France Travail, fuite de données : demandons des comptes à l’administration !

Chang­er de cap vient de sor­tir un com­mu­niqué sur la gigan­tesque fuite de don­nées de France Tra­vail que nous relayons dans cet arti­cle. Le col­lec­tif demande à ce que toute la lumière soit faite sur la respon­s­abil­ité de France Tra­vail et de ses prestataires. Nous soutenons et nous asso­cions à cette demande !

En mars dernier, France Tra­vail (ex-Pôle Emploi) a été la cible d’une cyber­at­taque, la base de don­nées extraite con­tient “les don­nées per­son­nelles d’i­den­ti­fi­ca­tion des per­son­nes actuelles inscrites”, mais aus­si “des per­son­nes inscrites au cours des 20 dernières années” ain­si que “des per­son­nes non inscrites sur la liste des deman­deurs d’emploi mais ayant un espace can­di­dat sur francetravail.fr”.

Dans ces don­nées on trou­ve : les noms, prénoms, date de nais­sance, iden­ti­fi­ant France Tra­vail, adress­es mails et postales, numéro de télé­phone et… le numéro de sécu­rité sociale !

Si les mots de passe et coor­don­nées ban­caires ne sont pas con­cernées, il y a d’énormes risques d’hameçon­nage (phish­ing) et d’usurpa­tion d’i­den­tité pour les vic­times du piratage.

Ce n’est pas la pre­mière fois que Pôle Emploi subi un piratage. Toute­fois dernière­ment ces attaques sem­blent se mul­ti­pli­er. Début févri­er, une cyber­at­taque chez Viamedis et Almerys (des prestataires de tiers payant pour les mutuelles) avait déjà exposé les don­nées de 33 mil­lions d’as­surés avec un mode opéra­toire assez sem­blable. Début mars, c’est le site de la CAF qui s’est fait pirater.

Comme l’a récem­ment expliqué dans le media Blast Bastien Le Quer­rec, juriste à la Quad­ra­ture du Net, cette fuite de don­née était inévitable et risque à l’avenir de se repro­duire, si les poli­tiques con­tin­u­ent de priv­ilégi­er l’in­ter­con­nex­ion des don­nées et la sur­veil­lance au détri­ment de l’ac­com­pa­g­ne­ment social.

En effet, comme nous l’avons déjà sig­nalé dans un arti­cle l’an­née dernière, le sys­tème de Pôle Emploi n’est pas du tout sécurisé.

Par ailleurs, l’in­ter­con­nex­ion des don­nées et la général­i­sa­tion de l’u­til­i­sa­tion du numéro de sécu­rité sociale comme moyen de con­nex­ion, va à l’en­con­tre de toutes les règles de cyber­sécu­rité de base. Un point qui a été souligné sur Europe 1 par Antonin Hily, expert en cyber­sécu­rité.

Face à ces fuites de plus en plus mas­sives, la seule solu­tion est de nous mobilis­er col­lec­tive­ment !

L’État se sert de nos données personnelles, il doit les protéger et respecter nos droits

43 mil­lions ! C’est le nom­bre record de per­son­nes « poten­tielle­ment » con­cernées par la dernière cyber­at­taque d’un ser­vice pub­lic et l’exfiltration de leurs don­nées per­son­nelles : nom, prénom, date et lieu de nais­sance, numéro de Sécu­rité sociale, iden­ti­fi­ant France Tra­vail (Pôle emploi), adress­es email et postale, numéro de télé­phone. La totale ! Ou presque : côté admin­is­tra­tion française, on a tenu à pré­cis­er que les coor­don­nées ban­caires n’ont pas été dérobées.

Quelle que soit la cause du piratage, ces don­nées per­son­nelles, qui per­me­t­tent de tous nous iden­ti­fi­er, doivent être pro­tégées, dans tous les cas et à plus forte rai­son lorsqu’il s’agit de ser­vices de l’État ! Le piratage de France Tra­vail et de Cap Emploi, un organ­isme de place­ment spé­cial­isé, en l’occurrence ici chargé d’une mis­sion de ser­vice pub­lic dans le champ de l’insertion pro­fes­sion­nelle des per­son­nes hand­i­capées, n’est que le dernier d’une liste qui com­mence à être longue et inter­roge sur la sécu­rité de nos don­nées per­son­nelles au sein même d’administrations qui grâce à la col­lecte, au traite­ment et au partage de ces mêmes don­nées, savent tout de nous, ou qua­si­ment.

