IA et école : résister à la fuite en avant

Ci-dessous tri­bune de deux enseignant·es et militant·es du SNES-FSU (mem­bre de la coali­tion Hia­tus, comme Halte au con­trôle numérique). Ils se réfèrent aus­si à l’ap­pel de l’Até­copol, “Pour un label Sans-IAg dans l’enseignement, la cul­ture, le jour­nal­isme et les entre­pris­es”, auquel nous nous référons pour refuser l’usage de l’IA généra­tive pour nos pro­pres pro­duc­tions.

Par ailleurs, la ville de New York (dont le nou­veau maire est Zohran Mam­dani, mem­bre du Demo­c­ra­t­ic Social­ists of Amer­i­ca, DSA) vient d’interdire l’utilisation de l’intelligence arti­fi­cielle généra­tive (IAg) aux élèves des écoles publiques jusqu’en troisième, dans le cadre d’un mora­toire d’un an (voir brève de l’AFP ci-dessous).

Le SNES-FSU a pub­lié en juin un dossier IA et édu­ca­tion : alerte générale ! (en bas de l’ar­ti­cle).

Alors que les dis­cours poli­tiques, médi­a­tiques et économiques dom­i­nants ten­dent à présen­ter les IA généra­tives comme une fatal­ité voire une néces­sité, il faut, pour met­tre l’en­seigne­ment au ser­vice de l’é­man­ci­pa­tion, non pas incul­quer la résig­na­tion, mais encour­ager à imag­in­er d’autres présents et futurs pos­si­bles sur une planète viv­able.

Pas un seul jour sans une annonce poli­tique, sans une promesse entre­pre­neuri­ale, sans une pub­lic­ité pour un nou­veau pro­duit tech­nologique (peut-on encore dis­soci­er tout cela ?) allant dans ce même sens : l’IA est une révo­lu­tion, une rup­ture, un for­mi­da­ble out­il qu’il con­vient seule­ment d’apprendre à utilis­er à bon escient, en par­ti­c­uli­er parce qu’il va nous faire gag­n­er du temps.

Ces dis­cours relèvent d’une puis­sante idéolo­gie de l’adap­ta­tion au monde tel qu’il va (à l’image du dis­cours de l’adap­ta­tion au dérè­gle­ment cli­ma­tique – qui n’envisage pas la néces­sité de mesures d’atténu­a­tion, de lutte con­tre ce qui le pro­duit). Ain­si, par­mi mille autres exem­ples, trou­ve-t-on dans le dossier de presse de ren­trée du Min­istre de l’Éducation nationale E. Gef­fray con­séc­u­tive­ment (et dans cet ordre) une rubrique “L’IA à l’école : pré­par­er nos élèves à une rup­ture majeure” et “L’adaptation aux con­séquences du change­ment cli­ma­tique”.

L’enjeu, à l’heure de tous les dépasse­ments des lim­ites plané­taires, en revenant auprès de nos col­lègues et de nos élèves après cet été de sécher­esse et de canicule, n’est pour­tant pas de célébr­er tous les moyens qui nous per­me­t­tent de fon­cer plus vite dans le mur.

Quand l’actuel Min­istre de l’Éducation E. Gef­fray mul­ti­plie les annonces autour de l’IA [1], il ne fait que s’inscrire dans les pas de tous ses prédécesseurs depuis 2017. Dès les pre­mières semaines de son entrée en fonc­tion à l’hiver 2025, la min­istre de l’Éducation nationale Elis­a­beth Borne était formelle : “lIA va per­me­t­tre aux enseignants, en leur libérant du temps, de mieux pren­dre en compte les besoins de chaque élève [2]”.

Elle avait pour­tant avoué, en prenant la suite d’Anne Genetet “ne pas être spé­cial­iste” [3] des sujets édu­cat­ifs. Nul besoin cepen­dant d’être ver­sée dans les poli­tiques éduca­tives pour répéter ce que ser­i­nent études, mémos ou dossiers de presse de toutes sortes d’organismes à toutes les échelles, et que résume ain­si un rap­port de l’IGÉSR [4] : “l’IA comme assis­tant pour les enseignants, [per­met] un gain de temps sur les tâch­es à faible valeur ajoutée […] et sur le suivi dif­féren­cié des élèves” [5]. Quelle(s) source(s) scientifique(s) per­me­t­tent une telle affir­ma­tion ? Ce n’est pré­cisé nulle part – par manque de temps, sans doute.

Les inspecteurs généraux qui rédi­gent ce doc­u­ment ne sont pas les pre­miers à met­tre en avant les sup­posés gains de pro­duc­tiv­ité reposant sur la dis­tinc­tion entre des tâch­es qui mérit­eraient qu’on y con­sacre du temps, et d’autres que l’on pour­rait, que l’on devrait automa­tis­er.

