Dans l’Allier, une mine de lithium pourrait produire des matières radioactives

Celia Izoard, que nous avions reçu lors d’un débat en sep­tem­bre 2023 (vidéo), depuis autrice notam­ment de La Ruée minière au XXIe siè­cle, vient de men­er une enquête sur un pro­jet dont nous avons relayé le com­bat des opposants depuis plusieurs mois : l’ou­ver­ture de mines de lithi­um dans l’Al­li­er.

Elle y apporte une révéla­tion d’im­por­tance : plus d’un mil­li­er de tonnes de pro­duits radioac­t­ifs pour­raient en sor­tir chaque année.

Enquête dif­fusée sur le site de Médi­a­part.

“Des pro­duits radioac­t­ifs à Échas­sières ? Jamais enten­du par­ler !” Mau­rice Deschamps est maire de Lal­i­zolle (Alli­er), com­mune où pour­rait voir le jour l’une des plus grandes mines de lithi­um d’Europe. La pré­fec­ture vient de don­ner le feu vert au groupe Imerys pour y con­stru­ire un site pilote d’extraction et de trans­for­ma­tion du min­erai.

Con­tac­té par Medi­a­part au télé­phone, le maire, ancien respon­s­able à la direc­tion départe­men­tale de l’agriculture, assure avoir suivi la plu­part des ren­con­tres organ­isées par l’entreprise avec les élu·es depuis l’annonce du pro­jet, en octo­bre 2022. “Jusqu’à une par mois, c’est beau­coup !” Il a aus­si assisté à plusieurs des vingt-qua­tre réu­nions publiques organ­isées par la Com­mis­sion nationale du débat pub­lic (CNDP) entre mars et juil­let 2024.

Pour­tant, comme tous les édiles des com­munes voisines qu’a pu join­dre Medi­a­part, Mau­rice Deschamps igno­rait que le pro­jet “Emili” (exploita­tion de mica lithinifère par Imerys) impli­querait de pro­duire chaque année plus de 1 mil­li­er de tonnes de matières radioac­tives. Car dans cette même roche, Imerys compte extraire du lithi­um, mais aus­si d’autres minéraux comme du tan­ta­le et de l’étain, par­ti­c­ulière­ment con­cen­trés en ura­ni­um.

C’est sur la Bosse, une colline boisée qui domine le bocage bour­bon­nais, que le pro­jet de mine s’apprête à démar­rer. Pour attein­dre le gise­ment de lithi­um, une galerie sera creusée sous une car­rière de kaolin, matière pre­mière de la porce­laine, en exploita­tion depuis plus d’un siè­cle. Elle a été rachetée en 2005 par Imerys, pro­priété du groupe Brux­elles-Lam­bert (con­trôlé par les familles de mil­liar­daires Frère et Des­marais).

À côté de la fos­se d’extraction de kaolin se trou­ve une usine où le min­erai est puri­fié et traité. Mais depuis les années 1980 au moins, on y traite aus­si d’autres matéri­aux extraits dans cette fos­se : de l’étain, du tan­ta­le et du nio­bi­um. Quand il sort de cette laver­ie, ce con­cen­tré de métaux bruts, sem­blable à une pâte noire, est stocké dans des fûts puis expédié à l’étranger. Les métaux, une fois puri­fiés dans une fonderie, pour­ront notam­ment être util­isés pour pro­duire de l’électronique. Or, ce con­cen­tré métallique a une par­tic­u­lar­ité sur laque­lle l’industriel et les autorités se sont mon­trés très dis­crets : il est radioac­t­if.

Depuis les années 1980 au moins, on y traite aus­si d’autres matéri­aux extraits dans cette fos­se : de l’étain, du tan­ta­le et du nio­bi­um. © Pho­to Celia Izoard pour Medi­a­part

Sa com­po­si­tion est don­née dans les petites lignes du dossier de l’enquête publique qui vient de s’achever en vue de la con­struc­tion à Échas­sières des phas­es pilotes du pro­jet Emili, une galerie de recon­nais­sance et une usine : “Le con­cen­tré [d’étain, tan­ta­le et nio­bi­um – ndlr] pos­sède une cer­taine radioac­tiv­ité du fait de la présence d’une faible con­cen­tra­tion en ura­ni­um […] et tho­ri­um”, a pré­cisé l’industriel dans ce dossier d’enquête de 3 500 pages.