Nos données personnelles dans la nature, la liste s’allonge

En jan­vi­er 2023, on appre­nait que les don­nées per­son­nelles de plus de 10 000 allo­cataires de la CAF de Gironde étaient disponibles sur le site d’un prestataire privé pen­dant presque deux ans.

En août 2023, une cyber­at­taque visant un prestataire privé de Pôle Emploi, Majorel en l’occurrence (spé­cial­isé dans la ges­tion de la rela­tion client), aboutit au vol des don­nées per­son­nelles de 10 mil­lions d’usagers… et à la mise en vente de leurs noms et prénoms, numéro de Sécu­rité sociale et statut de deman­deur d’emploi sur le dark­net.

Pré­cisons à ce stade que le prin­ci­pal risque d’un vol de don­nées per­son­nelles est l’usurpation d’identité, avec son cortège de galères : comptes per­son­nels per­dus, récep­tion d’emails et de SMS d’hameçonnage, ten­ta­tives d’escroquerie, ouver­ture de comptes ban­caires au nom des vic­times…

Ajou­tons — même si cette cyber­at­taque-là ne con­cerne pas des ser­vices publics, mais des com­plé­men­taires san­té — le vol des don­nées (état civ­il, date de nais­sance, numéro de sécu­rité sociale, nom de l’assureur…) d’au moins 33 mil­lions d’assurés soci­aux en févri­er dernier. Cette fois-ci, des géants de la ges­tion du tiers payant — et ain­si de nos cartes vitales — ont été les cibles des hack­ers.

Et donc en mars 2023, c’est le tout nou­veau France Tra­vail (ex-Pôle Emploi) qui nous sig­nale que les don­nées per­son­nelles de 43 mil­lions de per­son­nes se sont éva­porées dans la nature. Y com­pris celles d’anciens deman­deurs d’emploi… jusqu’à 20 ans en arrière. France Tra­vail jus­ti­fie cette durée de con­ser­va­tion par une « con­for­mité au Code du tra­vail » pour per­me­t­tre aux deman­deurs d’emploi de con­stituer leur dossier retraite en temps voulu.

Con­serv­er aus­si longue­ment des don­nées per­son­nelles inter­roge toute­fois vis-à-vis d’un principe de base du RGPD (Règle­ment général de la pro­tec­tion des don­nées) : la stricte lim­i­ta­tion de la durée de con­ser­va­tion des don­nées per­son­nelles.

Dire que cela commence à faire — vraiment — beaucoup est un euphémisme

Doit-on rap­pel­er aux admin­is­tra­tions ici citées — et aux autres — que la loi Infor­ma­tique et Lib­ertés ain­si que le RGPD, dans ses arti­cles 33 et 34, leur impose de « prévenir toute vio­la­tion de don­nées per­son­nelles » ? C’est-à-dire de met­tre en place des proces­sus de sécu­rité dignes d’un organ­isme éta­tique, qui en sait beau­coup sur nos conci­toyennes et conci­toyens. Et que cette vio­la­tion est définie par la CNIL comme « Tout inci­dent de sécu­rité, d’origine malveil­lante ou non et se pro­duisant de manière inten­tion­nelle ou non, ayant comme con­séquence de com­pro­met­tre l’intégrité, la con­fi­den­tial­ité ou la disponi­bil­ité de don­nées per­son­nelles » ?

Pire, France Tra­vail comme l’était Pôle Emploi et comme le sont tous les organ­ismes soci­aux, fait par­tie des Opéra­teurs de Ser­vices Essen­tiels (OSE) soumis à des règles par­ti­c­ulières en matière de sécu­rité de leurs réseaux infor­ma­tiques. L’organisme de ser­vice pub­lic est tenu de suiv­re les « recom­man­da­tions pour la pro­tec­tion des sys­tèmes d’information essen­tiels » issues d’une direc­tive européenne (Net­work and Infor­ma­tion Sys­tem Secu­ri­ty) et trans­mis­es par l’ANSSI, l’Agence nationale de sécu­rité des sys­tèmes infor­ma­tiques. Nous voilà « ras­surés » !

Et pour­tant, ce n’est man­i­feste­ment pas faute d’avoir prévenu, et notam­ment France Tra­vail. L’organisme a été créé au 1er jan­vi­er 2024 pour se sub­stituer à Pôle Emploi et inté­gr­er en plus des deman­deurs d’emploi, les allo­cataires du RSA (pour les fameuses 15 heures d’activité) ain­si que leurs con­joints, et encore les jeunes inscrits dans une Mis­sion locale en recherche d’emploi et les per­son­nes en sit­u­a­tion de hand­i­cap suiv­ies par Cap emploi. De quoi aigu­is­er cer­tains appétits ?

