TikTok – et d’autres réseaux – dangereux pour les adolescent·es

Amnesty Inter­na­tion­al relance sa cam­pagne de péti­tion con­tre Tik­Tok et dif­fuse une nou­velle vidéo. Nous reprenons par ailleurs un arti­cle que nous avons dif­fusé sur ce site en jan­vi­er 2024.

TikTok doit être plus sûr pour les enfants et les jeunes 

Tik­Tok se présente comme une plate­forme de diver­tisse­ment qui favorise la créa­tiv­ité et l’esprit de com­mu­nauté. Or, c’est un espace qui peut se révéler tox­ique et addic­tif pour les enfants et les jeunes. Le mod­èle économique de Tik­tok doit évoluer et doit surtout, pro­téger les enfants et les jeunes de ses algo­rithmes sur­puis­sants qui peu­vent aller jusqu’à les pouss­er au sui­cide. Agis­sez à nos côtés en sig­nant notre péti­tion !

Agis­sez en sig­nant notre péti­tion pour empêch­er que les jeunes utilisateurs·trices ne soient entraînés dans des “spi­rales” de con­tenus nocifs. 

Tik­Tok, le réseau social chi­nois cap­tive par­ti­c­ulière­ment les enfants et adolescent·es qui, d’après une étude mon­di­ale de Qus­to­dio sur 2022 , y passeraient en moyenne 1 h 47 min par jour à zap­per entre des vidéos sug­gérées sur cette plate­forme. Au delà de l’ad­dic­tion, un rap­port améri­cain (déc 2022) dénonce la pro­mo­tion de vidéos rel­a­tives à l’automutilation, aux trou­bles ali­men­taires…

Amnesty Inter­na­tion­al a par­ti­c­ulière­ment étudié le fil “Pour toi” de Tik­Tok. En l’espace de 20 min­utes, voire moins, des comptes d’adolescent·es qui avaient sig­nalé leur intérêt pour des con­tenus liés à la san­té men­tale se voy­aient pour la plu­part pro­pos­er des vidéos liées à la dépres­sion et à l’automutilation.

Mais Tik­Tok n’est pas le seul dans ce cas : Snapchat, Insta­gram, Face­book … sont incrim­inés pour des effets sim­i­laires devant le Sénat améri­cain (ci-dessous reportage du 1e févri­er sur Arte).

La con­clu­sion pro­vi­soire de ce reportage est de con­stater l’actuelle impos­si­bil­ité de pour­suiv­re les pro­prié­taires de ces réseaux devant la jus­tice. Une loi future est évo­quée pour les USA, quid de la France et de l’Eu­rope ? Qui per­me­t­trait à Amnesty de pro­pos­er autre chose qu’une mai­gre péti­tion ?

Cepen­dant, dans le cadre du droit actuel, une avo­cate française, Me Lau­re Boutron-Marmion, porte plainte con­tre Tik­Tok pour la famille de Marie, ado­les­cente qui s’est sui­cidée en 2021 car l’al­go­rithme de ce réseau social “a généré un con­tenu dépres­sif qui l’a poussé au pas­sage à l’acte. C’est la pre­mière fois, en France, qu’une plainte est déposée con­tre un réseau social.

Par ailleurs, le mod­èle de Tik­tok repose sur la col­lecte d’énormes quan­tités de don­nées per­son­nelles rel­a­tives au com­porte­ment de chaque util­isa­teur et util­isatrice. L’association Exo­dus Pri­va­cy, qui analyse de façon indépen­dante les appli­ca­tions, note que Tik­Tok demande un grand nom­bre de per­mis­sions à l’utilisateur pour accéder au micro, aux con­tacts, à la caméra, au stock­age ou aux don­nées de géolo­cal­i­sa­tion, soit plus de 76 per­mis­sions sous Android (Insta­gram en est à 46, comme Twit­ter, Snapchat en demande soix­ante…). Or les poli­tiques de pro­tec­tion des don­nées des enfants sont vari­ables d’un pays à l’autre. Ceux vivant dans des pays où la lég­is­la­tion sur la col­lecte des don­nées per­son­nelle est faible subis­sent les pires préju­dices. 

Cette appli­ca­tion représen­tait (d’après Libéra­tion du 1e mars 2023) 1,7 mil­liard d’utilisateurs act­ifs dans le monde en 2022, 150 mil­lions en Europe et près de 9 mil­lions en France : des chiffres qui ont très forte­ment aug­men­tés pen­dant les con­fine­ments, mais qui n’en fait cepen­dant pas la plus util­isée (loin der­rière Face­book, Youtube, What­sapp et Insta­gram).

Tous con­fon­dus (d’après l’étude pub­liée sur le site BDM le 4 août 2023), ces réseaux soci­aux ont l’au­di­ence la plus forte en Europe du nord et de l’ouest, net­te­ment plus qu’en Amérique du nord et en Asie !

Amnesty a pub­lié en novem­bre 2023 deux rap­ports sur Tik­Tok suite à un sondage, réal­isé avec 550 jeunes âgés de 13 à 24 ans vivant dans 45 pays, por­tant sur leur util­i­sa­tion et leur per­cep­tion des réseaux soci­aux :