Félix Tréguer : “Le numérique nous insère dans une trame toujours plus resserrée”

Fin 2022, deux mem­bres de La Quad­ra­ture ont répon­du aux ques­tions de Rup­tures, un col­lec­tif de militant·es grenoblois·es for­mé à l’automne 2021.

Halte au con­trôle numérique a sou­vent cotoyé, invité des mem­bres de La Quad­ra­ture du net, dont Félix Tréguer. Nous appré­cions le texte ci-joint qui fait l’in­ven­taire des divers axes qu’ont su expéri­menter ses auteurs et qui raison­nent avec nos réflex­ions et actions. Nous sommes d’ac­cord avec le diag­nos­tic : “le numérique est un fait social total et il est très dif­fi­cile aujourd’hui d’exister sociale­ment ou poli­tique­ment sans en pass­er par lui. [Mais on peut con­sen­tir à des] formes d’adoption min­i­male [et] les artic­uler à des straté­gies d’évitement ou de con­tes­ta­tion des infra­struc­tures numériques exis­tantes”. Et avec la con­clu­sion finale­ment opti­miste : “Même lorsque tout peut sem­bler per­du, rap­pelons-nous qu’à tra­vers l’histoire, des pou­voirs en apparence inébran­lables se sont avérés extrême­ment frag­iles. Des straté­gies réfléchies et la con­tin­gence de l’histoire peu­vent en venir à bout bien plus vite qu’il n’y paraît” !

Félix Tréguer est chercheur, mem­bre de La Quad­ra­ture du Net

Pou­vez-vous nous expli­quer ce qu’est la tech­nop­o­lice, et les moyens d’actions que vous vous êtes don­nés ?

Tech­nop­o­lice est le nom de la cam­pagne de recherche-action lancée par La Quad­ra­ture du Net en 2019. Elle désigne aus­si ce con­tre quoi nous lut­tons dans cette cam­pagne, à savoir le développe­ment et l’adoption crois­sante par la police française de nou­velles tech­nolo­gies numériques dédiées à la sur­veil­lance de l’espace pub­lic : vidéo­sur­veil­lance automa­tisée et micro­phones intel­li­gents cen­sés repér­er des com­porte­ment sus­pects, police pré­dic­tive, drones… Depuis le départ, l’idée est de doc­u­menter la genèse et la mise en œuvre de déploiement de ces tech­nolo­gies, des lab­o­ra­toires de recherch­es qui les met­tent au point aux usages opéra­tionnels en pas­sant par les grands pro­grammes budgé­taires et les lois qui les finan­cent ou en autorisent l’usage.

Nous ten­tons aus­si d’offrir à des indi­vidus ou col­lec­tifs des analy­ses, guides, des espaces de dis­cus­sion afin d’articuler les com­bats locaux à des mobil­i­sa­tions nationales ou européennes. Nous dénonçons des pro­jets de loi et ten­tons de faire sup­primer les dis­po­si­tions les plus dan­gereuses ; nous allons devant les tri­bunaux pour démon­tr­er l’illégalité de cer­tains pro­jets et y met­tre un terme (par exem­ple, nous avons attaqué le cou­plage de l’intelligence arti­fi­cielle et de la vidéo­sur­veil­lance à Moirans) ; nous organ­isons des actions de sen­si­bil­i­sa­tion, d’affichage pub­lic ou des pro­jec­tions de doc­u­men­taires pour faire con­naître notre com­bat et con­va­in­cre de nou­velles per­son­nes d’y pren­dre part. Plus large­ment, notam­ment aux tra­vers de nos inter­ac­tions avec cer­tains médias, nous cher­chons à sen­si­bilis­er les gens à la pro­liféra­tion de ces tech­nolo­gies de sur­veil­lance poli­cière et à met­tre en œuvre les moyens d’y résis­ter col­lec­tive­ment.

