Le droit au non-numérique contre la précarité et l’exclusion


Dans son numéro de jan­vi­er 2026, le mag­a­zine Social­ter traite du droit au non numérique. Nous reprenons leur arti­cle ci-dessous. Mais comme plusieurs per­son­nes et struc­tures sol­lic­itées dans cet arti­cle étaient inter­v­enues précédem­ment dans des actions (et/ou arti­cles) que nous avons réal­isées (ou rédigés), nous insérons les liens vers nos arti­cles cor­re­spon­dants.

Depuis 2023, la ville de Villeur­banne per­met à ses habi­tants de béné­fici­er d’un droit au “non-numérique”, en pro­posant une alter­na­tive sys­té­ma­tique aux démarch­es en ligne pour ses ser­vices munic­i­paux. Elle est l’une des seules com­munes, en France, à en faire une reven­di­ca­tion poli­tique, avec l’espoir que cette ini­tia­tive inspire d’autres col­lec­tiv­ités.

C’est devant l’immense bâtisse de l’hôtel de ville, sur laque­lle se dresse un bef­froi car­ré en béton armé de soix­ante-cinq mètres de haut, que nous retrou­vons Gaë­tan Con­stant, adjoint chargé du numérique à la mairie de Villeur­banne, au nord-est de Lyon. “Ma poli­ti­sa­tion sur les enjeux d’accès aux ser­vices publics et les effets du numérique, je les dois à ma mis­sion d’élu, racon­te celui qui est aus­si ingénieur en math­é­ma­tiques appliquées. C’est en me plongeant dans le sujet que j’ai com­pris que la numéri­sa­tion pou­vait créer davan­tage de pré­car­ité.

Depuis le début de son man­dat, ce jeune élu de La France insoumise a fait de la lutte con­tre la frac­ture numérique son cheval de bataille. En 2023, la munic­i­pal­ité de Villeur­banne, gou­vernée par une coali­tion de gauche, s’est engagée à garan­tir un droit au “non-numérique” à ses habi­tants.

En d’autres ter­mes, le droit à une alter­na­tive physique – du guichet à la ligne télé­phonique – pour toute démarche admin­is­tra­tive sur son ter­ri­toire. Un médi­a­teur et deux agentes d’accueil se parta­gent cette tâche, pour plus de 150 000 habi­tants, et alter­nent entre six lieux publics à Villeur­banne, en plus d’une salle de l’hôtel de ville où quelques ordi­na­teurs sont mis à dis­po­si­tion, accom­pa­g­nés d’un manuel à des­ti­na­tion des usagers.

Gaë­tan Con­stant a par­ticipé à notre action Numéri­sa­tion des ser­vices publics : stop à la déshu­man­i­sa­tion ! en jan­vi­er 2025, d’ailleurs soutenue par la mairie de Villeubanne. Ses inter­ven­tions sont à retrou­ver dans les pod­casts du 3e débat.

Depuis l’ouverture du réseau de per­ma­nences, en 2024, les guichets ne désem­plis­sent pas. Cette année, Maxime Paris, le médi­a­teur numérique pour la ville, affiche près de mille ren­dez-vous au comp­teur et con­sid­ère que “tous les besoins ne sont pas encore sat­is­faits”. Les deman­des sont en effet nom­breuses : des dif­fi­cultés liées à l’accès à un titre de séjour au renou­velle­ment d’un passe­port ou d’un per­mis de con­duire, aux deman­des con­cer­nant la retraite, “cela touche tous les secteurs”, résume-t-il.