Pour les salariés du site et la pop­u­la­tion, il y a un risque d’exposition aux ray­on­nements et des sources de pol­lu­tion impor­tantes. Julien Syren, géo­logue et codi­recteur de la Cri­irad

“On peut estimer la radioac­tiv­ité totale d’un tel con­cen­tré à env­i­ron 300 000 bec­querels par kilo­gramme, explique Julien Syren, géo­logue et codi­recteur de la Cri­irad, asso­ci­a­tion d’expertise citoyenne (voir le détail du cal­cul en annexe)Ça n’a rien d’anecdotique !” D’après le Code de la san­té publique, la trans­for­ma­tion, le stock­age et le trans­port de ce min­erai radioac­t­if sont con­sid­érés comme une “activ­ité nucléaire”. Le seuil fixé par l’administration est dépassé quand les pro­duits émet­tent plus de 1 000 bec­querels par kilo­gramme (Bq/kg) et que leur stock­age excède 1 tonne. Imerys en pro­duit env­i­ron 100 tonnes par an.

Si la mine d’Échassières voy­ait le jour, cette pro­duc­tion radioac­tive chang­erait d’échelle. Imerys compte exploiter le lithi­um, mais aus­si l’étain, le tan­ta­le et le nio­bi­um présents dans la même roche jusqu’à plus de 500 mètres de pro­fondeur. “La pro­duc­tion de lithi­um (quelle que soit sa forme) aug­menterait automa­tique­ment la pro­duc­tion de con­cen­tré d’étain-tantale et nio­bi­um déjà com­mer­cial­isé par Imerys”, pré­cise l’entreprise en 2020 dans sa demande de pro­lon­ga­tion de per­mis d’exploration. Dans la mine de lithi­um, Imerys prévoit d’extraire quinze fois plus de roches que dans la car­rière – et pro­duirait donc au moins 1 500 tonnes de métaux radioac­t­ifs par an.

“Pour les salariés du site et la pop­u­la­tion, pour­suit Julien Syren, il y a un risque d’exposition aux ray­on­nements et des sources de pol­lu­tion impor­tantes. Les pous­sières con­tenant de l’uranium et ses descen­dants radioac­t­ifs peu­vent être ingérées, les radionu­cléides peu­vent se retrou­ver dans les déchets miniers et dans les eaux.” Les faibles dos­es de radioac­tiv­ité aug­mentent sen­si­ble­ment le risque de can­cer, comme l’a récem­ment mis en évi­dence une étude inter­na­tionale parue dans le British Med­ical Jour­nal. Julien Syren se dit très éton­né que cet enjeu n’ait pas été traité “de façon cen­trale” pen­dant le débat pub­lic sur la mine de lithi­um.

La direc­tion régionale de l’environnement Auvergne-Rhône-Alpes, respon­s­able de la sur­veil­lance envi­ron­nemen­tale de la car­rière, con­firme à Medi­a­part que “l’usine de traite­ment du kaolin relève de la rubrique ICPE 1716–2” qui encadre les usines “met­tant en œuvre des sub­stances radioac­tives d’origine naturelle”. L’Agence de sûreté nucléaire et de radio­pro­tec­tion (ASNR) est chargée de la sur­veil­lance radi­ologique du per­son­nel de l’usine d’Imerys, qu’elle a inspec­tée plusieurs fois depuis 2009.

Les salariés de la laver­ie por­tent des dosimètres, et cer­tains font l’objet d’un suivi médi­cal spé­ci­fique. L’agence de sûreté nucléaire pré­cise que “les trans­ports des sub­stances radioac­tives d’origine naturelle pro­duites par le site d’Échassières sont soumis à la régle­men­ta­tion sur les marchan­dis­es dan­gereuses” et que “les col­is sont con­trôlés par sondage lors des inspec­tions de l’ASNR”.

Mais autour d’Échassières, per­son­ne n’était au courant. Pas même les asso­ci­a­tions de pro­tec­tion de l’environnement. “Tous ces élé­ments auraient dû être don­nés au pub­lic il y a bien longtemps, s’insurge Corinne Cas­tanier, respon­s­able en radio­pro­tec­tion à la Cri­iradC’est étrange de ne pas prévenir les mairies qu’il pour­rait y avoir une activ­ité nucléaire sur leur com­mune. C’est encore plus étrange de ne pas les prévenir qu’il y en a déjà une !”, ajoute-t-elle à pro­pos de la car­rière de kaolin.

