Linky : toujours privé d’électricité depuis le 26 mai, malgré des problèmes de santé…

Emis­sion avec Philippe Gar­nier, Me Hadi, Dany (ACCU71), Dominique (Stop Linky 88)

COMMUNIQUÉ DU 31 AOUT 2023 – ACCU 71

Privé d’électricité pour avoir con­fir­mé son refus du comp­teur Linky…

Bien qu’étant un usager pais­i­ble et con­stam­ment à jour de ses fac­tures depuis 28 ans, ENEDIS SA a coupé l’électricité de Mon­sieur GARNIER le 26 mai 2023 à la suite de son refus de se voir installer un comp­teur Linky.

L’état de san­té de Mon­sieur GARNIER lui impose pour­tant de pren­dre quo­ti­di­en­nement un traite­ment via un appareil­lage élec­tron­ique, ce qui néces­site à l’évidence l’utilisation de l’électricité.

La coupure lui cau­sant un grave préju­dice avec risque d’atteinte impor­tant à sa san­té, Mon­sieur GARNIER a saisi le Tri­bunal judi­ci­aire de Mâcon dans le cadre d’une procé­dure d’urgence (référé d’heure à heure), en invo­quant le dom­mage immi­nent causé par la coupure d’électricité afin de réclamer le rétab­lisse­ment du courant.

Mon­sieur GARNIER a par ailleurs réclamé la pose d’un comp­teur élec­tron­ique cor­re­spon­dant à l’option 2 de la presta­tion F185 du cat­a­logue de presta­tions de ENEDIS SA, soit un comp­teur dit “clas­sique”, non com­mu­ni­cant.

Par un juge­ment du 13 juil­let 2023, le Tri­bunal judi­ci­aire de Mâcon a tout d’abord con­staté que ENEDIS SA “ne s’oppose ni à la pose d’un
nou­veau comp­teur cor­re­spon­dant aux car­ac­téris­tiques demandées, ni à la remise du courant ce change­ment opéré.

Ensuite, le Tri­bunal con­firme que Mon­sieur GARNIER démon­tre l’existence d’un dom­mage immi­nent dès lors qu’il est con­staté que tout retard thérapeu­tique dans la prise du traite­ment con­stituerait une mise en dan­ger poten­tiel, comme l’affirme le cer­ti­fi­cat médi­cal pro­duit aux débats.

Cepen­dant, le Tri­bunal con­sid­ère que, d’une part la coupure d’électricité était jus­ti­fiée par le fait que Mon­sieur GARNIER s’est opposé au rem­place­ment de son comp­teur con­sid­éré comme “défectueux” par un comp­teur “intel­li­gent”, et d’autre part que l’alimentation élec­trique ne peut être effec­tuée sans procéder au change­ment du comp­teur “défectueux”, lequel rendrait impos­si­ble le cal­cul de la con­som­ma­tion faite.

Le Tri­bunal ajoute que Mon­sieur GARNIER pour­rait tout sim­ple­ment pren­dre con­tact avec ENEDIS SA et accepter la pose d’un comp­teur intel­li­gent pour faire cess­er le dom­mage qu’il subit.

En résumé, le Tri­bunal con­state un dom­mage immi­nent mais refuse de pronon­cer les mesures néces­saires pour prévenir ce dom­mage.

La moti­va­tion de ce juge­ment est très cri­ti­quable.
En pre­mier lieu, le comp­teur de Mon­sieur GARNIER ne per­met sim­ple­ment plus l’affichage de la con­som­ma­tion, mais n’est pas défectueux en ce qu’il ne rem­pli­rait pas ses fonc­tions de comp­tage.

Il n’a d’ailleurs été pro­duit aucun élé­ment de preuve démon­trant que le comp­teur ne compt­abilis­erait plus la con­som­ma­tion d’électricité de Mon­sieur GARNIER.

