La mobilisation continue dans la région ! L'année dernière, un rassemblement a réuni plusieurs collectifs contre le SIDO à Lyon. Le collectif Stopmicro a de son côté récemment célébré une victoire contre Soitec à Grenoble. Des mobilisations essentielles, la région Auvergne-Rhone-Alpes étant un territoire clef de l'armement en France qui va continuer de s'orienter vers l'IA militaire.
En 2025, le Salon De l’Internet des Objets (SIDO), l’événement phare de la convergence des technologies IoT, IA, XR et Robotique s'est déroulé comme chaque année à Lyon. Un salon de la guerre, de l'IA et de la destruction de la planète qui a connu une popularité qui a dépassé les milieux des professionnels du business du numérique.
Le SIDO : le salon de l'IA et de la smart-city
Le SIDO fait la promotion du business de la tech et de la smart city : applications 5G pour les objets connectés et l’industrie robotique, voitures autonomes, IA en direction des services essentiels comme la santé, l’éducation, la justice, la Poste…

Le SIDO 2025 a fait la promotion du travail automatisé à l’extrême, de la robotisation, de la surveillance de pointe avec des algorithmes de détection et de suivi de personnes.
Comme nous n'avons eu cesse de le dire aux côtés des autres organisations technocritiques, l'IA ne simplifie pas les services publics, elle les complifient au contraire, pour les usagers comme pour les agents qui y travaillent.
Les conséquences sont multiples et désastreuses : déshumanisation avec le déploiement de ChatGPT pour réaliser des gains de productivité et supprimer des postes, intensification du travail et perte d’autonomie totale, hausse du non recours aux droits et de la précarité, contrôle et flicage social décuplés par l’IA, suppression/réduction des droits à tout va à la Sécu, la CAF et France Travail.

Un tiers des entreprises du SIDO travaillent aussi pour la guerre !
L'innovation technologique et industrielle sert le complexe militaro-sécuritaire. Parmi les 380 exposants de ce salon de 2025, étaient présents : STMicroelectronics, Nicomatic et Thales, des entreprises qui ont vendu des composants utilisés par la Russie et qui participent également au génocide en Palestine.
- STMicroelectronics, une entreprise grenobloise, fabrique et exporte des puces à usage militaire. Ces dernières ont été retrouvées - malgré l'embargo de 2014 - dans les drones kamikazes russes et dans le matériel que l’armée israélienne utilise (des drones et des missiles).
- Nicomatic, une autre entreprise régionale, a aussi violé l'embargo avec la Russie et vendu du matériel militaire à Israël, utilisant ce pays comme centre d’innovation pour le militaro-civil.
Des sociétés régionales, membres du Cluster Eden, le regroupement des PME d'armement de la région Rhône Alpes.
« La responsabilité de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, spécialisée dans l’optronique, est grande. Pendant qu’Optsys à Saint-Étienne conçoit les instruments de visée des canons Caesar utilisés par les soldats ukrainiens, Lynred à Grenoble fournit l’optique des drones Orlan-10 dont les repérages dirigent les tirs de l’artillerie russe. »
Observatoire de l'armement, Guerre en Ukraine : comment la France contourne l’embargo sur la Russie
Le rapport de 2025 de l'observatoire de l'armement, démontre que la filière industrielle française en matière de connectique militaire (Radiall, Nicomatic, Amphenol Socapex), basée principalement en région Auvergne-Rhône-Alpes, est étroitement liée avec Israël. Des milliers de composants ont été exportés vers Israël de 2022 à 2025 à partir de filiales basées en Inde.

La région AURA : un territoire clef de l'armement
Auvergne-Rhône-Alpe est la deuxième région française sur le secteur de la défense. Le Cluster EDEN accompagne activement l'industrie locale et les startups du numérique à se développer et à se diversifier dans le militaro-sécuritaire.
La région AURA a activé un dispositif de financement de 200 millions d'euros pour le secteur de la défense en 2025.
D'après le CRAAM, la région AuRA va réorienter sa partie du plan industriel « France 2030 » consacrée à l’IA vers l’IA militaire (cf : convention Région/ministère des Armées signée en juin 2025).

