Tout le monde déteste l’IA !

Image tirée du site Le diplo­mate

C’est le titre d’un arti­cle du Monde Diplo­ma­tique de juil­let que nous reprenons ci-dessous. Il par­le de l’IA de façon générale, mais beau­coup – par les exem­ples choi­sis – de l’IA généra­tive dont nous refu­sons l’usage pour nos pro­duc­tions. Il s’in­téresse aus­si beau­coup aux actions de con­tes­ta­tion aux USA, que nous ten­tions d’in­ven­to­ri­er dans cet arti­cle à par­tir d’autres sources.

Les investis­seurs n’ont d’yeux que pour elle ; ses archi­tectes toisent les chefs d’État ; son usage se propage comme le feu dans la plaine : l’intelligence arti­fi­cielle, dit-on, va trans­former l’humanité. Mais l’humanité le veut-elle ?

Face au Moloch numérique, qui exige le sac­ri­fice de l’emploi, du cli­mat et de la vie privée, les résis­tances se mul­ti­plient. Sauront-elles s’organiser alors que les grands par­tis, obnu­bilés par les machines, regar­dent ailleurs ?

Il y a une bataille, dehors, qui bat son plein. Elle ébran­lera bien­tôt vos fenêtres et sec­ouera vos murs.” L’air de cette chan­son de Bob Dylan sur les temps qui changent a‑t-il effleuré l’esprit de M. Eric Schmidt le 15 mai dernier ? Ce ven­dre­di-là, l’ancien prési­dent-directeur général de Google et ex-con­seiller du Pen­tagone avait revê­tu la coiffe à pom­pon, la toge à revers jaune et le sourire sat­is­fait pour dis­courir devant un parterre d’étudiants de l’université de Tuc­son, en Ari­zona, à l’occasion de la remise des diplômes. Était-ce la cinquan­tième ou la cen­tième fois qu’il débitait machi­nale­ment son topo sur l’intelligence-artificielle-qui-va-tout-bouleverser ?

Soudain, un con­cert de huées et de cris de rage l’interrompt, et le tohu-bohu redou­ble sitôt qu’il artic­ule ses let­tres fétich­es, “I” et “A”. Son sourire se fige en ric­tus. “Je sais ce que beau­coup d’entre vous ressen­tent. (…) Je com­prends cette peur, lance M. Schmidt — dont la for­tune dépasse 60 mil­liards de $ — à des étu­di­ants lestés d’une dette moyenne de 35 000 $, et dont l’IA men­ace d’annihiler les futurs emplois.

L’incident n’est pas isolé. Une houle con­tes­tataire enfle aux États-Unis con­tre le culte de l’automatisation, les rav­ages du tout-numérique, la pro­liféra­tion des cen­tres de don­nées, l’arrogance et le pou­voir des élites de la tech, la cor­rup­tion des élus qui se proster­nent à leurs pieds. Jet de cock­tail Molo­tov sur le domi­cile du fon­da­teur d’Ope­nAI en avril, tirs d’armes à feu con­tre celui d’un con­seiller munic­i­pal d’Indianapolis favor­able à l’installation d’un data cen­ter, man­i­fes­tions locales : les indices d’un grand ras-le-bol s’empilent.

Au moment où l’avant-garde du secteur — Ope­nAI, Anthrop­ic — annonce des entrées en Bourse, le Wall Street Jour­nal fris­sonne : “La seule chose qui croît plus vite que ce secteur de l’IA, c’est peut-être le sen­ti­ment négatif des Améri­cains à son égard [1].” À en croire les enquêtes d’opinion, c’est le cas d’une majorité d’entre eux ; plus des deux tiers jugent “trop rapi­de” le développe­ment de cette nou­velle tech­nolo­gie, y com­pris les 18–29 ans (64 %) [2].

Comme la plu­part des change­ments tech­nologiques majeurs, le défer­lement de l’IA sur les sociétés n’a fait l’objet d’aucune délibéra­tion col­lec­tive ni même d’une dis­cus­sion publique.

Le sché­ma n’a pas fon­da­men­tale­ment var­ié depuis la fin du XIXe siè­cle : les pou­voirs publics encour­a­gent ces impo­si­tions privées au nom d’une “mod­erni­sa­tion” qui con­siste à liq­uider les class­es “arriérées” soupçon­nées d’entraver la marche en avant économique — arti­sans, paysans, ouvri­ers, employés.

