Un QR code obligatoire pour accéder aux déchèteries

Depuis le 1er octo­bre Saint-Éti­enne métro­pole a décidé de met­tre en place un sys­tème de QR code pour accéder aux déchè­ter­ies. À par­tir du 4 novem­bre, ce QR code sera oblig­a­toire. Ou com­ment impos­er une nou­velle fois le con­trôle numérique sans deman­der l’avis des habi­tants.

À par­tir du 4 novem­bre prochain, si vous voulez accéder à l’une des 13 déchè­ter­ies de la métro­pole, il fau­dra oblig­a­toire­ment présen­ter un QR Code à l’en­trée du site, voilà ce qu’a annon­cé Saint-Éti­enne métro­pole.

Pour cela, il faut oblig­a­toire­ment créer un compte sur le site de Saint-Éti­enne Métro­pole où il est pos­si­ble d’in­scrire jusqu’à 6 véhicules par foy­er. Pour créer ce compte il faut présen­ter un jus­ti­fi­catif de domi­cile.

Et si on n’a pas envie ou pas les moyens de pass­er par inter­net ? La métro­pole a prévu le coup, la démarche est aus­si fais­able sur papi­er en se ren­dant à l’ac­cueil de Saint-Éti­enne Métro­pole. Mais dans tous les cas, il fau­dra présen­ter QR code pour pou­voir accéder aux déchè­ter­ies.

Cap­ture écran du site de Saint-Éti­enne métro­pole

L’ar­gu­ment présen­té est que cela per­me­t­tra de lut­ter con­tre les “débor­de­ments d’ap­ports de déchets notam­ment de la part de pro­fes­sion­nels”.

L’ac­cès sera lim­ité à un cer­tain nom­bre d’en­trées suiv­ant la taille du véhicule : 30 pas­sages par an pour une voiture ou encore six unités (entrées) par an pour un camion de moins de trois tonnes. La Métro­pole pré­cise toute­fois, qu’une fois le quo­ta d’en­trées dépassé, il sera pos­si­ble de pay­er pour ajouter des crédits.

Ce sys­tème risque donc de pénalis­er celles et ceux qui n’ont pas envie de se soumet­tre au sys­tème du passe et de génér­er des iné­gal­ités qui pénalis­eront les plus pré­caires.

De plus, il y a fort à pari­er que ces débor­de­ments de déchets se retrou­vent ailleurs, dans des décharges sauvages. Encore une fois, on donne une fausse solu­tion sécu­ri­taire qui traite les con­séquences sans s’at­ta­quer à la source du prob­lème.

En réal­ité c’est tout le sys­tème de traite­ment des déchets qu’il faudrait repenser, car ceux-ci aug­mentent sans que leur traite­ment soit pos­si­ble.

Si le recy­clage s’est dévelop­pé, il est loin de con­cerné l’ensem­ble de nos déchets, une grande par­tie con­tin­ue d’être envoyée dans des décharges à ciel ouvert à l’autre bout du monde, notam­ment les déchets infor­ma­tiques.

Quoi qu’il en soit le QR code sem­ble avoir de beaux jours devant lui. Cette espèce de super code barre, intiale­ment créé pour gér­er les flux de marchan­dis­es, s’est dévelop­pé à grande vitesse, son usage se banal­isant dans dif­férentes pans de notre vie quo­ti­di­enne (ciné­ma, spec­ta­cles, pub­lic­ités, parcs, école…), jusqu’à être util­isé pour trac­er nos déplace­ments pen­dant le covid. Un sys­tème qui n’a pas dis­paru avec le con­fine­ment et qui a fait son retour à Paris pen­dant les JO2024.

Visuel de chome­use­goon