Victoire du collectif Assez DC Rovaltain contre l’implantation d’un datacenter à Alixan (Drôme)

Ce col­lec­tif vient d’obtenir, devant le Tri­bunal Admin­is­tratif de Greno­ble, la sus­pen­sion du per­mis de con­stru­ire d’un data cen­ter dédié à l’IA d’une puis­sance ini­tiale de 40 MW (pou­vant être portée à 80 MW), et capa­ble d’accueillir 40 000 GPU, pour un coût de 450 mil­lions d’€ (jusqu’à 1,5 mil­liard d’€).

Les opposants avan­cent une con­som­ma­tion annuelle de 560 GWh, ce qui néces­site des travaux d’am­pleur, dépas­sant le seul per­mis de con­stru­ire, pour le rac­corde­ment élec­trique et pour la dis­tri­b­u­tion de chaleur vers l’environnement proche. Cela exige aus­si la mesure de l’im­pact sur le ter­ri­toire pour absorber durable­ment la charge élec­trique et ther­mique.

C’est donc une vic­toire très impor­tante car oblig­eant les investis­seurs à la prise en compte d’un impact beau­coup plus large sur les pop­u­la­tions et l’en­vi­ron­nement … jusqu’à l’empêchement de l’in­stal­la­tion ? La bataille va dur­er, mais elle promet !

COMMUNIQUÉ DU COLLECTIF

Romans, le 10 juil­let 2026

Le col­lec­tif Assez DC obtient une pre­mière vic­toire inédite. Suite à l’audience du jeu­di 2 juil­let, la jus­tice admin­is­tra­tive a ren­du son ordon­nance ce ven­dre­di 10 juil­let sur un référé sus­pen­sion déposé le 1er juin par le col­lec­tif drô­mois Assez Dat­a­Cen­ters con­tre le pro­jet de super­cal­cu­la­teur de Roval­tain (Valence TGV). Le juge sus­pend le per­mis de con­stru­ire jusqu’à ce que le recours soit jugé sur le fond. Une vic­toire d’étape pour la pre­mière audi­ence en France liée à la con­tes­ta­tion publique d’un dat­a­cen­ter dédié à l’intelligence arti­fi­cielle !

Alors que la France subit son 3ème épisode canic­u­laire en quelques semaines, que les incendies rav­agent des ter­res asséchées dans la Drôme et dans le sud de la France, et que la ressource en eau vient à man­quer, nom­bre de sci­en­tifiques, asso­ci­a­tions et col­lec­tifs citoyens soulig­nent les dan­gers liés à l’explosion du nom­bre et de la taille des dat­a­cen­ters liés à l’intelligence arti­fi­cielle, notam­ment en ter­mes de con­som­ma­tion d’énergie et de créa­tion de dômes de chaleur.

C’est dans ce con­texte que le juge a don­né rai­son au col­lec­tif Assez DC (Assez Dat­a­Cen­ter Roval­tain) qui regroupe les Soulève­ments de la Terre Romans, les Amis de la Terre Drôme, ATTAC Romans, Stop Linky 5G Drôme-Ardèche, Arrêt du Nucléaire Drôme-Ardèche, l’Atelier Paysan et des riverain·es, représen­té par leur avo­cat Me Louis Cof­flard,

Pour Me Louis Cof­flard, “c’est une grande vic­toire pour les asso­ci­a­tions, avec qui nous avons dénon­cé avec rigueur un dossier man­i­feste­ment illé­gal puisqu’il ten­tait un pas­sage en force au mépris des droits envi­ron­nemen­taux les plus élé­men­taires, notam­ment l’étude d’impact et l’enquête publique ; les inci­dences envi­ron­nemen­tales de ce type de pro­jet sont très lour­des de con­séquence et néces­si­tent par con­séquent un vrai débat démoc­ra­tique.

Le col­lec­tif a notam­ment démon­tré que le pro­jet autorisé par le per­mis de con­stru­ire représente un risque impor­tant pour la san­té et l’environnement (îlot de chaleur, pol­lu­tion de l’air, instal­la­tion élec­tro-inten­sive). De fait, l’installation doit faire l’objet d’une étude d’impact envi­ron­nemen­tale, d’une enquête publique et obtenir une autori­sa­tion envi­ron­nemen­tale pour pou­voir s’implanter. La procé­dure n’a pas été respec­tée et aucune mesure ne per­met de garan­tir la sécu­rité et la bonne maîtrise des risques… Sans compter que le Plan Local d’Urbanisme inter­dit stricte­ment les Instal­la­tions Classées pour la Pro­tec­tion de l’Environnement (ICPE) soumis­es à autori­sa­tion dans cette zone !

La ten­ta­tive de la défense de faire pass­er ce pro­jet indus­triel pour un sim­ple entre­pôt sans risque n’a pas con­va­in­cu le juge qui estime qu’un doute sérieux existe pour sus­pendre les travaux le temps que l’affaire soit jugée au fond.

Pour Gaby, des Soulève­ments de la Terre : “C’est une vic­toire d’étape impor­tante. Elle per­met d’ouvrir le débat sur la vitesse, la manière et la per­ti­nence de l’implantation de ces infra­struc­tures qui comme toute méga-indus­trie, soulèvent un grand nom­bre d’impacts et enjeux.

Comme le souligne Jean-Claude Lemaire, des Amis de la Terre Drôme : “Il y a un choix de société der­rière le développe­ment de l’IA et la mul­ti­pli­ca­tion des pro­jets mis en œuvre à marche for­cée con­fisque tout débat citoyen. Faut-il laiss­er empoi­son­ner le monde en pré­ten­dant que l’IA apportera plus tard l’antidote ? Non. Pro­té­geons tout de suite notre san­té, notre envi­ron­nement et notre avenir !

Il y a aujourd’hui des dizaines de pro­jets de dat­a­cen­ters dédiés à l’IA et la con­tes­ta­tion monte de toutes parts, rap­pelle Thomas, de l’Atelier Paysan. On manque sou­vent d’outils juridiques pour les ralen­tir ou les empêch­er donc cette vic­toire d’étape est un sig­nal encour­ageant pour tous les col­lec­tifs en lutte con­tre l’IA dans notre pays.

Le col­lec­tif espère que cette pre­mière vic­toire en référé sera suiv­ie dans quelques mois lors du juge­ment sur le fond du recours déposé en févri­er dernier.

Con­tacts presse :

soulevementromans@proton.me

drome@amisdelaterre.org

animation@latelierpaysan.org

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