Mais, cette fois, l’ampleur et la rapid­ité du choc provo­quent une rébel­lion à la com­po­si­tion sociale inédite. Les nou­veaux lud­dites se recru­tent aus­si bien par­mi les étu­di­ants, les éleveurs, les catholiques gal­vanisés par l’encyclique papale Mag­nifi­ca human­i­tas, qui appelle à “désarmer l’IA, qu’au sein de la bour­geoisie nationale-con­ser­va­trice de type MAGA (“Make Amer­i­ca Great Again”). Pour le moment, rien n’agrège ces groupes dont les colères procè­dent de trois logiques dis­sem­blables.

La pre­mière, et la plus évi­dente, tient à la per­spec­tive d’un grand rem­place­ment des cadres et pro­fes­sions intel­lectuelles supérieures par des machines. Des secteurs qui avaient accueil­li la désin­dus­tri­al­i­sa­tion avec l’indifférence hau­taine que leur inspi­rait la foi dans l’“économie du savoir” se trou­vent à leur tour men­acés. La litanie des sup­pres­sions de postes dans la finance, le con­seil, l’ingénierie infor­ma­tique, l’architecture, la pro­gram­ma­tion ain­si que dans le monde de l’information, de la com­mu­ni­ca­tion et des arts, etc., provoque un dessille­ment bru­tal, en par­ti­c­uli­er chez les plus jeunes, que le sys­tème d’enseignement améri­cain fait entr­er sur le marché du tra­vail l’enclume de la dette au cou.

Dans l’ombre de ces pro­fes­sions chargées de met­tre en scène l’espace pub­lic, l’automatisation assombrit aus­si l’avenir de cohort­es d’invisibles : les employés admin­is­trat­ifs du privé comme du pub­lic, incar­na­tions des petites class­es moyennes, sou­vent très fémin­isées, dont les fonc­tions dites “sup­port” ou “d’arrière-boutique(back-office) se trou­vent con­fron­tées à une vague de numéri­sa­tion [3].

Si la classe dom­i­nante occi­den­tale avait pu se sat­is­faire du chô­mage des pro­lé­taires, qui pro­dui­saient beau­coup mais con­som­maient peu et fai­saient peser sur la vie poli­tique le sou­venir déplaisant des révo­lu­tions, la robo­t­i­sa­tion des métiers occupés par les pop­u­la­tions aisées intro­duit une dou­ble incon­nue dans l’équation socio-économique : com­ment faire tourn­er la machine si les groupes qui tirent la con­som­ma­tion intérieure s’appauvrissent ?

Com­ment per­pétuer le théâtre poli­tique si les couch­es-cibles des grands par­tis dépri­ment ou se rebel­lent [4] ? Bien sûr, les prophéties du déclasse­ment numérique han­taient déjà le salari­at dans les années 1990, et Inter­net a renou­velé plutôt qu’anéanti les class­es moyennes. Mais le séisme de l’IA s’annonce d’une tout autre mag­ni­tude.

Pen­dant que les écon­o­mistes libéraux prophé­tisent un ruis­selle­ment uni­versel de lait et de miel, l’un des spé­cial­istes mon­di­aux des effets de l’innovation prévient : “L’intelligence arti­fi­cielle devrait creuser l’écart entre les revenus du cap­i­tal et ceux du tra­vail [5].” Ses infra­struc­tures absorbent les investisse­ments au détri­ment des autres secteurs, ses val­ori­sa­tions bour­sières enrichissent les rich­es et lim­i­tent la lib­erté de con­tes­ta­tion de cette moitié des Améri­cains dont l’épargne et les retraites dépen­dent des marchés. Davan­tage de mil­liar­daires ou tous à la rue, l’alternative a de quoi enchanter. Les dirigeants de la Sil­i­con Val­ley, qui devi­nent une fin de soirée dif­fi­cile, récla­ment une forme de redis­tri­b­u­tion des béné­fices qui lim­it­erait la pro­lé­tari­sa­tion de leurs clients.