En ce début d’après-midi, Fiona et Tel­ma, les deux agentes d’accueil, se relaient pour répon­dre aux ques­tions des habi­tants, comme Alain, retraité et ancien con­duc­teur de poids lourd, qui s’est déplacé pour déblo­quer l’accès à son espace san­té Ameli. “Avant, j’aurais demandé au gar­di­en de ma mai­son de retraite, mais aujourd’hui, nous ne pou­vons plus les sol­liciter pour les ser­vices qui ne relèvent pas de l’urgence médi­cale.” Si des per­son­nes âgées se dépla­cent régulière­ment, ces deman­des sont loin de les con­cern­er unique­ment. “Les per­son­nes que nous ren­con­trons font face à plusieurs bar­rières : le lan­gage admin­is­tratif, la langue, par­fois l’illettrisme… Sou­vent, le numérique vient s’ajouter à ces dif­fi­cultés”, pré­cise Fiona.

Pour le défenseur des droits, qui a ren­du une enquête à ce sujet en octo­bre 2025, les dif­fi­cultés ren­con­trées sont en tout cas “en lien avec la dématéri­al­i­sa­tion crois­sante des ser­vices publics”. L’étude révèle que “moins d’une per­son­ne sur deux [sans dis­tinc­tion d’âge, NDLR] parvient à faire ses démarch­es en ligne, sans aide”.

Le baromètre belge de l’in­clu­sion numérique (pro­duit régulière­ment par la très offi­cielle Fon­da­tion du Roi Bau­doin) con­firme le décrochage d’une grande par­tie de la pop­u­la­tion vis à vis de la dématéri­al­i­sa­tion des ser­vices publics, comme l’établit pour la France par cette enquête du Défenseur des droits. Cela vient en con­tra­dic­tion avec les 15 à 17% d’ “illec­tro­n­istes” con­statés par une étude déjà anci­enne de l’IN­SEE, qui sert pour­tant tou­jours de référence aux actions (ou inac­tions) de l’E­tat français.

Par­mi elles, les per­son­nes en dif­fi­culté finan­cière sont les plus exposées. Villeur­banne est donc par­ti­c­ulière­ment con­cernée : classée au dix­ième rang des com­munes hexag­o­nales où le taux de pau­vreté est le plus élevé, la ville comp­tait 8 % de per­son­nes au revenu de sol­i­dar­ité active (RSA) en 2021, soit le dou­ble de la moyenne française la même année, selon les chiffres de l’Insee.

Ces con­stats, loin d’être isolés, s’inscrivent dans une ten­dance de fond. À par­tir des années 1990, les gou­verne­ments français font de la numéri­sa­tion des ser­vices publics leur fer de lance. La décen­nie 2010 est par­ti­c­ulière­ment mar­quée par la fer­me­ture des guichets de prox­im­ité.

Maxime Paris, qui tra­vaille à Villeur­banne en tant qu’animateur numérique depuis plusieurs années, est témoin de ces évo­lu­tions : “aujourd’hui, pour énor­mé­ment de démarch­es admin­is­tra­tives, il n’y a plus de pos­si­bil­ités d’aller voir quelqu’un ou d’échanger. Un ren­dez-vous pour la retraite est devenu qua­si impos­si­ble à pren­dre en per­son­ne : les guichets sont fer­més ou n’ouvrent que sur ren­dez-vous.” Dans le quarti­er pop­u­laire des Bross­es, où il a longtemps tra­vail­lé, le ser­vice de prox­im­ité de La Poste a fer­mé en 2015. “Quand ce guichet a fer­mé, les habi­tants sont passés du jour au lende­main de ser­vices de prox­im­ité à des ser­vices… beau­coup plus éloignés.

Comme nom­bre de ter­ri­toires ruraux, ces quartiers pop­u­laires de Lyon sont aux pre­mières loges de la dégra­da­tion de l’accès aux ser­vices publics. “Il y a des gens à la cam­pagne qui sont plus près des guichets de La Poste que cer­tains habi­tants de Villeur­banne”, com­plète Gaë­tan Con­stant. “Pour se ren­dre à un bureau de poste, les habi­tants du quarti­er de Saint-Jean doivent désor­mais faire, au min­i­mum, trente min­utes de trans­port en com­mun.