Sur les réseaux soci­aux, des failles de sécu­rité dans les out­ils numériques des admin­is­tra­tions (et autres) sont régulière­ment dénon­cées par des pas­sion­nés spé­cial­istes de cyber­sécu­rité. Cer­tains s’étaient d’ailleurs exprimés fin févri­er, invi­tant France Tra­vail à cor­riger des dys­fonc­tion­nements dans le sys­tème d’information, « avant qu’un drame nation­al n’arrive ».

Le 26 févri­er juste­ment, le vol des don­nées per­son­nelles était en cours, puisque la cyber­at­taque se serait déroulée entre le 6 févri­er et le 5 mars. Dans un com­mu­niqué, France Tra­vail explique que le piratage a été ren­du pos­si­ble par une « usurpa­tion d’identité de con­seillers Cap Emploi ». Cela révèle donc que par les out­ils infor­ma­tiques d’un « sim­ple » con­seiller Cap Emploi, il est pos­si­ble d’accéder aux don­nées des actuels et anciens usagers de France Tra­vail, qu’ils soient ou non en sit­u­a­tion de hand­i­cap (le pub­lic de Cap Emploi), qu’ils soient ou non accom­pa­g­nés par l’organisme (sa mis­sion).

43 mil­lions de per­son­nes !

Comme le pré­cise la CGT DSI de France Tra­vail (via Yann Gaudin sur X), ces usurpa­tions d’identité résul­tent bien de l’exploitation de failles de sécu­rité dans le sys­tème d’information de France Tra­vail, et notam­ment dans l’interconnexion avec les prestataires. La CGT DSI révèle ain­si que l’analyse des risques réal­isée lors du pro­jet de con­nex­ion du parte­naire Cap Emploi en 2022 iden­ti­fi­ait déjà le risque d’usurpation d’identité avec un indice d’alerte 4 (max­i­mum). La pré­con­i­sa­tion pour pal­li­er ce risque de met­tre en place une iden­ti­fi­ca­tion à deux fac­teurs, con­for­mé­ment aux exi­gences de l’ANSSI, n’a jamais été mise en place.

Comment justifier une telle désinvolture dans la gestion des accès aux données ?

La respon­s­abil­ité de France Tra­vail dans cette cyber­at­taque est égale­ment min­imisée dans la com­mu­ni­ca­tion et dans les suites don­nées à l’affaire. Le juriste spé­cial­isé en droit du numérique Guil­laume Cham­peau relève sur LinkedIn que cybermalveillance.gouv.fr présente France Tra­vail comme « vic­time d’une attaque infor­ma­tique », et que l’enquête prélim­i­naire de la police judi­ci­aire de Paris porte sur les « infrac­tions d’atteintes à des sys­tèmes de traite­ment automa­tisé de don­nées, col­lecte fraud­uleuse de don­nées à car­ac­tère per­son­nel et recel de bien provenant d’un délit ». La com­mu­ni­ca­tion désigne donc France Tra­vail comme une pure et inno­cente vic­time.

Sur la forme tou­jours, et comme la régle­men­ta­tion les y oblige, France Tra­vail et Cap Emploi ont noti­fié cette vio­la­tion de don­nées à la CNIL dans un délai de 72 heures, c’est-à-dire le 8 mars. L’affaire n’a été ren­due publique que cinq jours plus tard, alors que l’information des per­son­nes con­cernées doit se faire « dans les meilleurs délais » à par­tir du moment où la vio­la­tion entraîne un « risque élevé pour les droits et lib­ertés des per­son­nes con­cernées » — ce qui est man­i­feste­ment le cas. Depuis, notons que France Tra­vail a ouvert une ligne télé­phonique dédiée via le 3949 pour informer les per­son­nes inquiètes… dans la mesure des con­nais­sances des con­seillers qui répon­dent.