À la per­spec­tive du chô­mage des diplômés s’ajoute l’angoisse, cor­ro­sive bien que sta­tis­tique­ment invis­i­ble, d’être inutile au monde. Et trahi par ceux qui le diri­gent. Le pou­voir des élites non élues ali­mente une deux­ième forme de colère. L’affaire Mythos en four­nit une bonne illus­tra­tion. En avril dernier, la société Anthrop­ic choisit de ne pas ren­dre pub­lic Claude Mythos Pre­view, son dernier mod­èle d’IA, si puis­sant, pré­tend-elle, que des util­isa­teurs mal­in­ten­tion­nés pour­raient s’en servir pour com­pro­met­tre des infra­struc­tures infor­ma­tiques cri­tiques.

Éthique ou pro­mo­tion­nel, le geste a immé­di­ate­ment sus­cité un malaise bien résumé par la juriste Mar­i­ana Olaizo­la Rosen­blat : “Les sociétés démoc­ra­tiques ne devraient pas dépen­dre de la retenue morale des dirigeants d’entreprise lorsque l’enjeu con­cerne la sta­bil­ité de nos sys­tèmes financiers, de nos réseaux élec­triques, de nos hôpi­taux et de nos élec­tions [6].” Pen­dant qu’il est encore temps, “l’État doit inter­venir et légifér­er vigoureuse­ment, plaide-t-elle. C’est pré­cisé­ment ce que M. Don­ald Trump veut empêch­er afin de favoris­er les cham­pi­ons améri­cains dans leur com­péti­tion avec la Chine [7].

L’affrontement mon­di­al autour de l’IA a d’ailleurs incité la Mai­son Blanche à sus­pendre mi-juin l’accès des non-Améri­cains a une ver­sion bridée de Mythos. Soucieux d’évoluer dans un cadre clair et prévis­i­ble, le fon­da­teur d’Anthrop­ic réclame “une régle­men­ta­tion plus stricte et con­traig­nante de l’IA. Et M. Chris Lehane, directeur des affaires inter­na­tionales d’Ope­nAI, sug­gère que les intérêts imbriqués de l’État et de l’industrie numérique “néces­sit­eraient pour les gér­er la mise en place d’un nou­v­el hybride pub­lic-privé” [8]. Dans tous les cas, les impérat­ifs géopoli­tiques oblitèrent les con­sid­éra­tions démoc­ra­tiques.

Par-delà ses effets sur l’emploi, cette IA en roue libre dirigée par des supré­macistes tech­nologiques nour­rit l’idée d’une perte de con­trôle face à une tech­nolo­gie car­ac­térisée par son autonomie crois­sante — les mod­èles de généra­tion suiv­ante écriront eux-mêmes les lignes de code néces­saires à leur pro­pre per­fec­tion­nement… Évi­dente pour les dirigeants, ce genre de fuite en avant ne va pas de soi pour les autres.

Car le type même de rap­ports soci­aux qu’implique l’automatisation révolte le pub­lic, et en par­ti­c­uli­er ceux que l’hebdomadaire The Econ­o­mist (6 juin 2026) bap­tise avec épou­vante la “Gen Z social­iste” : sur­veil­lance général­isée, iné­gal­ités abyssales, indif­férence à l’environnement, cynisme des élites de la tech qui inter­dis­ent à leurs enfants les ser­vices qu’ils imposent au reste du monde, inter­ac­tions robo­t­isées pour les pau­vres et domes­tic­ité humaine pour les rich­es.

Manque à ce tableau idyllique le car­bu­rant de la machine : la puis­sance de cal­cul. Et donc les cen­tres de don­nées. Or une pro­por­tion crois­sante d’Américains — 70 % en mars selon Gallup — refusent l’implantation dans leur voisi­nage de ces instal­la­tions bruyantes, pol­lu­antes, qui dévorent les paysages, amputent les ter­res agri­coles, assèchent les nappes phréa­tiques, emploient peu de salariés et, surtout, font explos­er les prix de l’électricité.

Leur mul­ti­pli­ca­tion rend le sujet brûlant : les États-Unis comp­taient en avril dernier plus de 3 000 grands data cen­ters opéra­tionnels, essen­tielle­ment dans des aires urbaines, mais les 1 500 sup­plé­men­taires en cours de con­struc­tion se situent aux deux tiers en zones rurales, en par­ti­c­uli­er dans le Sud et le Mid­west [9]. Ces pro­jets — qui ne répon­dent pas à un besoin au moment de leur mise en chantier — anticipent la crois­sance expo­nen­tielle de l’IA : le pari d’un avenir virtuel déglingue la vie réelle.

