligatoire).
- L’usage de drones pour la surveillance (Mediapart, 10/10), facilité par la loi Ripost qui a assoupli à l’extrême les déclarations obligatoires.
- Le manège – dangereux – de voitures de police dans les manifestations lycéennes (Mediapart, 8/10).
- La confiscation des pancartes par la police (Mediapart, 8/10).
Débat sur Médiapart, le 6 octobre
Reportage de Blast, le 13 octobre
Blast rapporte que la France est classée depuis juin 2026 “à risque considérable” (la seule en Europe) par l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT, ou WOAT World Organisation Against Torture).
Cette organisation internationale a diffusée le 7 octobre une alerte spécifique sur la répression des manifs lycéennes :
- L’OMCT est inquiétée par les allégations d’utilisation excessive de la force et d’arrestations massives par la police depuis le début des actions menées par des élèves du lycée.
- Certaines armes moins létales peuvent causer des blessures graves, parfois permanentes. Toute utilisation de la force doit être légale, nécessaire et proportionnée.
- Tortures et d’autres mauvais traitements sont absolument interdits, même lorsqu’une manifestation n’est plus pacifique. Les enfants ont droit à une protection renforcée.
“La France doit protéger le droit des enfants et des jeunes à participer à des manifestations en toute sécurité et sans torture ou autres mauvais traitements dans les opérations de police, y compris lors des rassemblements publics.”
Vidéo du site Contre-Attaque sur 7 attaques de “voitures-béliers” de la police contre des lycéens :
- Dunkerque : un 4X4 d’allure militaire mais floqué “Police Nationale” a foncé à pleine vitesse sur des adolescents. On entend un commandant hurler “on va leur mettre dans la gueule” avant l’assaut. Derrière cette voiture bélier, des policiers chargent.
- Port de Bouc : une voiture folle de la Police municipale zigzague en tentant de faucher des jeunes qui tiennent des poubelles.
- Belfort, où un officier de police a tenté de noyer un mineur : une voiture de la BAC fonce à pleine vitesse sur des lycéens en fuite, jusqu’à percuter le bas-côté. Des policiers en civil courent derrière les jeunes qui ont frôlé le choc avec la voiture.
- Montélimar, une voiture sérigraphiée de la Police nationale fonce sur une foule de jeunes sur un rond-point. S’ils ne s’étaient pas écartés, c’était un carnage.
- Troyes, la même voiture de la BAC a commis une série d’attaques contre des lycéens, généralement en tirant des gaz lacrymogènes depuis les fenêtres.
- Bourgoin-Jallieu : une voiture banalisée entre dans un parc où se trouvaient des lycéens et fait un véritable safari, tentant de percuter des jeunes, sous l’œil d’autres policiers.
- Au Blanc-Mesnil : c’est avec une moto que des policiers ont volontairement percuté un jeune et l’ont arrêté après l’impact.
Le guide Amnesty pour se protéger
Guide d’autodéfense numérique des mouvements sociaux



