Vidéoverbalisation illégale à Genilac

En jan­vi­er, Olivi­er, un habi­tant de Geni­lac (com­mune d’en­v­i­ron 4000 habitant.es dans la Loire) se voit vidéover­bal­isé : 90 € d’a­mende et sup­pres­sion de 4 points sur son per­mis. Il n’est en fait pas le seul : suite à dif­férents con­tacts, ce serait env­i­ron 70 habitant.es qui seraient concerné.es par la même sanc­tion illé­gale, attribuée par la police munic­i­pale à par­tir de la même caméra implan­tée dans un endroit sans risques majeurs.

Très scan­dal­isé par la méth­ode, il se ren­seigne : auprès de notre col­lec­tif, de La Quad­ra­ture du net (qui a pro­duit un guide très com­plet sur ces ques­tions, cer­tains points ayant cepen­dant évolués depuis), de la Ligue des Droits de l’Homme… Il appa­rait très vite que la mairie n’a pas respec­té les procé­dures juridiques en vigueur.

En effet, les arti­cles L. 251–1 et suiv­ants du code de la sécu­rité intérieure fix­ent que tout dis­posi­tif de ce type doit être autorisé par un arrêté pré­fec­toral (disponible dans les recueil des actes admin­is­trat­ifs de chaque pré­fec­ture sur leur site inter­net), à deux niveaux : d’abord pour autoris­er la vidéo­sur­veil­lance, puis pour pou­voir vidéover­balis­er.

La mairie de Geni­lac ne peut donc pas met­tre en place un dis­posi­tif de vidéo­sur­veil­lance de l’e­space pub­lic sans arrêté du préfet de la Loire l’y autorisant. Si elle en décide autrement, elle com­met un délit. Par ailleurs, toute per­son­ne ayant accès aux images doit être habil­itée (arti­cles L. 252–2 et R. 253–3 du code de la sécu­rité intérieure). Si elle accéde à ces images sans en être habil­itée, elle com­met là aus­si un délit.

Dans le cas présent, c’est donc le deux­ième arrêté pré­fec­toral que la mairie n’a pas obtenu : celui de l’au­tori­sa­tion de vidéover­balis­er.

Mais, si le maire est obligé de recon­naître cette illé­gal­ité, Olivi­er ayant payé, il doit oblig­a­toire­ment pass­er par la procé­dure fixée par l’AN­TAI (Agence Nationale de Traite­ment Automa­tisé des Infrac­tions), très lourde…

Olivi­er n’en reste pas là : il a porté plainte auprès de la CNIL et auprès du Pro­cureur de la République. Un col­lec­tif est en voie de con­sti­tu­tion, qui a déjà lancé une péti­tion.