Ter­ri­toire pop­u­laire et dense, Villeur­banne est aus­si his­torique­ment une terre d’accueil, qui compte aujourd’hui 13 % d’étrangers (con­tre 7 % en France) et 19 % d’immigrés (con­tre 10 % en France). L’absence de guichet de prox­im­ité et d’accueil physique a par­ti­c­ulière­ment frag­ilisé le droit des étrangers.

D’après La Cimade (Comité inter-mou­ve­ments auprès des évac­ués), “pour dépos­er une demande de titre de séjour ou procéder à son renou­velle­ment, un grand nom­bre de pré­fec­tures exi­gent une prise de ren­dez-vous par Inter­net”, comme c’est le cas à Villeur­banne. Si plusieurs asso­ci­a­tions ont ten­té d’alerter sur les fer­me­tures des guichets physiques, d’après La Cimade, la dématéri­al­i­sa­tion des deman­des de titres de séjour con­cerne aujourd’hui “la qua­si-total­ité des pré­fec­tures et sous‑préfectures français­es”.

À Greno­ble, à une cen­taine de kilo­mètres de la métro­pole de Lyon, cinq asso­ci­a­tions réu­nies dans le col­lec­tif Bouge ta pref’ 38 ont tout de même réus­si à se faire enten­dre. En mars 2025, elles ont gag­né un pre­mier recours devant le tri­bunal admin­is­tratif de Greno­ble con­tre la pré­fec­ture de l’Isère pour assur­er la mise en place d’un dis­posi­tif non dématéri­al­isé de prise de ren­dez-vous à la pré­fec­ture. Une pre­mière vic­toire qui s’ajoute aux pré­con­i­sa­tions du Con­seil d’État de garan­tir l’accès à “une solu­tion de sub­sti­tu­tion” au numérique pour les démarch­es qui con­cer­nent les droits des per­son­nes étrangères.

Mar­tine Fau­re Saint-Aman, prési­dente de la Cimade Auvergne Rhône Alpes  et mem­bre du col­lec­tif Bouge ta préf 38, est égale­ment inter­v­enue dans notre action Numéri­sa­tion des ser­vices publics : stop à la déshu­man­i­sa­tion ! en jan­vi­er 2025 à Villeubanne (pod­casts à retrou­ver dans le 1e débat). Nous avons par ailleurs relaté les vic­toires de la Cimade et de Bouge ta préf 38 à Greno­ble pour la défense de migrant.es face à la Pré­fec­ture.

Il y a désor­mais un écart entre les ser­vices de la mairie, qui offrent une alter­na­tive non numérique qua­si sys­té­ma­tique, et les démarch­es plus clas­siques qui con­cer­nent l’État”, con­state Maxime Paris, dont le témoignage fait écho aux mille ser­vices fis­caux de prox­im­ité qui ont dis­paru depuis les années 2010, d’après le dernier rap­port annuel pub­lié par le col­lec­tif Nos ser­vices publics.

Si la pro­gres­sion de la fer­me­ture des guichets de prox­im­ité est perçue comme “une source d’économie de per­son­nels dans les ser­vices publics” pour l’État, la com­mune de Villeur­banne est d’un tout autre avis. “La numéri­sa­tion crois­sante des ser­vices publics va à l’encontre d’un des piliers de la fonc­tion publique, selon lequel l’agent doit s’adapter à l’usager”, déplore Gaë­tan Con­stant. 

Au final, ce découpage mon­tre com­ment l’État s’est dédouané de ces ser­vices, puisque des employés munic­i­paux sont désor­mais rémunérés pour aider les gens à faire leur dossier de retraite pour la Carsat, leurs deman­des de papiers pour la pré­fec­ture ou leur demande d’allocations à la CAF…” D’autant que ces ser­vices numérisés ne sont ni moins chers ni plus sûrs.

