Le quotidien Le Progrès a organisé, ce lundi 2 mars, un débat entre les huit candidat.es à la mairie de Saint-Étienne. Les journalistes soulignent que "tous les candidat.es se rejoignent sur un point : la suppression du QR code pour accéder aux déchèteries."
C'est, pour nous, l'annonce d'une victoire à venir (il faudra une décision majoritaire lors d'un prochain conseil métropolitain de SEM [Saint-Etienne Métropole]), assez certaine car la ville de Saint-Etienne est le poids lourd de cette collectivité, et parce que les édiles d'autres communes (Unieux, La Ricamarie, La Grand Croix, Villars, Roche la Molière...) ont eux aussi manifesté leur opposition à ce dispositif.
Notre pétition a eu beaucoup de poids car approuvée par environ 1000 signataires (papier et numérique). On peut toujours la signer ici ! Nous l'avons remise le 26/11 à la présidente de la métropole. Notre conférence de presse du 25 novembre (organisée avec la CGT Saint-Etienne Métropole) et son grand écho local (5 médias ont relayé nos positions : Le Progrès, TL7, If Média, ICI, Activ-Radio) ont aussi contribué à populariser cette contestation.
Les candidat.es font - avec surprise - le constat de nombreuses critiques individuelles émises lors des réunions électorales. Cela confirme l'opposition très majoritaire de la population, particulièrement à Saint-Etienne où seulement 15% des habitant.es ont fait la démarche de création d'un QR code, mais aussi dans les autres communes (sur l'ensemble de la métropole, 34% ont fait la démarche, et la faire ne signifie pas l'adhésion à ce dispositif).
Au delà, c'est aussi le poids financier de l'opération qui inquiète ces candidat.es :
- certes la métropole se félicite de collecter moitié moins de déchets, et donc de diminuer d'autant son budget consacré à cette collecte
- mais, dans le même temps, chacune des communes doit faire face - à ses frais ! - à l'explosion des décharges sauvages, aux atteintes à l'hygiène et à la santé et à des conditions de collecte très dégradées. Nombre d'articles, vidéos sont paru.es sur le sujet et une page facebook a même été créée pour les signaler.
Quelques articles, et la page facebook
Dépôt sauvage, QR code en déchetterie : passe d'armes entre la Métropole et Saint-Étienne (actu Saint-Etienne, 08/11/2025)
QR code en déchèterie : malgré les critiques, "objectif atteint" pour la Métropole (Le Progrès, 04/11/2025)
QR code et passages limités pour les déchetteries : la complexité favoriserait les dépôts sauvages (Ici, 02/10/2025)
"Saint-Étienne devient une poubelle à ciel ouvert" : les QR codes dans les déchèteries mis en cause (Le Progrès, 14/09/2025)

Un coût exponentiel
La ville de Saint-Etienne (173 136 habitant.es) a mené une recherche sur les surcoûts induits par la mise en place du QR code.
Dépôts sauvages : avec 583 tonnes depuis début 2025, le phénomène explose
Dix agents du service "cadre de vie" sont affectés à plein temps à cette tâche, du lundi au vendredi. La Ville a dû recruter deux agents supplémentaires pour enquêter sur les dépôts sauvages : retrouver les auteurs et, le cas échéant, les verbaliser. Ils peuvent notamment interroger le voisinage ou fouiller au milieu des déchets pour tenter de trouver un nom et une adresse dans un courrier, sur une étiquette d’envoi...
La municipalité s’est en outre équipée de 10 caméras de vidéoverbalisation nomades, régulièrement déplacées en différents endroits de la ville identifiés comme étant des lieux de dépôt récurrents. De juin à août, 600 signalements ont été obtenus par ces caméras, qui n’ont pas l’obligation d’être signalées. 10 % concernaient des dépôts effectués par des automobilistes, 90 % des dépôts effectués par des piétons. Ces caméras nomades peuvent lire la plaque d’immatriculation des véhicules. Un PV est alors envoyé aux propriétaires.
Coût pour la collectivité : 400 000 euros par an.
Une verbalisation en hausse ... et 97 tonnes de plus
Les auteurs de dépôts sauvages pris la main dans le sac doivent s’acquitter d’une amende de 200 € ou 135 € pour le dépôt sauvage qui est un délit, et 135 € de redevance déchets municipale, soit au total 335 € pour un automobiliste ou 270 € pour un piéton. L’objectif est d’arriver à ce que 30 % des signalements concernent des voitures, et amènent donc à des verbalisations.
Mais, malgré ces verbalisations, les dépôts sauvages ne ralentissent pas. Entre novembre 2024 et avril 2025, les services techniques ont enlevé 195 tonnes de plus que sur la même période l’année précédente. Et sur les neuf premiers mois de 2025, ce sont 583 tonnes qui ont été collectées sur l’espace public, contre 486 tonnes sur la même période en 2024. Soit 97 tonnes de plus.
Unieux, une commune plus petite (8 500 habitant.es), a elle aussi procédé à un chiffrage :
Lors de la décision de la mise en place du QR code, son maire avait signalé son désaccord et son inquiétude. Mais il ne s’était pas opposé. Il a depuis demandé à ses services une évaluation pour sa commune : ceux-ci indiquent un triplement des déchets sauvages, en pied d’immeuble, ou en décharges sauvages. Le coût global serait de 30 000 €.
Les étapes du combat
Pourquoi les QR codes m’incommodent... ainsi que "tout le reste" (12/2025)
Saint-Etienne : QR code en déchèterie ... et condamnation du maire (12/2025)
QR codes en déchèteries à Saint-Etienne métropole : suite à la conférence de presse (11/2025)
Déchèteries : QR code, caméras même combat (07/2025)
Fin de la grève des éboueurs, quid du QR code ? (04/2025)
Pétition contre les QR codes dans les déchetteries ! (02/2025)
Action "Ras le QR Code" (HACN) (12/2024)
Un QR code obligatoire pour accéder aux déchèteries (10/2024)
