Vendre des armes, siphonner les ressources en eau, multiplier les objets connectés…

Après la bataille con­tre les méga-bassines de Sainte-Soline, la lutte de l’eau s’est élargie, en avril 2023, à Crolles, près de Greno­ble, pour con­tester le pro­jet d’agrandissement de l’usine STMi­cro­elec­tron­ics, multi­na­tionale des semi-con­duc­teurs et “Pre­mi­um spon­sor” du Salon de l’Internet Des Objets (SIDO).

Un moment con­vivial est organ­isé par la CRAAM, Écran Total, Stop 5G Lyon et Stop­Mi­cro 38, mer­cre­di 20 sep­tem­bre à par­tir de 19 h. Pour dis­cuter et s’organiser autour de ces enjeux à la Lut­tine, 91 rue Mon­tesquieu 69007 Lyon

Ce pro­jet indus­triel pharaonique est porté par Macron et la tech­nocratie locale. Il coûtera 2,9 mil­liards d’euros de fonds publics (pour un coût total de 7 mil­liards), alors même qu’on nous racon­te que les caiss­es sont vides pour les retraites, le chô­mage, la sécu­rité sociale, les hôpi­taux et l’école.

Véri­ta­bles détourne­ment des finances publiques à des fins privées, les activ­ités de STMi­cro acca­parent des ressources en eau de plus en plus impor­tantes au détri­ment des besoins de la pop­u­la­tion et des paysans locaux dans un con­texte de pénurie.

Manif devant le Palais des sports de Greno­ble le 28 sep­tem­bre 2023, à l’ap­pel du col­lec­tif STop Micro (à l’oc­ca­sion des 50 ans d’ex­is­tence de STMi­cro­elec­tron­ics) pour dénon­cer l’ac­ca­pare­ment par cette entre­prise des ressources en eau de plus au détri­ment de la pop­u­la­tion et des paysans locaux

Les alertes lancées par le col­lec­tif Stop­Mi­cro de Greno­ble sont édi­fi­antes : plus de 330 litres d’eau potable de très bonne qual­ité par sec­onde, soit une méga-bas­sine tous les 22 jours, seront néces­saires pour net­toy­er les plaques de sili­ci­um ! Les eaux pol­luées seront rejetées dans l’Isère.

Com­ment est-ce pos­si­ble de piller une ressource aus­si vitale pour le vivant (n’est-on pas con­sti­tué à 60 %, d’eau ?) tout en appelant, dans le cadre du salon SIDO, à la tran­si­tion écologique et à la respon­s­abil­ité sociale et envi­ron­nemen­tale des entre­pris­es ?

Com­ment est-ce pos­si­ble de se met­tre sans scrupule au ser­vice de la guerre et de nier la con­nivence entre les indus­tries du numérique et l’industrie de l’armement quand on sait que des puces estampil­lées STMi­cro ont été retrou­vées sur des mis­siles russ­es en Ukraine ?

Le SIDO est dans la réal­ité un salon de l’armement déguisé ! Plus de 50 % de ses exposants tra­vail­lant pour la “Défense”, euphémisme pour ne pas par­ler de mil­i­taire, d’armée et de guerre.

5G, robo­t­i­sa­tion de la san­té, voitures élec­triques, dis­posi­tifs de sur­veil­lance de la pop­u­la­tion, Intel­li­gence Arti­fi­cielle… tel est le pro­gramme du salon SIDO qui fait l’apologie du tout-tech­nologique comme LA solu­tion incon­tourn­able à tous nos prob­lèmes.

Com­ment con­tin­uer à pro­mou­voir l’internet des objets plus que jamais intrusif quand on sait que la numéri­sa­tion rend de plus en plus com­pliqué l’accès aux ser­vices publics et notam­ment aux soins ; pré­carise de plus en plus nos vies, acca­pare notre temps de cerveau disponible ; capte nos don­nées au nom du prof­it, con­trôle et trace nos faits et gestes, porte atteinte à nos lib­ertés et déshu­man­ise la société dans son ensem­ble ?

La 9° édi­tion du salon SIDO, véri­ta­ble vit­rine de STMi­cro et de sa « grande famille » ne « con­verg­era » pas cette année dans l’indifférence générale et dans la dis­cré­tion feu­trée d’un salon com­mer­cial qui fait son beurre sur la destruc­tion de l’environnement, la guerre et la sur­veil­lance inté­grale de nos vies grâce à un choix de société qui nous est imposé.

Stop aux aides publiques locales à STMi­cro (60 mil­lions ces dernières années) !

Stop à la société du tout numérique qui ali­mente la guerre, le con­trôle social et détru­it la planète !

Sor­tons du tech­no-solu­tion­nisme !

Stop Micro, Écran Total, Stop 5G Lyon, Coor­di­na­tion Régionale Anti Arme­ments et Mil­i­tarisme-Lyon

Mer­cre­di matin des mem­bres du CRAAM, d’Écran Total, de Stop 5G Lyon et de Stop­Mi­cro 38, ont blo­qué l’en­trée du SIDO pour dénon­cer la « con­nivence entre les indus­tries numériques et l’industrie de l’armement » et cri­ti­quer STMi­cro qui « acca­pare les ressources en eau, au détri­ment des pop­u­la­tions ».

Pho­to de Damien Lep­etit­ga­land, le Pro­grès