“La numéri­sa­tion crois­sante des ser­vices publics va à l’encontre d’un des piliers de la fonc­tion publique, selon lequel l’agent doit s’adapter à l’usager”

Réalis­er ses démarch­es en ligne sig­ni­fie pay­er un ordi­na­teur et une con­nex­ion Inter­net, autant de “fac­tures pour accéder à un droit”, en plus d’exposer les usagers à des arnaques en ligne. Sans par­ler des entre­pris­es privées qui se fau­fi­lent dans ces angles morts. Des prestataires comme Wiz­bii pro­posent ain­si d’effectuer eux-mêmes les démarch­es en ligne pour obtenir des aides sociales, en échange d’ouvrir un compte dans une banque parte­naire…

Le site Bas­ta! a analysé com­ment le slo­gan du zéro papi­er (qui cou­vre le zéro accueil physique et la volon­té d’é­conomies du pou­voir au détri­ment du social) débouche sur des sites privés payants sup­posés aider les pau­vres, les jeunes… pour obtenir les allo­ca­tions aux­quelles ils ont droit. Nous repre­nions leur arti­cle dans Des sites payants pour obtenir ses presta­tions sociales !

En instau­rant ces ser­vices alter­nat­ifs et en le revendi­quant comme un droit, la munic­i­pal­ité espère que d’autres s’en empar­ent. En décem­bre 2023, une propo­si­tion de loi portée par la députée Danièle Obono (La France insoumise) por­tait déjà sur la réou­ver­ture des accueils physiques pour les ser­vices publics. “Le droit au non-numérique, c’est avant tout la réou­ver­ture des guichets d’accueil de prox­im­ité avec une per­son­ne physique ; cela devrait faire par­tie des droits instau­rés au niveau nation­al”, sou­tient Gaë­tan Con­stant.

Si cette propo­si­tion de loi n’a pas abouti (une autre, déposée par la députée San­drine Runel en avril 2025, est tou­jours en cours [1]), d’autres pays s’en sont sai­sis. La Cour con­sti­tu­tion­nelle belge vient tout récem­ment d’imposer, au nom du droit au non-numérique, aux admin­is­tra­tions régionales et com­mu­nales brux­el­lois­es des alter­na­tives physiques pour accéder aux ser­vices publics.

L’arrêt de la Cour Con­sti­tu­tion­nelle belge (sur laque­lle nous revien­drons) vient ren­forcer la vic­toire obtenue par les col­lec­tifs L’hu­main d’abord enWal­lonie. Mais il entre aus­si en réso­nance avec l’adop­tion par le Grand Con­seil de la République et du can­ton de Genève de la Loi con­sti­tu­tion­nellePour une pro­tec­tion forte de l’individu dans l’espace numérique.

Cela rejoint la reven­di­ca­tion d’un droit con­sti­tu­tion­nel à la vie sans coerci­tion numérique (soutenu par 54 000 alle­mands) et la let­tre ouverte européenne “Tout le monde doit avoir accès aux ser­vices essen­tiels sans pass­er néces­saire­ment par le numérique”, qui a recueil­li plus de 700 sig­na­tures d’or­gan­i­sa­tions et de chercheur.ses (dont celles de 147 français.es).

Nous avons reçu Daniel Flink­er, l’un des respon­s­ables de la cam­pagne belge L’hu­main d’abord (et de la let­tre ouverte européenne), lors de notre action Numéri­sa­tion des ser­vices publics : stop à la déshu­man­i­sa­tion ! en jan­vi­er 2025 à Villeubanne (pod­casts dans le 3e débat).

D’autres villes français­es, comme Stras­bourg [2] et Écul­ly (69), s’interrogent sur sa mise en place.

Nous présen­tions l’é­tude pour Ecul­ly Le “droit au non-numérique”, une piste de lutte con­tre la fragilité numérique ? (réal­isée par l’Obser­va­toire mét­ro­pol­i­tain des sol­i­dar­ités du Grand Lyon) dans notre arti­cle Emer­gence d’une reven­di­ca­tion : le droit de ne pas utilis­er Inter­net.

En par­al­lèle, la mairie de Villeur­banne a aus­si décidé de sécuris­er cer­tains ser­vices publics hors réseau, en con­ser­vant sys­té­ma­tique­ment des copies papi­er des doc­u­ments Cer­fa en cours, en plus d’avoir investi dans des serveurs dédiés en interne.