L'État français, le deuxième fabricant de la guerre dans le monde, semble bien décidé à nous y préparer : le budget consacré à la "défense" d’ici 2027 aura doublé depuis 2017.
L'entreprise Renault a récemment annoncé qu'elle allait lancer la production de drones à usage militaire dans deux usines françaises, une dans la Sarthe (au Mans) et une en Seine-Maritime (à Cléon). Elle pourrait devenir un fabriquant d'armes à part entière...
Pour renforcer la sensibilisation sur le rôle des entreprises d’armement en France et leur impact sur les conflits, l’OBSARM a créé un Réseau de surveillance des entreprises d’armement. Il est toujours possible de le rejoindre.
Le SIDO, salon du green-washing
Le SIDO se drape d'un vernis écolo, avec des conférences présentant le numérique comme « un levier concret d’action pour la transition écologique » , pourtant la transition numérique et technologique n’est pas écologique !
À Grenoble, STMicro s’accapare toujours plus les ressources en eau potable dans un contexte de pénurie au détriment de la population et des paysans locaux. L’industriel pollue massivement l’eau de l’Isère avec ses PFAS (polluants éternels) comme Arkema à Oullins Pierre Bénite.
Selon l’ADEME, cette escalade numérique consommera à terme jusqu’à 51% de l’électricité mondiale malgré le blabla sur des IA frugales et un numérique sobre. Pour faire tourner le monde de la tech, il faut extraire toujours plus de minerais ici (réouverture d’une mine de lithium dans l’Allier) et ailleurs (massacres et déforestation en RDC pour le coltan, l’or, le cuivre).

Une mobilisation régionale contre le SIDO
Un rassemblement a été organisé mercredi 17 septembre, lors à l'ouverture du salon, à l'appel des groupes Écran Total Lyon, Stop 5G Lyon, Groupe Grothendieck, Coordination Régionale Anti Armements et Militarisme, Fédération Anarchiste Lyon, Stop Micro (Grenoble), Technopolice Lyon, Stop Arming Israël Lyon, que nous avons relayé.
Munis de banderoles, de tracts, de slogans et de chansons les manifestants ont dénoncé cette grande messe de la tech’ et ses implications destructrices de l’humain et de l'environnement.

Ce rassemblement s'est inscrit dans le cadre de l’appel « Pourquoi nous soutenons les inculpé·es du 15 juin 2021 ? » qui appelle, d’une part, au soutien aux inculpés devant passer en procès fin mars 2026 et, d’autre part, « à une désescalade de la numérisation imposée » et… à ouvrir des espaces dans lesquels il soit possible de faire la critique du numérique en public.
Une soirée de soutien au Comité 15 juin aura lieu à Lyon le jeudi 26 février à la librairie Antigone.
À Grenoble, une victoire pour le collectif Stopmicro
« Ils veulent s’agrandir : on les fait reculer. La lutte paye! »
Suite aux révélations et à la mobilisation du collectif STopMicro, le fabricant de semi-conducteurs isérois Soitec est en train de démonté son parking illégal, installé sans autorisation sur une parcelle agricole en zone humide. Une victoire pour le collectif.

Samedi 7 février, une trentaine de personnes se sont rassemblées pour sabler le champagne sur la butte en limite du champ libéré par Soitec : 7000 m2 de parking d’un industriel des semi-conducteurs sont en train de retrouver leur usage de terres agricoles.
« nous préférons 10 hectares de terres agricoles à 10 hectares d’usines produisant des puces électroniques pour l’internet des objets, l’automobile, les smartphones et la dissuasion nucléaire. Nous espérons revenir bientôt sur ce même terrain pour célébrer d’autres victoires contre les industriels de la « life.augmented » et leur monde connecté. »
Stopmicro38, Chips, clairette et chapeaux pointus : retour sur le 7 février
Le collectif n'en restera pas là, l’abandon des projets d’extensions de la ZAE et de Soitec sera la prochaine étape.
Contre les vitrines technologiques, un appel à poursuivre la lutte !
Le site rebellyon a listé les prochains rdv des promoteurs de la tech, le prochain sera le salon Vivatech à Paris du 17 au 20 juin 2026.
Le SIDO reviendra en septembre 2026 pour une nouvelle édition.
« Nous appelons à s’organiser pour résister à la numérisation. Pour cela, rejoignons les contestations des vitrines des technologies numériques ! »