Même s’ils avaient épluché les doc­u­ments admin­is­trat­ifs con­cer­nant cette car­rière, les élu·es concerné·es n’auraient pas trou­vé trace de cette pro­duc­tion radioac­tive : Imerys avait omis de la déclar­er en pré­fec­ture, con­traire­ment à ce que prévoit la loi depuis 2014. Les ser­vices de l’État ont con­fir­mé à Medi­a­part que le groupe minier était en “non-con­for­mité” jusqu’en novem­bre 2022, quand la déc­la­ra­tion d’activité nucléaire a finale­ment été faite, à la suite d’une inspec­tion de l’usine. Mais une fois enreg­istrée, cette déc­la­ra­tion n’a pas été mise en ligne par la pré­fec­ture de l’Allier.

C’est pen­dant cette péri­ode de non-con­for­mité, en 2021, qu’Imerys a obtenu l’autorisation de pro­longer de trente ans l’activité de sa car­rière – elle devait ini­tiale­ment s’arrêter en 2020 – et d’en dou­bler la sur­face. Sans que ni la rubrique admin­is­tra­tive ICPE 1716–2 ni la pro­duc­tion de sub­stances radioac­tives aient été men­tion­nées dans l’enquête publique. L’étude d’impact ne la men­tionne pas non plus.

“Le site dis­pose, de très longue date, de toutes les autori­sa­tions néces­saires pour stock­er et trans­porter ces matières, nous répond Imerys. Lors du débat pub­lic de 2024, organ­isé par la com­mis­sion nationale du débat pub­lic (CNDP)nous avons rap­pelé que le gran­ite était bien por­teur de ces élé­ments radioac­t­ifs”, ajoute l’industriel (lire l’intégralité de sa réponse en annexe).

Imerys s’était engagé dans le cadre de ce débat à “partager toute l’information sur le pro­jet Emili” et à s’aligner sur le “niveau de trans­parence très élevé” du stan­dard minier Irma (Ini­tia­tive for Respon­si­ble Min­ing Assur­ance), un label cen­tré sur le partage d’information avec les pop­u­la­tions.

En avril 2024, dans la salle des fêtes du bourg de Saint-Pourçain, dans l’Allier, s’est tenue la onz­ième soirée d’information sur la mine de lithi­um organ­isée par la CNDP. Ce soir-là, le pub­lic a un peu déserté. Micro en main, Gré­goire Jean, directeur recherche et développe­ment chez Imerys, présente, slide après slide, les enjeux envi­ron­nemen­taux du pro­jet. Appa­raît sur l’écran une fiche inti­t­ulée “La radioac­tiv­ité du gran­ite de Beau­voir”.

La mine d’Échassières va génér­er env­i­ron 2 mil­lions de tonnes de résidus par an, sous forme de boues.

Elle indique que pour éviter l’accumulation de radon, un gaz radioac­t­if, il fau­dra ven­til­er les galeries de la mine, comme dans “les maisons et les caves” des régions gran­i­tiques. La pro­duc­tion de matières radioac­tives n’est pas men­tion­née lors de ce débat, pas plus qu’elle n’apparaît dans le “Dossier du maître d’ouvrage”, le vol­ume de 156 pages dif­fusé par Imerys pour décrire le pro­jet minier. “On a un gran­ite qui n’est pas spé­ciale­ment radioac­t­if, il est par­faite­ment clas­sique”, ras­sure Gré­goire Jean au micro.

Pour­tant, sa teneur en ura­ni­um sem­ble pos­er prob­lème depuis longtemps. Dans sa demande de per­mis d’exploration de 2020, Imerys men­tionne qu’au début des années 1980, “une étude de fais­abil­ité” pour une mine d’étain et de tan­ta­le à Échas­sières s’était révélée “néga­tive” en rai­son notam­ment de “la présence d’uranium dans le con­cen­tré de tan­ta­le”. Elle avait été menée con­join­te­ment par le bureau des recherch­es géologiques et minières et l’entreprise Peñar­roya… qui n’est autre que l’ancienne dénom­i­na­tion d’Imerys.

“Non seule­ment les don­nées sci­en­tifiques acces­si­bles mon­trent que le gran­ite de Beau­voir con­tient plus d’uranium que la moyenne, analyse le géo­logue Julien Syren, mais de toute façon, le prin­ci­pal prob­lème est la con­cen­tra­tion de cette radioac­tiv­ité dans les déchets et les sous-pro­duits.”