Le min­istre Jean-Michel Blan­quer avait lui-même osé, en novem­bre 2018, en pleine mobil­i­sa­tion con­tre ses réformes du lycée, du bac­calau­réat, et de l’accès à l’enseignement supérieur (Par­cour­sup), se présen­ter comme le “Vic­tor Schoelch­er” des enseignant·es. Alors invité aux “Assis­es de l’IA pour l’éducation” organ­isées par un secteur de l’Edtech béné­fi­ci­aire de mil­lions d’argent pub­lic, J.-.M. Blan­quer, un des plus impop­u­laires per­son­nages à ce poste, se présen­tait comme celui qui allait “libér­er” les professeur·es (de la cor­rec­tion des copies) !

Celui qui, depuis son arrivée en 2017, ne fai­sait qu’empiler les réformes saccageant les con­di­tions de tra­vail de tous les per­son­nels (sans aucune reval­ori­sa­tion bien enten­du) avait le culot de se présen­ter comme un héros (dans un imag­i­naire colo­nial­iste, bien enten­du). Parce qu’il était con­va­in­cu d’être du côté du pro­grès, du côté de l’avenir, du côté de l’IA et de son monde.

Insis­ter sur la tâche de la cor­rec­tion des copies était cepen­dant habile. Ce geste pro­fes­sion­nel a per­du de son sens aux yeux de beau­coup. Dans un sys­tème édu­catif piloté par l’obsession éval­u­a­tive [6] (et plus encore avec la poli­tique éduca­tive menée depuis 2017 !), quand les pro­grammes sont sur­chargés et volon­tiers ineptes, quand les effec­tifs aug­mentent dans les class­es, quand les con­di­tions con­crètes de tra­vail et d’apprentissage sont dégradées, quand les élèves les plus éloigné·es de l’école pro­duisent des devoirs comme les OS pro­duisent des pièces à l’usine, il faut bien de la déter­mi­na­tion pour préserv­er un sens à l’acte de cor­rec­tion. Geste pro­fes­sion­nel aliéné et alié­nant, il aboutit au désir d’en être débar­rassé, ain­si d’être dépos­sédé d’une dimen­sion fon­da­men­tale de son méti­er, une alié­na­tion couron­nant l’aliénation.

Et du point de vue des élèves, quel sens ont encore les travaux sco­laires ? S’agit-il de s’approprier des savoirs et des savoir-faire afin de s’émanciper, ou de se lim­iter à livr­er un pro­duit per­me­t­tant de trou­ver sa place dans la com­péti­tion sco­laire ? Quoi de plus logique alors que le recours à une IA généra­tive qui, pré­cisé­ment, pro­duit quelque chose ? Quoi de plus logique que d’utiliser cette machine qui pré­tend faire gag­n­er du temps alors qu’elle aboutit avant tout à court-cir­cuiter, déqual­i­fi­er, voire anni­hiler les appren­tis­sages [7] ?

L’imposition de l’IA dans l’école est bien le vis­age le plus récent des poli­tiques de soumis­sion du sys­tème édu­catif au pro­duc­tivisme : pro­duire tou­jours plus de cours, plus de devoirs, plus de notes, plus de con­trôles dans tous les sens du terme. Pro­duire, extraire, capter des don­nées pour “pilot­er” le sys­tème – tout se pilote aujourd’hui dans l’Éducation nationale : la péd­a­gogie, la for­ma­tion con­tin­ue, le bud­get, la san­té men­tale, le “cli­mat sco­laire”.

Les IA, qui nous sont ven­dues comme des rup­tures, sont en par­faite con­ti­nu­ité avec la soumis­sion de l’école à l’ordre cap­i­tal­iste. Pourquoi dimin­uer les effec­tifs des class­es, si les IA per­me­t­tent de per­son­nalis­er l’enseignement auprès de 50 élèves simul­tané­ment, à toute heure du jour ou de la nuit ? Pourquoi repenser des pro­grammes qui aient du sens, si les IA génèrent des pro­grammes indi­vid­u­al­isés ? Pourquoi entre­pren­dre les travaux néces­saires sur les bâti­ments sco­laires face aux canicules, alors que les IA peu­vent faciliter un retour mas­sif au dis­tan­ciel ?

Pro­mues et ven­dues comme des formes de libéra­tion, les IA ne font qu’accentuer tous les maux de l’école (et de la société), elles par­ticipent à accentuer les alié­na­tions qui les ren­dent désir­ables. Elles ser­vent au final le pro­jet d’une école inté­grale­ment cap­i­tal­iste, sapant jusqu’à l’absurde la con­di­tion sine qua non de toute édu­ca­tion : le désir et la capac­ité à appren­dre.

