Appel du 18 octobre à entrer en résistance contre les data centers

Le col­lec­tif mar­seil­lais “Le nuage était sous nos pieds”, qui recense déjà l’ensem­ble des data cen­ters implan­tés en France dans une carte, coor­donne l’ac­tion de 14 col­lec­tifs locaux opposés à de nou­velles implan­ta­tions par cet appel du 18 octo­bre (voir texte ci-dessous). Une tri­bune de cer­tains de ces col­lec­tifs est aus­si parue dans Le Monde le 20/10 (en dessous).

Cette volon­té de struc­tura­tion du mou­ve­ment rejoint l’ini­tia­tive européenne Stop Dirty Data Cen­tres qui organ­ise une action coor­don­née les 6 et 7 novem­bre. Des col­lec­tifs français l’ont rejoint pour la con­tes­ta­tion d’im­plan­ta­tions à Mar­seille, Les Pennes-Mirabeau, Paris (5e), Les Lilas, Aubervil­liers, Evry-Cour­couronnes, Fou­ju, Thoiry.

Ceci est à rap­procher des con­tes­ta­tions organ­isées aux Etats-Unis, recen­sées nationale­ment par plusieurs site : par exem­ple le Data Cen­ter Watch ou celui d’Erin Brock­ovich, célèbre lanceuse d’alertes. Là-bas, l’op­po­si­tion aux data cen­ters tend à agglomér­er d’autres luttes (con­tre le nucléaire, l’ICE, les LAPI [lecteurs automa­tisés de plaques d’im­ma­tric­u­la­tion, qui repèrent dans les véhicules tous les objets con­nec­tés]), et rejoint aus­si une cam­pagne plus poli­tique anti-Trump et anti-big tech, pour les ser­vices publics, la pro­tec­tion de l’en­vi­ron­nement…

Cette contes­ta­tion des data cen­ters s’é­tend au monde entier, notam­ment dans des pays du “sud glob­al” qui subis­sent cette nou­velle coloni­sa­tion. Pour notre part nous y con­tribuerons prochaine­ment (le 15 décem­bre à Plan­foy) lors d’un débat autour du livre “Les assoif­feurs” et avec la par­tic­i­pa­tion du col­lec­tif Assez DC qui con­teste l’im­plan­ta­tion d’un méga data cen­ter à Roval­tain (26).

Appel du 18 octo­bre

Dimanche 18 octo­bre 2026, qua­torze col­lec­tifs issus de toute la France ont lancé un appel com­mun “à entr­er en résis­tance con­tre les data cen­ters” lors de la mobil­i­sa­tion organ­isée par le Col­lec­tif Ozans dire non, sur les lieux du pro­jet de data cen­ter de Google, à côté de Château­roux.

Alors que le vivant sur Terre est de plus en plus men­acé, les géants de la tech’ se jet­tent à corps per­du dans le développe­ment incon­trôlé des intel­li­gences arti­fi­cielles, en dépit de l’intérêt général et au prof­it de quelques-uns.

Nous dénonçons :