La mine d’Échassières, si elle est con­stru­ite, va génér­er env­i­ron 2 mil­lions de tonnes de résidus par an, sous forme de boues rejetées par les deux usines de traite­ment du min­erai, à Échas­sières et à Montluçon. Quel serait le niveau de radioac­tiv­ité de ces immenses vol­umes de déchets ? Quel serait le risque de con­t­a­m­i­na­tion des sources et des eaux souter­raines de la Bosse, réputée pour ses zones humides ?

Imerys déclare à Medi­a­part avoir “mis en avant avec l’exploitation actuelle de kaolin (dans un con­texte qua­si iden­tique à celui du pro­jet) [sa] capac­ité à maîtris­er ces prob­lé­ma­tiques”. Dans l’enquête publique pour la créa­tion de la mine pilote, Imerys cite un seul rap­port datant de 2010 à l’appui de l’absence de con­t­a­m­i­na­tion radioac­tive. Un doc­u­ment que, mal­gré nos deman­des, l’entreprise a refusé de com­mu­ni­quer.

En revanche, Medi­a­part s’est procuré un rap­port rédigé en 2007 par l’Insti­tut de radio­pro­tec­tion et de sûreté nucléaire (IRSN, aujourd’hui fusion­né avec l’ASNR), con­sacré à la car­rière d’Échassières. Ce doc­u­ment exclusif que nous pub­lions en annexe pointe plusieurs “inco­hérences” dans la sur­veil­lance radi­ologique des salariés. Il reproche à l’exploitant de ne pas sur­veiller la radioac­tiv­ité dans les eaux rejetées “dans le ruis­seau com­mu­nal” et de n’avoir “procédé à aucune éval­u­a­tion des dos­es aux­quelles la pop­u­la­tion est sus­cep­ti­ble d’être soumise”. Le directeur de l’IRSN con­clu­ait : “La radio­pro­tec­tion des pop­u­la­tions est traitée som­maire­ment.”

La sit­u­a­tion a‑t-elle changé ? La Cri­irad s’est saisie du dossier et a demandé des infor­ma­tions aux ser­vices de l’État. Pour les avo­cats de l’association Préser­vons la forêt des Colettes, opposée au pro­jet minier, la décou­verte de cette pro­duc­tion radioac­tive, trois ans après le lance­ment du pro­jet Emili, est “sidérante”, aus­si bien “pour ce qu’elle révèle du pro­jet que pour l’effort qui sem­ble avoir été fait pour ne pas ébruiter ces infor­ma­tions déter­mi­nantes pour la pop­u­la­tion”, ont réa­gi Théodore Catry et Ben­jamin Cot­tet-Emard. “Imerys a eu bien des occa­sions de s’exprimer avec trans­parence, mais sem­ble claire­ment avoir fait le choix de la réten­tion.” En haut de la colline d’Échassières, les engins s’activent pour con­stru­ire la mine pilote autorisée fin sep­tem­bre par la pré­fec­ture. L’autorisation envi­ron­nemen­tale qui vient d’être délivrée à Imerys ne prévoit aucune sur­veil­lance de la radioac­tiv­ité.

 Annex­es

  • Détail du cal­cul par­venant à l’estimation d’environ 300 000 Bq/kg de radioac­tiv­ité, con­cer­nant le con­cen­tré d’étain, tan­ta­le et nio­bi­um extrait de l’usine actuelle d’Imérys :  0,3% d’U3O8 cor­re­spon­dent à env­i­ron 30 000 bec­querels par kilo­gramme (Bq/kg) d’uranium 238. Si l’on tient compte des 13 descen­dants radioac­t­ifs de l’uranium 238, mais aus­si des autres radionu­cléides naturels, le con­cen­tré présente une activ­ité totale de plusieurs cen­taines de mil­liers de Bq/kg (env­i­ron 300 000 pour la chaîne de l’uranium 238 d’après l’analyse d’un échan­til­lon de con­cen­tré solide d’étain-tantale fig­u­rant dans un rap­port ASN/IRSN de décem­bre 2009.
  • Rap­port de l’IRSN de 2007 sur le site d’exploitation de kaolin (ce rap­port n’avait jusqu’ici pas été ren­du pub­lic). Dans ce doc­u­ment, l’exploitant est l’entreprise Denain-Anzin, mais Imerys avait déjà racheté ce groupe en 2005.