Le min­istère de l’Intérieur pro­pose égale­ment une let­tre-plainte sous forme de for­mu­laire en ligne, mais là encore, la respon­s­abil­ité de France Tra­vail n’est pas men­tion­née. Il s’agit d’une plainte con­tre X, l’enquête et le for­mu­laire « Let­tre de plainte » pro­posé sur Démarches-Simplifiées.fr por­tent sur les per­son­nes ayant com­mis l’attaque. Or, comme le rap­pelle Guil­laume Cham­peau sur LinkedIn, le fait de procéder à un traite­ment de don­nées per­son­nelles sans l’encadrer de mesures de sécu­rité suff­isantes est puni par le Code pénal (arti­cle 226–17). Ce délit pénal est puni de 5 ans de prison et de 300 000 euros d’amende.

Les vraies victimes sont les demandeurs et anciens demandeurs d’emploi, quel est leur degré d’information ?

Sur son site, la CNIL pré­cise que « France Tra­vail informera indi­vidu­elle­ment, dans les jours à venir, l’ensemble des per­son­nes sus­cep­ti­bles d’avoir été touchées par cette fuite de don­nées. »

En août dernier, Pôle Emploi s’était con­tenté d’envoyer un email type a des usagers pour les informer qu’ils étaient « poten­tielle­ment con­cernés » (et débrouillez-vous avec ça).

Cette fois, l’information soi-dis­ant indi­vidu­elle a pris la forme d’une fenêtre « pop up » qui appa­rait sur l’écran d’accueil des espaces per­son­nels France Tra­vail. Une pré­ci­sion : ce mes­sage est à con­serv­er avec pré­cau­tion, car il con­stitue un élé­ment de preuve en cas d’usurpation d’identité (voir notre encadré en fin de bil­let). Quant aux per­son­nes qui ont sans doute pour beau­coup oublié qu’elles avaient des don­nées stock­ées chez Pôle Emploi et même à l’ANPE… elles apprécieront.

Le texte suivant apparait : Information. À la suite d’une cyberattaque dont nous avons été victimes, vos données personnelles sont compromises. Vos nom, prénom, identifiant France Travail, numéro de sécurité sociale, date de naissance, adresses électronique et postale, sont susceptibles d’être divulgués et exploités à des fins illégales. Votre mot de passe et vos coordonnées bancaires ne sont pas concernés. Nous vous recommandons la plus grande vigilance quant aux risques d’hameçonnage ou de tentatives d’usurpation d’identité. Retrouvez toutes les informations au 3949 ou sur notre site.
Cap­ture d’écran de la fenêtre qui appa­rait sur l’espace Can­di­dat de France Tra­vail.

Le mes­sage appelle les usagers et usagères à la pru­dence, mais (ce n’est plus sur­prenant à ce stade) il ne sug­gère rien sur les pos­si­bil­ités de porter plainte. Il faut cli­quer sur le lien « sur notre site » pour les décou­vrir. 

Dans le fond on ne le répétera jamais assez : il est impératif que les admin­is­tra­tions offrent toutes les sécu­rités néces­saires à la pro­tec­tion de nos don­nées per­son­nelles, sans atten­dre l’incident. Des don­nées per­son­nelles qu’elles utilisent au quo­ti­di­en, dont elles ne sont pas pro­prié­taires, et pour lesquelles on rap­pellera quelques principes de base du RGPD, en plus de la sécuri­sa­tion :

  • La min­imi­sa­tion — Ne col­lecter que les don­nées néces­saires à la final­ité d’un traite­ment automa­tisé
  • La trans­parence — Informer chaque per­son­ne de l’utilisation qui est faite de ses don­nées per­son­nelles (et des don­nées détenues)
  • La durée de con­ser­va­tion réduite au temps de réal­i­sa­tion néces­saire à l’objectif pour­suivi — ici l’accompagnement des deman­deurs d’emploi.

Objec­tive­ment, on n’y est pas !

Nous exigeons des garanties suffisantes de protection de nos données personnelles

L’arrestation de quelques hack­ers n’y suf­fi­ra pas. Si la cyber­at­taque a pu se pro­duire, c’est qu’il y avait des failles de sécu­rité, comme révélées par la CGT DSI.

Nous deman­dons que toute la lumière soit faite sur les con­di­tions qui ont per­mis cette fuite de don­nées (notam­ment les actions pris­es suite au piratage d’août 2023) et sur la respon­s­abil­ité de France Tra­vail et de ses prestataires en cyber­sécu­rité.

Nous exi­geons que, plus générale­ment, les admin­is­tra­tions four­nissent des garanties suff­isantes de pro­tec­tion des don­nées per­son­nelles aux admin­istrés.