État d’urgence, État d’urgence san­i­taire, procé­dures par­lemen­taires accélérées, 49.3, procé­dures déroga­toires au droit com­mun… Devant la mul­ti­pli­ca­tion de règles de droit à géométrie vari­able, la ques­tion se pose : peut-on encore croire en la jus­tice ?

À La Quad­ra­ture du Net, nous avons com­mencé à dévelop­per l’action con­tentieuse en 2015, après avoir con­staté que nos straté­gies d’influence par­lemen­taire achop­paient sur un con­sen­sus sécu­ri­taire de plus en plus prég­nant, à gauche comme à droite. Notre idée d’alors était que si le lég­is­la­teur était inca­pable de pro­téger les droits humains inscrits au som­met de la hiérar­chie des normes juridiques, si “les droits de l’Homme et du citoyen” ne trou­vaient plus aucune tra­duc­tion tan­gi­ble dans la fab­rique de la loi, alors il fal­lait mobilis­er le ter­rain judi­ci­aire con­tre l’alliance entre un pou­voir exé­cu­tif dopé à l’exception et un Par­lement trop enclin à lui con­céder les pleins pou­voirs.

Nous savons que le champ juridique agit en grande par­tie comme un ter­rain de neu­tral­i­sa­tion des reven­di­ca­tions poli­tiques et de la con­tes­ta­tion de l’ordre établi. Force est de con­stater que les usages con­tes­tataires du droit se heur­tent à toutes sortes d’obstacles tech­niques – par exem­ple la lenteur des procé­dures – et au fait que le plus sou­vent, les mag­is­trats – et c’est en par­ti­c­uli­er le cas du Con­seil d’État devant qui se sol­dent nos con­tentieux con­tre le gou­verne­ment – agis­sent comme des garants de l’État et de sa vio­lence.

Mais de fait, il se trou­ve encore des juges pour tenir tête au pou­voir poli­tique. Nous avons rem­porté quelques vic­toires, dont cer­taines non nég­lige­ables, à l’image de l’inter­dic­tion de la recon­nais­sance faciale à l’entrée des lycées de la Région Sud ou devant la Cour de jus­tice de l’Union européenne dans le dossier de la con­ser­va­tion général­isée des don­nées (les opéra­teurs de télé­com­mu­ni­ca­tions sont cen­sés con­serv­er les méta­don­nées de la pop­u­la­tion – qui com­mu­nique avec qui, à quelle heure, pen­dant com­bi­en de temps, depuis quel endroit). Et ces jurispru­dences créent un univers de con­traintes autour des bureau­craties d’État. Elles per­me­t­tent aus­si de don­ner de l’écho à nos luttes poli­tiques.

Au final, l’action juridique est ambiva­lente. Il y a tou­jours le risque qu’une défaite vienne légitimer ce con­tre quoi on se bat. Mais, à con­di­tion d’être artic­ulée à d’autres modes d’action, elle reste selon nous un out­il sym­bol­ique fon­da­men­tal. Car en dépit de toutes leurs lim­ites et con­tra­dic­tions internes, les droits humains sont un héritage des luttes démoc­ra­tiques des siè­cles passées. Nous sommes en tout cas d’avis qu’il importe de les faire vivre en ces heures som­bres. Même lorsque nous per­dons ou que nous obtenons des vic­toires tem­po­raires ou cos­mé­tiques, nos recours per­me­t­tent de met­tre en évi­dence les con­tra­dic­tions d’un régime représen­tatif qui s’enfonce dans le libéral­isme autori­taire, de par­ler aux juges dans leur lan­gage qui pré­tend à l’universel et de mon­tr­er dossier après dossier à quel point l’État de droit qu’ils pré­ten­dent incar­n­er n’est pour l’essentiel qu’un men­songe, à quel point ils demeurent pour la plu­part, comme l’écrivait Pierre Bour­dieu, les “gar­di­ens de l’hypocrisie col­lec­tive”. Bref, lorsqu’il est bien manié et com­plété par d’autres moyens de lutte, le droit peut en réal­ité être un moyen de délégitimer le pou­voir et donc d’y résis­ter.