Com­mu­niqué de la CRIIRAD du 14/10/2025

Pro­jet de mine de lithi­um dans l’Allier : quid de la radioac­tiv­ité ?
Car­rière de Beau­voir à Échas­sières 
© TomTooM03 via Wiki­me­dia Com­mons
La société Imerys souhaite ouvrir une mine de lithi­um dans l’Allier. Au-dessus du gise­ment, une car­rière de kaolin est exploitée depuis plus d’un siè­cle. Le site pro­duit égale­ment un con­cen­tré d’étain, nio­bi­um et tan­ta­le présen­tant une radioac­tiv­ité élevée. La quan­tité de con­cen­tré pro­duit aug­menterait avec la mine de lithi­um.­
Dans l’Allier, inquié­tudes autour de l’ouverture d’une mine de lithi­um et de ses matières radioac­tives” : c’est le titre d’un arti­cle de Célia Izoard pub­lié sur Médi­a­part le 7 octo­bre 2025. Sol­lic­itée par la jour­nal­iste, la CRIIRAD s’est penchée sur les aspects radi­ologiques de la car­rière de kaolin actuelle­ment exploitée par Imerys juste au-dessus du gise­ment de lithi­um. Pre­mier con­stat : depuis plus d’un siè­cle, les exploitants suc­ces­sifs n’extraient pas seule­ment le kaolin mais égale­ment un con­cen­tré d’étain, de tan­ta­le et de nio­bi­um dans lequel se con­cen­tre l’uranium 238. L’activité de ce radionu­cléide atteint 30 000 bec­querels par kilo­gramme (Bq/kg), très large­ment au-dessus de 1 000 Bq/kg, seuil de classe­ment comme “sub­stance radioac­tive d’origine naturelle” (SRON). En ten­ant compte des autres radionu­cléides naturels présents, l’activité totale est de plusieurs cen­taines de mil­liers de Bq/kg (1), avec tous les risques radi­ologiques asso­ciés (irra­di­a­tion externe, con­t­a­m­i­na­tion par inhala­tion ou inges­tion).­Pho­tos anci­ennes de la car­rière Kaolin à Échas­sières 
© Pho­tos : domaine pub­lic, via Wiki­me­dia Com­mons

Du fait de cette radioac­tiv­ité et des quan­tités présentes dans l’installation (plusieurs dizaines de tonnes de con­cen­tré pro­duites chaque année), le site doit être classé ICPE (Instal­la­tion Classée pour la Pro­tec­tion de l’Environnement), à la rubrique 1716–2 qui encadre les instal­la­tions met­tant en œuvre des sub­stances radioac­tives d’origine naturelle. Alors que la radioac­tiv­ité du site est con­nue des autorités depuis au moins 2006, et que la rubrique 1716–2 existe depuis 2014, il a fal­lu atten­dre 2022 pour que l’exploitant déclare cette activ­ité nucléaire. Mal­gré cette déc­la­ra­tion, le dernier arrêté pré­fec­toral fix­ant les règles de sur­veil­lance du site par l’exploitant ne com­porte aucune pre­scrip­tion en matière de mesures radi­ologiques, alors que la régle­men­ta­tion impose des con­trôles. De plus, alors que l’exploitant d’une ICPE 1716–2 doit trans­met­tre chaque année à l’Agence nationale pour la ges­tion des déchets radioac­t­ifs (ANDRA) un inven­taire des matières et déchets radioac­t­ifs présents sur le site, la CRIIRAD n’a pas trou­vé, sur le site de l’ANDRA, de fiche pour ce site. Pour éclair­cir ces points ain­si que d’autres aspects du dossier, la CRIIRAD a écrit à la DREAL Auvergne-Rhône-Alpes. Vous pou­vez télécharg­er ce cour­ri­er avec le lien en bas de l’article. S’agissant du pro­jet de mine de lithi­um, l’exploitant est très dis­cret sur la ques­tion de la radioac­tiv­ité, alors qu’il recon­naît que “la pro­duc­tion de lithi­um (quelle que soit sa forme) aug­menterait automa­tique­ment la pro­duc­tion de con­cen­tré d’étain-tantale et de nio­bi­um déjà com­mer­cial­isé par Imerys”. Affaire à suiv­re…