La ques­tion de la cyber­sécu­rité doit être prise en compte de manière sérieuse dans la mise en œuvre de ces poli­tiques publiques. À ce titre, nous ren­voyons aux reven­di­ca­tions de la CGT DSI, qui peu­vent et doivent s’appliquer à tout organ­isme pub­lic, notam­ment dans le cadre du respect du principe de pro­por­tion­nal­ité.

Rap­pelons enfin qu’aucun sys­tème infor­ma­tique n’est sécurisé à 100 %, notam­ment du fait de failles humaines, comme observées dans cette affaire. Or, la ten­dance est à la dématéri­al­i­sa­tion tou­jours plus impor­tante de nos ser­vices publics, à l’utilisation crois­sante de don­nées sur cha­cun d’entre nous et à l’interconnexion des fichiers des dif­férentes admin­is­tra­tions. Citons le dernier exem­ple en date : les CAF qui ont désor­mais accès au Dis­posi­tif de ressources men­su­elles, ou DRM, soit les revenus et revenus de rem­place­ment des cha­cun d’entre nous, y com­pris à des fins de con­trôle (voir l’article de la Quad­ra­ture du Net sur ce sujet).

Ce con­stat devrait nous met­tre en garde con­tre l’utilisation de plus en plus impor­tante de don­nées per­son­nelles et leur inter­con­nex­ion dans le cadre de ser­vices publics (notam­ment pour penser la « sol­i­dar­ité à la source » si chère au gou­verne­ment), et encour­ager à suiv­re le principe de min­imi­sa­tion posé par le RGPD.

Gar­dons à l’esprit que nous n’avons pas le choix de con­fi­er ou non nos don­nées per­son­nelles à l’État et que les excep­tions au droit d’opposition (de col­lecte et de traite­ment de ses don­nées) sont nom­breuses. Pour les per­son­nes les plus vul­nérables, qui sont sou­vent plus en lien avec les ser­vices publics, c’est la dou­ble peine, car les admin­is­tra­tions ont davan­tage d’informations sur elles. Elles sont donc d’autant plus exposées à des piratages. Il appar­tient à l’État d’être à la hau­teur de ces enjeux.

Si vous pensez avoir été vic­time de la fuite de don­nées, nous vous encour­a­geons à porter plainte via le for­mu­laire de Let­tre de plainte en ligne.

Dans le champ « Je souhaite apporter les pré­ci­sions ci-dessous », vous pou­vez indi­quer :

« Je souhaite que des pour­suites soient entamées non seule­ment sur les fonde­ments annon­cés par le par­quet, mais aus­si sur le fonde­ment de l’article 226–17 du Code pénal con­tre toute per­son­ne iden­ti­fiée par l’enquête. »

Les champs suivants apparaissent sur la capture d’écran : Votre adresse actuelle en France / Votre numéro de téléphone / Case à cocher : « J’ai été informé(e) par France Travail d’une fuite de données susceptible d’affecter mes données à caractère personnel détenues par France Travail (anciennement Pôle Emploi) » / Je souhaite apporter les précisions ci-dessous.
Extrait du for­mu­laire Let­tre de plainte en ligne

Note : Si vous ne voulez pas pass­er par France Con­nect, vous pou­vez vous créer un compte sur “démarches-simplifiées.fr” avec sim­ple­ment votre adresse mail. Vous êtes aus­si en droit de porter plainte dans une gen­darmerie ou un com­mis­sari­at (surtout en cas d’usurpa­tion d’i­den­tité !).

Dans tous les cas, protégez-vous !
  • Prenez une cap­ture d’écran du mes­sage sur votre espace France Tra­vail ;
  • Soyez par­ti­c­ulière­ment vig­i­lant et vig­i­lante aux emails, appels et SMS dans les prochaines semaines (faux mes­sages de livrai­son de col­is, d’institutions publiques, d’opérateur télé­phonique, etc.). Cer­taines per­son­nes sont sus­cep­ti­bles d’utiliser les don­nées per­son­nelles qu’elles déti­en­nent déjà sur vous pour vous en sub­tilis­er d’autres. Véri­fiez bien les expédi­teurs de ces mes­sages et, dans le doute, ne cliquez pas sur les liens.

Si vous êtes concerné(e) et intéressé(e) pour aller plus loin dans cette démarche de plainte con­tre France Tra­vail, nous vous invi­tons à con­tac­ter le groupe de tra­vail numérique de Chang­er de Cap (coordination@changerdecap.net) avec en objet : « France Tra­vail ».