  • l’infrastructure gigan­tesque de ces pro­jets, qui s’accaparent des mil­liers d’hectares de terre cul­tivables, met­tent en péril notre sou­veraineté ali­men­taire, aggravent les ten­sions sur le fonci­er agri­cole et entraî­nent la destruc­tion d’espaces naturels (bois, forêts, marais…) indis­pens­ables à la bio­di­ver­sité
  • le mépris des habitant·es et col­lec­tiv­ités par les porteur·euses de pro­jets et l’absence de prise en compte des besoins des ter­ri­toires avec des implan­ta­tions de pro­jets dans des zones con­sid­érées comme vides ou sin­istrées
  • les atteintes à la san­té pour les habitant.e.s et le vivant voisins : pol­lu­tions sonore, lumineuse, de l’air, des sols et de l’eau, dis­per­sion de gaz à effet de serre et de pol­lu­ants éter­nels (PFAS), réchauf­fe­ment local de l’environnement
  • l’utilisation de dis­cours men­songers visant à endormir la pop­u­la­tion, avec l’utilisation de ter­mes ras­sur­ants comme “Fer­mes de don­nées”, “Cam­pus numérique”, “Green Data Cen­ter”, ou des ter­mes tech­niques comme “Hyper­scale”, et même “Data Cen­ter opti­misé”
  • la pres­sion insen­sée et quo­ti­di­enne des lob­bies et le con­tourne­ment du droit à un envi­ron­nement sain et de l’objectif de “zéro arti­fi­cial­i­sa­tion nette” par des manœu­vres telles que la déc­la­ra­tion en tant que “Pro­jet d’Envergure Régionale” ou “Pro­jet d’Intérêt Nation­al Majeur”
  • l’absence d’anticipation des coûts publics, les promess­es d’emplois tou­jours sures­timées par les por­teurs de pro­jet de Data Cen­ters, et jamais mis­es en regard de l’ampleur des destruc­tions d’emplois causées par l’IA
  • des con­séquences néfastes avérées sur le développe­ment humain, l’éducation, l’information, la cul­ture, et la cohé­sion sociale ; le pil­lage sys­té­ma­tique des fruits du tra­vail, de la créa­tiv­ité et de l’intelligence humaine sans aucun respect ni con­trepar­tie pour les auteur·ices
  • l’utilisation de ces tech­nolo­gies à des fins de sur­veil­lance général­isée, d’actions de pro­pa­gande et de manip­u­la­tion des électeur·ices ; ou sur des ter­rains de guerre, per­me­t­tant une dére­spon­s­abil­i­sa­tion tou­jours plus avancée des armées vis-à-vis des mas­sacres com­mis
  • la quan­tité démesurée de matéri­aux, d’eau et d’énergie engloutie par ces pro­jets, générant de fortes ten­sions voire des con­flits d’usage pour l’approvisionnement des secteurs publics et privés, dans un con­texte déjà frag­ilisé par les sécher­ess­es de plus en plus fréquentes et pré­co­ces
  • la pour­suite d’un extrac­tivisme forcené, qui tue, mal­traite, dépos­sède, affame des pop­u­la­tions un peu partout dans le monde pour aug­menter les stocks de min­erais et ter­res rares néces­saires aux com­posants élec­tron­iques des Data Cen­ters et super­cal­cu­la­teurs
  • les investisse­ments pharaoniques con­sacrés à cette nou­velle tech­nolo­gie, qui s’apparentent à une fuite en avant du cap­i­tal­isme au nom d’un soi-dis­ant “pro­grès” pou­vant aboutir à un éclate­ment de la bulle spécu­la­tive de l’IA
  • une absence totale de maîtrise tech­nologique dénon­cée par des spé­cial­istes de la sécu­rité de l’IA lanceur·euses d’alerte, avec des dan­gers déjà con­statés de pertes de con­trôle ayant un impact sur les infra­struc­tures.

Nous, citoyen·nes réuni·es ce jour à Château­roux, lançons un appel solen­nel à la société toute entière, aux organ­i­sa­tions poli­tiques, syn­di­cales, asso­cia­tives à se mobilis­er. Il est indis­pens­able que nous pre­nions le temps de choisir sur quelles voies s’engager et sur lesquelles nous devons refuser d’aller.

Au vu de la grav­ité de la sit­u­a­tion, il est urgent d’agir à tous les niveaux.

Nous appelons :
  • Les élu·es à exiger un mora­toire et un débat démoc­ra­tique sur l’intégralité des pro­jets de Data Cen­ters,
  • Les par­tis poli­tiques à cess­er de cul­tiv­er l’ambiguïté en se posi­tion­nant claire­ment,
  • Les asso­ci­a­tions et syn­di­cats à soutenir juridique­ment, finan­cière­ment, matérielle­ment et poli­tique­ment les luttes,
  • Chacun·e à entr­er en résis­tance par une diver­sité de moyens et à rejoin­dre les col­lec­tifs s’opposant à des pro­jets de Data Cen­ters sur tout le ter­ri­toire.

Château­roux, le 18 octo­bre 2026

Les pre­miers Col­lec­tifs sig­nataires :

Col­lec­tif Assez dat­a­cen­ter Roval­tain – Valence (26) ; Col­lec­tif IA pas moyen – Alsace ; Col­lec­tif Non au Data Cen­ter de Rantigny (60) ; Col­lec­tif Ozans dire NON ! – Château­roux ; Col­lec­tif Stop Cam­pus IA – Fou­ju (77) ; Col­lec­tif ViVantes – Bessé-sur-Braye (72) et Bon­n­e­veau (41) ; Noyelles-sous-Bel­lonne Anti-Data Cen­ter (62) ; L’Atelier Paysan (38) ; Le Nuage était sous nous pieds (13) ; Les Soulève­ments de la Terre – Lille ; Les Soulève­ments de la Terre – Indre (36) ; XR (Extinc­tion Rébel­lion) – Lille ; Les Amis de la Terre Drôme ; Mou­ve­ment Nation­al de Lutte pour l’Environnement – Réseau Human­ité et Nature ; Ter­res de Luttes ; Le CIQ de l’Es­taque Gare (13)

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