Selon tous les indi­ca­teurs, les prochaines années vont être sec­ouées de mul­ti­ples crises (cli­ma­tique, san­i­taire, économique…), que Jérôme Baschet uni­fie sous le terme de “crise sys­témique du cap­i­tal­isme”. Dans le con­texte de nou­velles ten­sions géopoli­tiques entre grandes puis­sances (Russie vs Ukraine/Europe, Chine vs Taïwan/usa,…), avec toutes les entors­es au droit que cela per­met, et avec le développe­ment de moyens tech­nologiques tou­jours plus puis­sants, quelles évo­lu­tions du con­trôle social envisagez‑vous pour les prochaines années ?

Nous n’avons évidem­ment pas de boule de cristal et il est reste très com­pliqué de faire des pré­dic­tions, à for­tiori dans un envi­ron­nement poli­tique aus­si tumultueux. Sans doute la crise san­i­taire a‑t-elle offert un bon aperçu de ces nou­velles formes de con­trôle social qui vont con­tin­uer à se dévelop­per dans les prochaines années, ou revenir en force à l’aune des prochaines “crises”.

La “reprise en main d’Internet” risque de se pour­suiv­re au rythme de sa place tou­jours plus impor­tante dans l’infrastructure de nos sociétés de masse. Les quelques espaces alter­nat­ifs qu’une asso­ci­a­tion comme La Quad­ra­ture du Net s’est don­né pour objec­tif de défendre risquent de con­naître une mar­gin­al­ité encore plus grande qu’aujourd’hui. Dans le même temps, les espaces “main­streams” – fussent-ils la pro­priété de lib­er­tariens comme Elon Musk – con­tin­ueront de s’insérer dans les poli­tiques de con­trôle éta­tiques. Ils seront les seuls à pou­voir sur­nag­er dans un océan de normes tou­jours plus dras­tiques en matière de cen­sure, de sur­veil­lance ou de cyber­sécu­rité, tout en con­tin­u­ant de jouer un rôle dans les com­péti­tions géopoli­tiques inter­na­tionales. Ain­si, la cen­sure extra-judi­ci­aire d’Internet a beau­coup pro­gressé ces dernières années, que ce soit au pré­texte de lut­ter con­tre la pro­pa­gande ter­ror­iste et les dis­cours de haine que de com­bat­tre la dés­in­for­ma­tion sci­en­tifique, comme on l’a vu pen­dant la crise san­i­taire. Les élites poli­tiques pré­ten­dent s’armer con­tre la posi­tion dom­i­nante d’acteurs comme Google, Microsoft et con­sorts. La réal­ité, c’est que les dis­posi­tifs mis en place con­sacrent ces entre­pris­es dans le rôle de points de con­trôle sur lesquels peut s’appuyer la reprise en main d’Internet.

Il y a aus­si l’“automa­ti­sa­tion crois­sante de l’ensemble des struc­tures bureau­cra­tiques” qui nous admin­istrent, de Par­cousup à Linky en pas­sant par les algo­rithmes de la CAF ou de Pôle Emploi. La déshu­man­i­sa­tion bureau­cra­tique va se pour­suiv­re sous les ori­peaux de la “trans­for­ma­tion numérique” de l’État et du marché, cher­chant à invis­i­bilis­er le déni de jus­tice et la vio­lence de classe liés à ces bureau­craties, le tout sous cou­vert d’efficacité. La 5G et la domo­tique s’inscrivent dans ce mou­ve­ment vers une cap­il­lar­ité crois­sante de l’infrastructure numérique, insérant nos exis­tences dans la trame tou­jours plus resser­rée d’administrations cen­tral­isées.