Nous n’avons aucune envie de gag­n­er du temps sur des tâch­es dont d’autres ont décidé à notre place qu’elles étaient à faible valeur ajoutée pour mieux nous en dépos­séder. Nous voulons pren­dre le temps de penser nos cours, les activ­ités pro­posées aux élèves, nous voulons le temps et les moyens de met­tre en œuvre en classe des enseigne­ments qui aient du sens. Nous n’avons pas besoin de gag­n­er du temps sur nos cor­rec­tions de copies. Nous avons besoin de class­es moins chargées, de sor­tir de de l’évaluation per­ma­nente alour­die par le poids du con­trôle con­tinu, si cher à J.-M. Blan­quer comme à ses suc­cesseurs – et qui men­ace aujourd’hui de se dévelop­per au col­lège avec la réforme du brevet.

L’élève qui pré­pare un tra­vail le fait en sachant qu’il ou elle sera lu·e, écouté·e par son enseignant·e et par d’autres élèves. Récipro­que­ment, quand nous éval­u­ons son tra­vail, nous appré­cions les efforts d’un indi­vidu à qui nos anno­ta­tions, nos remar­ques sont des­tinées. Le temps pris par cette tâche est celui de la néces­saire rela­tion humaine : toute éval­u­a­tion, si elle a une autre ambi­tion que de pro­duire une note, un classe­ment et in fine un tri, est un dia­logue entre humains.

L’imposition d’IA dans ce proces­sus est une forme de déshu­man­i­sa­tion de l’enseignement, se traduisant d’ores et déjà par cette impasse grotesque : des élèves faisant pro­duire par des machines des devoirs cor­rigés par d’autres machines.

A l’inverse de ces injonc­tions à l’accélération intrin­sèque­ment liées à l’imposition des IA dans nos écoles, dans nos métiers et dans nos vies, il serait bien plus raisonnable et humain d’enseigner la décéléra­tion.

Là où les IA généra­tives ne sont qu’incitation per­ma­nente à gag­n­er du temps, nous voulons mul­ti­pli­er les pas de côté nous per­me­t­tant de ralen­tir, démon­trant aux élèves la néces­sité de pren­dre son temps pour décou­vrir, tra­vailler, appren­dre. Là où cette tra­jec­toire tech­nologique est sans cesse présen­tée comme une fatal­ité, comme un proces­sus qua­si naturel, nous voulons rap­pel­er l’impératif démoc­ra­tique d’une dis­cus­sion des choix tech­niques.

Là où les IA généra­tives sont pro­mues comme de sim­ples out­ils neu­tres, qui auraient des “avan­tages et des faib­less­es” et de “justes usages” [8], nous voulons soulign­er qu’elles sont entre les mains de puis­sances économiques et poli­tiques enne­mies de tous les principes, valeurs et droits humains qu’il nous faut défendre, fondées sur le pil­lage des œuvres humaines, sur le vol mas­sif des don­nées, sur l’exploitation de mil­lions de travailleurs·euses du clic.

Là où nous sommes convié·es à présen­ter les défis des IA, nous voulons enseign­er leur coût envi­ron­nemen­tal réel, leur par­tic­i­pa­tion à l’extractivisme, à la con­som­ma­tion d’eau (y com­pris potable), aux émis­sions de gaz à effet de serre [9], bref, nous voulons rap­pel­er qu’elles par­ticipent à ren­dre la planète inhab­it­able [10].

S’il faut décréter une urgence en la matière, c’est de préserv­er notre capac­ité à appren­dre, à enseign­er, à vivre sans les IA, avant d’en devenir dépendant·es, comme nous le sommes d’un sys­tème tech­nique reposant sur les éner­gies fos­siles [11]. L’enseignement éman­ci­pa­teur que nous sommes nom­breux et nom­breuses à défendre, de la mater­nelle à l’université, ne doit pas incul­quer la résig­na­tion, mais au con­traire encour­ager à imag­in­er d’autres présents et futurs pos­si­bles sur une planète viv­able [12].

Notes

[1] “Entre­tien avec Édouard Gef­frey” mené par Gur­van Le Guel­lec, Le Nou­v­el Obs, 27 aout 2026 [ https://www.nouvelobs.com/societe/20260827.OBS117699/edouard-geffray-si-vous-avez-300-mots-de-vocabulaire-vous-serez-le-jouet-de-l-ia-avec‑4–000-l-ia-sera-votre-jouet.html]

[2] Entre­tien avec Élis­a­beth Borne : “Les élèves de 4e et de 2nde auront une for­ma­tion en ligne à l’IA”, Ouest France, 6 févri­er 2025.