Con­traire­ment aux deux pre­mières, cette troisième com­posante de la colère con­tre l’IA s’appuie sur des com­mu­nautés locales, des mobil­i­sa­tions tan­gi­bles ain­si que sur une base soci­ologique­ment diver­si­fiée et transpar­ti­sane : mères de famille inquiètes pour l’environnement, chré­tiens du Texas, fer­miers, ouvri­ers répub­li­cains, tech­ni­ciens des télé­com­mu­ni­ca­tions, mil­i­tants pro­gres­sistes.

Le niveau d’opposition ne varie pas sig­ni­fica­tive­ment en fonc­tion de l’âge, de l’origine eth­nique, du niveau d’études, du revenu ou du degré d’urbanisation, observe l’enquête de Gallup pub­liée le 13 mai dernier. “L’affrontement n’oppose pas la droite à la gauche, les démoc­rates aux répub­li­cains, les ban­lieues à la cam­pagne. En réal­ité, c’est le haut con­tre le bas, explique M. Saul Levin, un activiste inter­rogé par le jour­nal­iste Andrew Cock­burn.

Son enquête à Saline, une petite ville du Michi­gan où doit s’implanter un data cen­ter à 16 mil­liards de dol­lars, mon­tre la dis­tance qui s’installe entre, d’un côté, les élus décon­certés par l’opposition locale, les pontes de la tech qui dépêchent avo­cats et lob­by­istes pour les dis­suad­er d’agir, les dirigeants de com­pag­nies d’électricité qui font mon­ter les prix, et, de l’autre, des admin­istrés massés dans les mairies qui sec­ouent leurs représen­tants [10]. La plu­part ne s’étaient jamais mobil­isés. Un peu comme les “gilets jaunes” en France en 2018–2019, ils se sen­tent trompés par les politi­ciens et décou­vrent la puis­sance de l’action col­lec­tive.

Le site DataCenterWatch.org dénom­bre 142 groupes mil­i­tants dans 24 États. Au cours du seul pre­mier trimestre 2026, 75 pro­jets ont été blo­qués ou retardés pour une valeur estimée à 130 mil­liards de $, con­tre 48 pro­jets ajournés ou annulés pour 156 mil­liards de $ au cours de l’année 2025. “Les élus de plus de dix États ont déposé cette année des pro­jets de loi visant à sus­pendre la con­struc­tion, rap­por­tait début juin le Wash­ing­ton Post. Et “les habi­tants de Mon­terey Park, en Cal­i­fornie, ont approu­vé la pre­mière inter­dic­tion per­ma­nente des cen­tres de don­nées, avec plus de 86 % des suf­frages” [11].

Alors qu’édiles locaux et par­lemen­taires accueil­laient avec des cris d’amour et d’exubérantes exonéra­tions fis­cales ces cathé­drales numériques louangées par M. Trump, l’aversion qu’elles sus­ci­tent désor­mais con­stitue un enjeu des élec­tions de mi-man­dat. Pour­tant, à l’exception de quelques fig­ures de gauche (MM. Bernie Sanders et Ro Khan­na, Mme Alexan­dria Oca­sio-Cortez, par­ti­sans d’un mora­toire dans la con­struc­tion des data cen­ters) ou répub­li­caines (M. Ronald DeSan­tis, Mme Mar­jorie Tay­lor Greene), la con­tes­ta­tion pop­u­laire ne trou­ve qu’un relais lim­ité, y com­pris chez les démoc­rates. La pres­sion des indus­triels, les cam­pagnes de dén­i­gre­ment financées par les lob­bys et l’influence de cer­tains syn­di­cats favor­ables aux instal­la­tions douchent les vel­léités oppo­si­tion­nelles.

Tou­jours à l’affût d’un élixir qui revi­talis­erait un mou­ve­ment MAGA débous­solé par l’aventurisme mil­i­taire de M. Trump et sa dévo­tion pour les mil­liar­daires de la tech, l’ancien stratège de la Mai­son Blanche Steve Ban­non a, lui, pub­lié en avril une let­tre signée d’une soix­an­taine de per­son­nal­ités con­ser­va­tri­ces proches du prési­dent améri­cain pour exhort­er ce dernier à régle­menter l’IA. “Nous savons que nous ne pou­vons pas compter sur ces entre­pris­es pour s’autoréguler, explique le doc­u­ment.

