Débat avec Agnès Levallois, autour du “Livre noir de Gaza”, à Saint-Etienne, le 25/9 à 19h

Dans le cadre d’une ani­ma­tion coor­don­née par l’AFPS, à la Mai­son de l’Avenir, 34 rue Ambroise Paré, Saint-Éti­enne

  • dès 17 h, dia­po­ra­ma-expo­si­tion-présen­ta­tion de jeux édu­cat­ifs pales­tiniens
  • à 19h, débat avec Agnès Lev­al­lois, autrice de “Le livre noir de Gaza”, sur les enjeux des con­flits au Proche-Ori­ent

Cri­tique du livre “Le livre noir de Gaza”, dans Libéra­tion

Comment raconter un territoire inaccessible

En s’appuyant sur une série de rap­ports d’ONG et de témoignages, un ouvrage retrace l’histoire de l’enclave et ses hor­reurs, dans l’optique de “faire mémoire”.

On croit devin­er à l’avance le con­tenu de ce Livre noir de Gaza, tant on a suivi depuis un an tous les rav­ages humains et matériels causés par les attaques de l’armée israéli­enne sur l’enclave de 360 km² et ses 2,2 mil­lions d’habitants piégés. Mais cet ouvrage com­pact, à base d’une sélec­tion de rap­ports d’ONG inter­na­tionales, pales­tini­ennes et israéli­ennes, est loin d’être un cat­a­logue de drames et d’abus. Les “doc­u­ments rassem­blés pour faire mémoire”, selon l’avertissement de l’éditeur, offrent surtout un aperçu con­cen­tré, analysé et con­tex­tu­al­isé du déchaîne­ment de vio­lence débridée à la suite des mas­sacres du 7 Octo­bre.

Cette date du “choc effroy­able”, dev­enue his­torique dès le pre­mier jour, ne mar­que pour­tant pas le début de l’histoire du con­flit israé­lo-pales­tinien, rap­pelle dans la pré­face du livre Rony Brau­man. Le cofon­da­teur et ancien directeur de Médecins sans fron­tière (MSF) évoque le “statu quo” aber­rant qui pré­valait jusqu’au 6 octo­bre 2023 à Gaza et en Cisjor­danie, où il ne se pas­sait “médi­a­tique­ment rien”.

Agnès Lev­al­lois, vice-prési­dente de l’Institut de recherche et d’études Méditer­ranée Moyen-Ori­ent, revient de son côté dans son intro­duc­tion sur l’histoire de la bande de Gaza, en par­ti­c­uli­er depuis 1948 jusqu’au blo­cus total imposé par Israël depuis le début de la guerre. Dans le ter­ri­toire ren­du inac­ces­si­ble, notam­ment aux médias inter­na­tionaux, seules les ONG ont pu doc­u­menter les hor­reurs sur place. D’où le recours à leurs rap­ports comme sources prin­ci­pales dans ce “livre noir”.

Les deux pre­miers présen­tés datent d’avant octo­bre 2023. Celui de l’ONG israéli­enne B’Tselem, datant de 2017 et mis à jour en févri­er 2023, décrit Gaza comme “le théâtre d’une cat­a­stro­phe human­i­taire qui ne doit rien à des caus­es naturelles”. De son côté, Human Rights Watch présente, dans un doc­u­ment de juin 2022, inti­t­ulé “une prison à ciel ouvert”, les entrav­es à la cir­cu­la­tion des Pales­tiniens de Gaza imposées par Israël et l’Egypte depuis 2007.

Des civils et des secouristes tentent de sauver des blessés après une frappe israélienne à Khan Younès le 27 juillet.
Des civils et des sec­ouristes ten­tent de sauver des blessés après une frappe israéli­enne à Khan Younès le 27 juil­let. (Jehad Al Shrafi/Libération)

Les rap­ports, mais aus­si les témoignages sélec­tion­nés dans l’ouvrage, sont regroupés en sept sec­tions thé­ma­tiques retenant les doc­u­ments des organ­i­sa­tions spé­cial­isées.

Ain­si, les attaques sur le sys­tème de san­té sont détail­lées essen­tielle­ment par MSF. La par­tie sur “l’information empêchée et les jour­nal­istes visés” est ali­men­tée par les appels de RSF. Pour ce qui est de “la dévas­ta­tion des lieux”, on apprend des ter­mes util­isés par des organ­i­sa­tions spé­cial­isées, comme “urbi­cide” pour la destruc­tion des bâti­ments ou encore “éco­cide” pour l’écrasement des ter­rains et matériel agri­coles. On peut regret­ter de ne pas trou­ver un terme spé­ci­fique sur les frappes sur les écoles ou uni­ver­sités, con­sid­érées comme “crimes de guerre”.

La rétro­spec­tive ryth­mée que présente ce livre-doc­u­ment sur la vie et la mort à Gaza depuis un an nous fait réalis­er com­bi­en la banal­i­sa­tion de l’horreur quo­ti­di­enne nous a fait oubli­er cer­tains épisodes choquants. On les retrou­ve aus­si à la fin du livre dans la pré­cieuse chronolo­gie détail­lée des prin­ci­paux événe­ments mil­i­taires, human­i­taires et diplo­ma­tiques entre le 7 octo­bre 2023 et le 15 juil­let 2024.

Le Livre noir de Gaza, sous la direction d’Agnès Levallois avec une préface de Rony Brauman, Seuil, 250 pp., 21€.

Le livre noir de Gaza a été écrit par Agnès Lev­al­lois en col­lab­o­ra­tion avec Rony Brau­man, Leïla Bour­gui­ba, Jonathan Gagher, Guil­laume Ancel, Peter Har­ling

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