S’armer face à la vidéosurveillance augmentée

Les bricoleurs, artistes … et les marchands veu­lent nous pro­téger. Les tech­nolo­gies de sur­veil­lance envahissent nos vies et nos espaces à toute vitesse, sans aucun débat sérieux. Mais la sit­u­a­tion n’est pas sans issue : des rus­es exis­tent pour échap­per au flicage.

Des artistes inven­tent des motifs à réalis­er sur son vis­age avec du maquil­lage pour tromper la recon­nais­sance faciale et le mou­ve­ment d’opposition à Hong Kong a élaboré de nom­breuses idées ingénieuses pour éviter l’identification

En 2019, des chercheurs de l’université KU Lev­en, en Bel­gique, ont par créé une pan­car­te pour tromper la recon­nais­sance faciale, per­me­t­tant à son por­teur de devenir invis­i­ble aux yeux de ces sys­tèmes. Plus récem­ment, lors de la Coupe du monde au Qatar, l’agence Virtue World­wide a conçu une pein­ture faciale capa­ble de bern­er les caméras de recon­nais­sance faciale du pays.

Les failles sont nom­breuses, à nous de nous y engouf­fr­er !

Sur Tracks…

En 2016 déjà, l’émis­sion Tracks sur Arte (dont la ver­sion française vient d’être arrétée, la ver­sion alle­mande con­tin­ue…) nous présen­tait divers­es tech­niques, artis­tiques, dans Devenir Cyber­In­vis­i­ble.

Sweat “Cam­era Shy Hood­ie”

Plus récem­ment, Mac Pierce, “artiste tech­nol­o­giste créatif” comme il se définit lui-même, a mis au point un sweat qui per­met d’aveu­gler les caméras de sur­veil­lance la nuit.

Le principe est sim­ple : le sweat con­tient des lam­pes LED infrarouges à forte puis­sance qui utilisent la même longueur d’onde que celle des pro­jecteurs de caméra de vidéo­sur­veil­lance pour la vision noc­turne.

En effet, ces caméras “sont réglées pour voir la lumière infrarouge la nuit. De cette façon, elles peu­vent voir dans l’obscurité”. Si les LED ren­voient suff­isam­ment de lumière, la caméra com­pense la lumi­nosité, et “on perd la déf­i­ni­tion de la vue de la scène. Ça rend tout ce qui est dans la lumière mécon­naiss­able”. Un halo blanc entoure la zone con­cernée.

Il faut posi­tion­ner les diodes en haut du dos pour “mas­quer” son vis­age et ne pas être iden­ti­fi­able. Même pas besoin de foulard ou de cagoule. Mac Pierce pro­pose un inter­rup­teur cousu dans la manche, pour faire clig­not­er les LED lorsqu’on approche d’une caméra et sat­ur­er de lumière infrarouge les caméras de sur­veil­lance. Son dis­posi­tif est DIY, Do it your­self, et peut donc être fab­riqué par n’importe qui. Tous les logi­ciels et plans asso­ciés à sa fab­ri­ca­tion sont en ligne, libres de droit (Cre­ative Com­mons).

Le sweat est bap­tisé Cam­era Shy Hood­ie”, “le sweat qui n’aime pas être pho­tographié”, et néces­site un investisse­ment de 200 dol­lars env­i­ron, fiche disponible (en anglais).

Ce même Mac Pierce pro­pose aus­si une cas­quette pour être anonyme dans la rue. Le dis­posi­tif est plus rudi­men­taire : trois ban­des de tis­su sont con­tenues dans la cas­quette et fixées en haut de la visière. Il suf­fit de les déploy­er pour recou­vrir son vis­age avec un autre motif ou la pho­to d’une autre per­son­ne en cas de besoin. Et rétracter le cam­ou­flage si néces­saire.

Et d’autres dis­posi­tifs…

Les marchands aussi proposent des vêtements pour tromper la reconnaissance faciale

La FNAC propse ain­si une gamme de vête­ments ital­iens (Cap_able) com­prenant des motifs conçus par des algo­rithmes pour bern­er les sys­tèmes de recon­nais­sance faciale. 

D’après eux, la recon­nais­sance faciale est con­nue pour com­met­tre des erreurs d’identification. La col­lec­tion de vête­ments, appelée Man­i­festo (tout est bon dans la récupéra­tion !), est com­posée de pulls, de hauts, de sweats à capuche, de t‑shirts et de robes.

Pour tromper les sys­tèmes de recon­nais­sance faciale, soit les caméras recon­nais­sent les chiens, les zèbres, les girafes ou l’un des autres ani­maux inté­grés dans le motif, soit elles ne parvi­en­nent pas à iden­ti­fi­er le por­teur du vête­ment. Les prix sont pro­hibitifs (ils com­men­cent à env­i­ron 300 €). Mais on peut s’in­spir­er de leurs motifs pour éla­bor­er ses pro­pres vête­ments !