Enfin, les équipes munic­i­pales se pré­par­ent à une éventuelle arrivée de l’IA et des risques qu’elle pour­rait représen­ter pour l’instauration d’un droit au non-numérique en France – à l’image de l’introduction de l’IA à la direc­tion générale des finances publiques (DGFiP), qui n’a fait l’objet d’aucune con­cer­ta­tion avec les agents et les représen­tants du per­son­nel.

Nous avons relayé l’é­tude du syn­di­cat Sol­idaires Finances Publiques sur l’in­tro­duc­tion de l’IA aux impôts : au détri­ment des per­son­nels et des usagers.

Si le tra­vail réal­isé dans la com­mune con­stitue déjà un garde-fou, des citoyens ont été con­viés par la mairie pour échang­er sur le thème de l’IA dans l’administratif. Cette mini-assem­blée citoyenne a ensuite trans­mis ses inter­ro­ga­tions : “Quel est l’impact écologique de l’IA ? Son effet sur l’emploi, les usagers ? Quid des don­nées per­son­nelles ?” 

Pour Char­lotte Deligny, qui en était, “par­ticiper à ces temps de réflex­ion est une manière de com­pren­dre que l’IA n’est pas seule­ment sur les réseaux soci­aux, mais aus­si dans les mairies et les instances publiques”. Reste une ques­tion soulevée par les citoyens : “Serons-nous oblig­és d’y aller ?” 

Nous avons invité Jaoued Doudouh, respon­s­able de Pas sans Nous 38, et secré­taire nation­al de Pas sans nous sur les con­séquences de la dématéri­al­i­sa­tion des ser­vices publics pour les habitant.es des quartiers phé­riphériques (accès aux droits, éloigne­ment et déshu­man­i­sa­tion des admin­is­tra­tions…), ain­si que Valérie Pras, coor­di­na­trice de Chang­er de cap, col­lec­tif cri­tique sur l’usage du numérique à la CAF et ailleurs, lors de notre action Numéri­sa­tion des ser­vices publics : stop à la déshu­man­i­sa­tion ! en jan­vi­er 2025 à Villeubanne (pod­casts dans les 1e et 2e débats)

Le livre – écrit par 25 juristes européens (neuf belges, six polon­ais, trois français, une slo­vaque, un espag­nol, un estonien, un fin­landais, un suè­dois, un ital­ien, un grec) – The right not to use the Inter­net, (avril 2025, non traduit en français, libre­ment acces­si­ble en ligne), mon­tre l’uni­ver­sal­ité de la reven­di­ca­tion d’un accès non numérique aux ser­vices essen­tiels. Cer­tains des arti­cles énon­cent des propo­si­tions de réforme juridique.

Les travaux de la juriste belge Elise Degrave : “Il faut poli­tis­er le numérique pour éviter le crash” vont eux aus­si dans le sens de ce droit de ne pas utilis­er Inter­net.

[1] propo­si­tion de loi déposée en avril 2025 par la députée San­drine Runel et 71 co-sig­nataires pour “lut­ter con­tre le non-recours aux droits soci­aux”. Moins explicite que la précé­dente, elle vise à mod­i­fi­er le CRPA (Code des rela­tions entre le pub­lic et l’ad­min­is­tra­tion) en garan­tis­sant le main­tien des démarch­es papi­er et postale une fois qu’une démarche est dématéri­al­isée.

[2] La ville de Stras­bourg a voté en décem­bre 2024 une “Déc­la­ra­tion pour le droit à l’in­tégrité numérique des per­son­nes et la préser­va­tion de l’ac­cès aux ser­vices publics” qui reprend par­tielle­ment le principe d’un droit au non-numérique. Mais son inspi­ra­tion pron­ci­pale est plus le droit con­sti­tu­tion­nel à l’intégrité numérique des per­son­nes, voté à Genève le 22/09/2022.