[3] Char­lotte Arce, “Élis­a­beth Borne se dit ‘pas spé­cial­iste’ de l’éducation, ces syn­di­cats y voient ‘mépris et dés­in­vol­ture’ ”, Huff­post, 6 jan­vi­er 2025. https://www.huffingtonpost.fr/life/article/elisabeth-borne-se-dit-pas-specialiste-de-l-education-ces-syndicats-y-voient-mepris-et-desinvolture_244433.html

[4] L’inspection générale de l’é­d­u­ca­tion, du sport et de la recherche est un ser­vice inter­min­istériel qui exerce des mis­sions d’in­spec­tion, de con­trôle, d’au­dit, d’en­quête, d’é­val­u­a­tion et de con­seil.

[5] IGESR, “L’intelligence arti­fi­cielle dans les étab­lisse­ments sco­laires sur le plan admin­is­tratif et sco­laire”, Mai 2025

[6] Bernard Lahire, “Savoir ou périr”, Seuil, 2025.

[7] Par­mi les nom­breux arti­cles accu­mu­lant les preuves de cor­réla­tion fortes entre usage des IA en con­texte édu­catif et dépos­ses­sion cog­ni­tive, on peut lire Grace Liu et alii, “AI Assis­tance Reduces Per­sis­tence and Hurts Inde­pen­dent Per­for­mance”, 2026 https://arxiv.org/abs/2604.04721v4.

[8] Dossier de presse de ren­trée du MEN. https://www.education.gouv.fr/annee-scolaire-2026–2027-dossier-de-presentation-505492

[9] Voir par exem­ple Lou Wel­gryn et Théo Alves Da Cos­ta, “Intel­li­gence arti­fi­cielle : le vrai coût envi­ron­nemen­tal de la course à l’IA”, 2 sep­tem­bre 2025 https://bonpote.com/intelligence-artificielle-le-vrai-cout-environnemental-de-la-course-a-lia/

[10] Voir Amélie Hart et Christophe Cail­leaux, “ ‘S’adapter à un monde inviv­able n’est pas une option. Sur l’IA et l’enseignement”, 8 mai 2025. https://academia.hypotheses.org/62113

[11] Appel du 18 juin 2026, “Pour un label Sans-IAg dans l’enseignement, la cul­ture, le jour­nal­isme et les entre­pris­es.https://atecopol.hypotheses.org/15536

[12] Man­i­feste “Face à l’IA généra­tive, l’objection de con­science”, 30 novem­bre 2025. https://atecopol.hypotheses.org/13082

New York interdit l’IA dans les écoles publiques jusqu’en troisième

New York a décidé d’interdire l’utilisation de l’intelligence arti­fi­cielle (IA) aux élèves des écoles publiques de la ville jusqu’en troisième, a annon­cé mer­cre­di son maire Zohran Mam­dani, con­fir­mant des infor­ma­tions sor­ties plus tôt dans la presse. La ville instau­re “un mora­toire d’un an, applic­a­ble pen­dant l’année sco­laire 2026–2027, sur l’utilisation de l’IA généra­tive par les élèves de mater­nelle à la troisième”, ont détail­lé ses ser­vices dans un com­mu­niqué.

L’usage de l’IA sera seule­ment per­mis à par­tir du lycée – qui débute en classe de troisième dans le sys­tème sco­laire améri­cain – mais seule­ment à tra­vers “des expéri­men­ta­tions lim­itées de l’IA dans un petit nom­bre de class­es”. Sont égale­ment prévus “deux mod­ules annuels con­sacrés à l’esprit cri­tique face à l’IA pour les lycéens” et “des restric­tions du temps d’écran adap­tées à l’âge des élèves”.

Cette déci­sion con­cern­era in fine près de 600.000 élèves des écoles publiques, “soit les deux tiers des effec­tifs du sys­tème sco­laire”, pour­suit la mairie. “L’industrie tech­nologique veut nous faire croire que l’enseignement des jeunes enfants faisant appel à l’IA est non seule­ment inévitable, mais néces­saire. Nous ne parta­geons pas cette vision”, a déclaré Zohran Mam­dani lors d’une con­férence de presse.

Les enfants ont besoin de pro­fesseurs et de con­tact humain pour appren­dre et grandir. Ils doivent dévelop­per leurs com­pé­tences aux côtés de leurs cama­rades, nouer des rela­tions avec les enseignants et se con­fron­ter seuls à des prob­lèmes dif­fi­ciles”, a‑t-il encore dit. Les enseignants res­teront autorisés à utilis­er l’IA pour pré­par­er leurs cours et accom­plir des tâch­es admin­is­tra­tives.

Tout au long de l’année sco­laire, un groupe de tra­vail com­posé notam­ment d’élèves, d’enseignants, de représen­tants de par­ents, d’élus et d’experts du secteur se réu­ni­ra afin d’évaluer l’impact du mora­toire. […]

Les ori­en­ta­tions des écoles publiques de New York en matière tech­nologique sont très suiv­ies dans le reste des États-Unis et au-delà, car il s’agit, de loin, de la plus grande académie du pays, avec un peu plus de 900.000 élèves en 2024–2025.

Agence France-Presse

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