Ensuite, il est par­ti­c­ulière­ment regret­table que même face à une mise en dan­ger poten­tielle dont la réal­ité est con­statée du fait de la coupure d’électricité, la jus­tice impose à la vic­time qu’elle accepte la pose d’un comp­teur intel­li­gent pour per­me­t­tre le rétab­lisse­ment de l’électricité et faire cess­er le dom­mage. Un tel raison­nement revient à per­me­t­tre une véri­ta­ble poli­tique de chan­tage (doux euphémisme) par ENEDIS SA pour­tant respon­s­able de mis­sions de ser­vice pub­lic dans le cadre de la dis­tri­b­u­tion de l’électricité, pro­duit de pre­mière néces­sité dont il con­vient de rap­pel­er que la dis­tri­b­u­tion doit être assurée sans dis­crim­i­na­tion.

Ceci étant, le juge­ment du 13 juil­let con­state un élé­ment impor­tant, à savoir l’accord de ENEDIS SA pour procéder à la pose d’un comp­teur répon­dant aux car­ac­téris­tiques demandées par Mon­sieur GARNIER, à savoir un comp­teur élec­tron­ique cor­re­spon­dant à l’option 2 de la presta­tion F185 du cat­a­logue de presta­tion de ENEDIS SA, soit un comp­teur élec­tron­ique à télé-infor­ma­tion non com­mu­ni­quant dit “clas­sique”.

Par de mul­ti­ples cour­ri­ers adressés postérieure­ment au juge­ment par son avo­cat, Maître Kamar-Éric HADI, Mon­sieur GARNIER a réclamé à
ENEDIS SA la pose d’un comp­teur clas­sique con­for­mé­ment à l’accord qu’elle a don­né.

Mal­heureuse­ment, ENEDIS SA refuse de s’exécuter et se retranche der­rière le fait que le Tri­bunal con­state que Mon­sieur GARNIER pour­rait accepter la pose d’un comp­teur intel­li­gent, que le cat­a­logue de presta­tions aurait voca­tion à évoluer prochaine­ment pour exclure cette option, ce à la suite de la dernière délibéra­tion de la CRE du 21 juin 2023, et que “tech­nique­ment, l’option 2 peut être réal­isée avec le comp­teur élec­tron­ique dernière généra­tion (Linky)”.

Ces argu­ments, au demeu­rant sérieuse­ment con­testa­bles, ne remet­tent en aucun cas en cause l’accord don­né expressé­ment par ENEDIS SA pour la pose d’un comp­teur cor­re­spon­dant à l’option 2 du cat­a­logue en vigueur à la date dudit accord, ce qui est le cas d’un comp­teur élec­tron­ique à télé-infor­ma­tion non com­mu­ni­cant, dit “clas­sique”, dont Mon­sieur GARNIER réclame la pose.

Con­crète­ment, ENEDIS SA décide de ne pas exé­cuter l’accord qu’elle a pour­tant don­né, lequel a été con­staté au sein du juge­ment.

En l’état, si Mon­sieur GARNIER souhaite obtenir le rétab­lisse­ment de l’électricité, il n’a d’autre choix que de céder au chan­tage hon­teux qui
lui est fait et d’accepter la pose d’un comp­teur Linky ou bien de met­tre en œuvre une solu­tion alter­na­tive visant l’autonomie élec­trique. [NDRL : c’est ce qu’il fait actuelle­ment en instal­lant un groupe élec­trogène avec l’aide d’ACCU71]

Il sem­ble que la Direc­tion régionale d’Enedis dif­fuse à ses équipes des con­signes écrites dans ce sens : s’agit-il d’un test ? Sans rai­son au niveau de la sécu­rité et au mépris de la san­té d’un usager du réseau élec­trique !

Extrait des con­signes don­nées aux poseurs, avec “élé­ments de lan­gage” pour jus­ti­fi­er l’ex­cès de pou­voir (le cas cor­re­spon­dant à Philippe serait celui de la dernière ligne)