La mis­sive était conçue comme une rampe de lance­ment de “Humans First”, décli­nai­son numérique d’“Amer­i­ca First” : “Les mon­di­al­istes du numérique cherchent à détourn­er notre mou­ve­ment pour pouss­er Wash­ing­ton à faire pass­er les géants de l’IA avant le peu­ple améri­cain. Humans First mar­que le début de la lutte pour recon­quérir notre pays.” Pen­dant que les par­tis ter­gi­versent, l’extrême droite tente sa chance…

Déjà, la bataille dépasse le cadre améri­cain. L’IA et les data cen­ters mobilisent au Chili, au Mex­ique, en Espagne. En France, où M. Emmanuel Macron abaisse le marchep­ied aux indus­triels du numérique, le foi­son­nement des cen­tres de don­nées à Mar­seille, Greno­ble, en Seine-et-Marne, dans les Hauts-de-France, etc., attise le mécon­tente­ment des riverains et favorise l’éclosion de col­lec­tifs d’opposants.

Si l’impopularité abyssale du prési­dent de la République ne joue pas en faveur de son IA chérie, la pour­suite de la numéri­sa­tion à marche for­cée reste étrange­ment absente de la cam­pagne élec­torale qui démarre. Après la pro­priété, le libre-échange, l’intégration européenne ou l’Alliance atlan­tique, cette ques­tion compte-t-elle désor­mais au nom­bre des sujets sur lesquels le vote n’a pas prise ? La peur de rater l’avenir, la mau­vaise répu­ta­tion de mou­ve­ments poli­tique­ment hétérogènes, l’attrait d’une feinte sou­veraineté faite d’infrastructures certes locales mais qui tour­nent sur des puces améri­caines Nvidia anesthésient le sens cri­tique des meilleures volon­tés.

L’humain d’abord” ou “Humans first”, pop­ulisme pop­u­laire ou nation­al­isme réac­tion­naire, “gilets jaunes” ou Tea Par­ty : le des­tin du soulève­ment con­tre les machines pose l’une des grandes ques­tions poli­tiques de notre temps.

[* Ici, le terme Humans first (“L’hu­main d’abord”) fait référence à cette ten­ta­tive de récupéra­tion de l’extrême droite améri­caine. La même appel­la­tion est util­isée par une cam­pagne belge bien plus sym­pa­thique, antérieure et qui a tout notre sou­tien !]

Notes

[1] Amrith Ramku­mar, Kather­ine Blunt et Lind­say Ellis, “The Amer­i­can rebel­lion against AI Is gain­ing steam”, The Wall Street Jour­nal, 18 mai 2026

[2] Mike Allen, “AI hate wave is here”, Axios, 17 mai 2026

[3] Ben Cas­sel­man, “For­get about coders. The real A.I. threat is in the back office”, The New York Times, 15 juin 2026

[4] Lire Frédéric Lor­don, “Marx va avoir rai­son (IA et lutte des class­es)”, La pompe à phy­nance, Les blogs du Dip­lo, 2 mars 2026

[5] Daron Ace­moglu, “The sim­ple macro­eco­nom­ics of AI”, NBER work­ing paper, mai 2024

[6] Mar­i­ana Olaizo­la Rosen­blat, “The gov­er­nance gap Mythos exposed — And how to address it”, Just Secu­ri­ty, 29 avril 2026

[7] Lire Evge­ny Moro­zov, “Face à la Chine, l’Amérique a un plan”, Le Monde diplo­ma­tique, juin 2026

[8] Respec­tive­ment Dario Amod­ei, “Politi­cy on the AI expo­nen­tial”, Dario Amod­ei, juin 2026, et Axios, 13 mai 2026

[9] Skyler Seets et Kait­lyn Radde, “Most new data cen­ters in the U.S. are com­ing to rur­al areas”, Pew Research Cen­ter, 13 avril 2026. D’autres sources dénom­brent davan­tage d’installations

[10] Andrew Cock­burn, “The data-cen­ter divide. Why politi­cians are squan­der­ing the anti-AI back­lash”, Harper’s, juin 2026

[11] Liz Good­win et Riley Beg­gin, “Why most politi­cians are not call­ing for data cen­ter bans despite voter’s anger”, The Wash­ing­ton Post, 7 juin 2026

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