Et puis il y a les ques­tions d’iden­tité numérique. Les plans en la matière au niveau européen ou français per­me­t­tront demain de con­fi­er à n’importe quelle per­son­ne munie d’un smart­phone la mis­sion de con­trôler les allées et venues de la pop­u­la­tion, la capac­ité de les retrac­er dans le temps encore plus fine­ment que ne le per­me­t­tent les réseaux de télé­com­mu­ni­ca­tions, de réguler l’accès à cer­tains espaces ou ser­vices sans for­cé­ment en pass­er par la police, et ce à un coût extrême­ment faible pour l’État puisque nous avons déjà financé l’essentiel de cette infra­struc­ture en achetant nous-mêmes nos smart­phones. Depuis le mois d’août 2021, les cartes d’identité délivrées en France embar­quent un code en deux dimen­sions con­tenant les don­nées d’état civ­il et l’adresse du domi­cile – des infor­ma­tions lis­i­bles par n’importe qui – et une puce bio­métrique lis­i­ble pour l’instant pour les seuls usages “régaliens”. Quelques jours plus tard, la multi­na­tionale française de l’identité Idemia a été retenue par l’Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) dans le cadre du pro­gramme inter­min­istériel France Iden­tité Numérique. Le but de ce marché pub­lic est de per­me­t­tre de con­trôler l’identité d’une per­son­ne à l’aide d’un smart­phone et de la nou­velle carte d’identité élec­tron­ique. Ces évo­lu­tions pré­par­ent dans l’Hexagone la général­i­sa­tion du “porte­feuille d’identité numérique” européen prévue pour 2024, et pro­mue par le com­mis­saire européen Thier­ry Bre­ton.

Ce qui se passe en Chine sur le plan du con­trôle numérique nous con­cerne assez directe­ment. En effet, der­rière les straté­gies de dis­tinc­tion des élites européennes, la mod­erni­sa­tion à marche for­cée de la société chi­noise en lien avec l’édification d’un sys­tème tech­no-sécu­ri­taire spec­tac­u­laire con­tribue à un véri­ta­ble soft-pow­er de l’Empire du milieu auprès des élites européennes. Comme le résume Junius Frey dans la pré­face française d’un livre du philosophe Yuk Hui, “la gou­verne­men­tal­ité chi­noise sert d’ores et déjà de mod­èle aux formes occi­den­tales d’exercice de la puis­sance”. Après, ici comme là-bas, on sent bien à quel point toutes ces ten­dances sont frag­iles. Elles sont non seule­ment insouten­ables au plan écologique – sauf à finir de met­tre la planète à sac – et elles restent soumis­es à de mul­ti­ples résis­tances.

Out­re son impact en ter­mes de con­trôle social, il nous sem­ble que la tech­nolo­gie a d’autres aspects négat­ifs : emprise total­i­taire sur nos vies, alié­na­tion (cha­cun rivé sur son écran à regarder des vidéos pour se diver­tir), dépen­dance de plus en plus accrue à l’énergie et aux matières pre­mières… Pensez-vous que c’est sim­ple­ment l’usage polici­er de la tech­nolo­gie qui est prob­lé­ma­tique ? Ou bien la tech­nolo­gie est-elle la man­i­fes­ta­tion de la démesure humaine à l’ère indus­trielle ? En d’autres ter­mes : selon vous la tech­nolo­gie est-elle neu­tre ?

Bien sûr que non, la tech­nolo­gie n’est pas neu­tre : bien qu’elle soit plurielle et elle aus­si soumise à des ten­dances con­tra­dic­toires, elle est glob­ale­ment pro­duite – et elle tend générale­ment à repro­duireun sys­tème poli­tique, économique et social à la fois éco­cide, cap­i­tal­iste, raciste, patri­ar­cal. Et oui, la tech­nolo­gie porte en elle la démesure d’un sys­tème tech­ni­cien mis presque tout entier au ser­vice de l’édification de sociétés de masse iné­gal­i­taires, bureau­cratisées et indus­tri­al­isées.

Nous sommes par­ties prenantes d’un milieu mil­i­tant qui a large­ment bercé dans les utopies fon­da­tri­ces d’Internet, mais l’expérience poli­tique col­lec­tive qu’est La Quad­ra­ture du Net nous a per­mis de nous en dépar­tir. Même si nos moyens lim­ités nous con­duisent à met­tre l’accent sur tel ou tel sujet selon les moments, notre action col­lec­tive est loin de se réduire aux seuls sujets liés à la Tech­nop­o­lice, bien qu’ils soient sans doute les plus vis­i­bles ces temps-ci. Nous voyons évidem­ment plus loin que les usages policiers et nous sommes bien con­scients de l’imbrication entre tech­nolo­gies numériques et les dif­férentes formes de pou­voir qui régis­sent nos exis­tences.

L’une des dif­fi­cultés, une fois que l’on admet cette non-neu­tral­ité de la tech­nique, c’est que le numérique est un fait social total et qu’il est très dif­fi­cile aujourd’hui d’exister sociale­ment ou poli­tique­ment sans en pass­er par lui. Ce qui pose la ques­tion de la place que l’on accorde aux usages alter­nat­ifs de l’informatique, des formes d’adoption min­i­male aux­quelles nous con­sen­tons mal­gré tout, et la manière dont on peut les artic­uler à des straté­gies d’évitement ou de con­tes­ta­tion des infra­struc­tures numériques exis­tantes. Sur ces sujets notam­ment, il existe des posi­tions et des pra­tiques divers­es au sein de notre col­lec­tif. Nous tâchons de nous nour­rir de cette diver­sité et des débats qu’elle sus­cite.

Que faire face à ce défer­lement de con­trôle ? Peut‑on revenir en arrière ? Quels moyens de résis­tance pensez‑vous effi­caces ?

Revenir sur les lois sécu­ri­taires et les régimes d’exception est bien évidem­ment pos­si­ble, mais soyons lucides : le vent de l’histoire n’est pas favor­able. Sur le plan de la matéri­al­ité tech­nologique, revenir en arrière est impos­si­ble. Nous héri­tons quoiqu’il arrive de quan­tités d’infrastructures numériques qu’il fau­dra pour cer­taines main­tenir – au moins un temps –, d’autres dont il fau­dra organ­is­er le déman­tèle­ment immé­di­at, le tout en s’occupant de milieux saccagés dont nous devrons tâch­er de tir­er nos moyens d’existence.

Quant aux straté­gies de résis­tance effi­caces, notre sen­ti­ment per­son­nel, c’est que même si cer­taines sont plus per­ti­nentes que d’autres, il ne faut en rejeter aucune à pri­ori. De l’entrisme au sab­o­tage, toutes peu­vent avoir leur effi­cac­ité dans un con­texte don­né. À cha­cun de décider ce qui lui incombe de faire, selon ses posi­tions sociales et ses appé­tences, en essayant d’apprendre con­stam­ment de nos échecs et de nos erreurs ; d’être lucide, d’ajuster le diag­nos­tic et de révis­er nos tac­tiques avant de rées­say­er.

L’efficacité poli­tique de nos luttes dépend sans doute pour beau­coup de notre capac­ité à artic­uler toutes ces dif­férentes manières de faire, à nour­rir un dia­logue et des sol­i­dar­ités entre elles en faisant preuve de réflex­iv­ité, en les arri­mant à un hori­zon com­mun de rup­ture avec le sys­tème exis­tant pour faire per­col­er la rad­i­cal­ité. Même lorsque tout peut sem­bler per­du, rap­pelons-nous qu’à tra­vers l’histoire, des pou­voirs en apparence inébran­lables se sont avérés extrême­ment frag­iles. Des straté­gies réfléchies et la con­tin­gence de l’histoire peu­vent en venir à bout bien plus vite qu’il n’y paraît.