La vidéosurveillance sert aussi à tuer

Alors que, partout en France, s’in­ten­si­fie la pres­sion pour installer des caméras dans nos rues, il nous est révélé que les ser­vices israéliens ont util­isé celles implan­tées à Téhéran pour pis­ter puis abat­tre tous les dirigeants iraniens, dont le tyran Khamenei.

C’é­tait pour la bonne cause ? Cela leur a aus­si per­mis, pen­dant des mois à Gaza, de cibler tous les sup­posés mem­bres du Hamas, avec beau­coup d’in­ter­pré­ta­tions abu­sives, d’er­reurs et, au final, de mas­sacr­er à plus de 83% des civils (sur le total des morts à Gaza, selon leurs pro­pres experts), dont beau­coup d’en­fants, de vieil­lards qui n’avaient rien à voir avec des com­bat­tants.

Ci-dessous la descrip­tion du strat­a­gème par le site litu­anien Cybernews, par Sci­ences et vie et dans une vidéo de RTL …et l’u­til­i­sa­tion des mêmes tech­niques par le Hamas, l’I­ran, cette fois-ci en Israël comme partout dans le monde. La “vidéo­pro­tec­tion” peut génér­er l’IN­SÉCU­RITÉ PARTOUT !

Les métrop­o­les mod­ernes mul­ti­plient les caméras pour gér­er le traf­ic et sur­veiller l’e­space pub­lic. À Téhéran, cette infra­struc­ture, cen­sée pro­téger la ville, s’est trans­for­mée en instru­ment de ren­seigne­ment hos­tile qui a per­mis de tra­quer les dirigeants iraniens jusque dans leurs déplace­ments les plus dis­crets.

La qua­si-total­ité des caméras de Téhéran étaient piratées depuis des années, leurs images étant cryp­tées et trans­mis­es à des serveurs situés à Tel Aviv et dans le sud d’Is­raël, d’après le Finan­cial Times. Les flux vidéo étaient inter­cep­tés en temps réel, per­me­t­tant aux ana­lystes de suiv­re les véhicules offi­ciels dans leurs tra­jets quo­ti­di­ens.

Nous con­nais­sions Téhéran comme nous con­nais­sons Jérusalem”, a déclaré au jour­nal un respon­s­able actuel du ren­seigne­ment israélien. “Et quand on con­naît [un endroit] aus­si bien que la rue où l’on a gran­di, on remar­que un seul détail qui détonne.”

Une caméra s’est avérée par­ti­c­ulière­ment utile car elle offrait une vue claire des abor­ds du com­plexe étroite­ment gardé de la Pas­teur street, une rue où se trou­vent des insti­tu­tions gou­verne­men­tales clés et où Khamenei et son état major ont été tués.

Les algo­rithmes de recon­nais­sance automa­tique iden­ti­fi­aient les plaques d’im­ma­tric­u­la­tion, les mod­èles de voitures et les vis­ages récur­rents. Cette accu­mu­la­tion de détails a per­mis de con­stru­ire ce que les ser­vices appel­lent un pat­tern of life (“mode de vie”), c’est-à-dire une car­togra­phie tem­porelle pré­cise des mou­ve­ments quo­ti­di­ens.

La col­lecte de don­nées a été réal­isée par l’unité cyberné­tique mil­i­taire israéli­enne Unit 8200, les ressources humaines recrutées par son agence de ren­seigne­ment extérieur, le Mossad, et les don­nées analysées par le ren­seigne­ment mil­i­taire.

Le jour de l’at­taque, les réseaux cel­lu­laires iraniens ont été simul­tané­ment brouil­lés pour empêch­er toute com­mu­ni­ca­tion d’ur­gence, et faisant croire que les télé­phones étaient occupés lors des appels afin d’empêcher le ser­vice de pro­tec­tion de Khamenei de recevoir des aver­tisse­ments.

Les ser­vices de ren­seigne­ment israéliens et ceux de la CIA ont pu iden­ti­fi­er l’heure pré­cise d’une réu­nion dans les bureaux de Khamenei, pressen­tant ce que les respon­s­ables con­sid­éraient comme un moment excep­tion­nelle­ment oppor­tun pour le frap­per aux côtés d’autres hauts respon­s­ables iraniens.

Le Times of Israel rap­porte que la frappe a été lancée de jour, con­traire­ment aux habi­tudes mil­i­taires, juste­ment parce que les don­nées visuelles garan­tis­saient une local­i­sa­tion pré­cise. Trente mis­siles Spar­row, tirés par des bom­bardiers améri­cains B‑2, ont détru­it le site après un vol de plusieurs heures depuis les États-Unis.

Cette opéra­tion révèle une trans­for­ma­tion du ren­seigne­ment mod­erne. L’infrastructure civile con­nec­tée devient peu à peu un out­il d’observation stratégique sur la durée et peut nour­rir les sys­tèmes d’arme­ment automa­tisés.

L’I­ran a, aus­si, piraté des caméras de vidéo­sur­veil­lance israéli­ennes à Jérusalem. Bloomberg a rap­porté que l’I­ran util­i­sait des caméras de sécu­rité privées en Israël pour recueil­lir des ren­seigne­ments en temps réel.

Après que des mis­siles bal­is­tiques iraniens ont touché des immeubles de grande hau­teur à Tel Aviv, un ancien respon­s­able israélien de la cyber­sécu­rité est inter­venu sur les ondes d’une radio publique en juin dernier pour lancer un aver­tisse­ment sans équiv­oque : “éteignez vos caméras de sur­veil­lance domes­tiques ou changez le mot de passe”.

Selon Gaby Port­noy, ancien directeur général de la Direc­tion nationale israéli­enne de la cyber­sécu­rité, le Hamas a piraté des caméras de sécu­rité privées avant ses attaques du 7 octo­bre 2023 con­tre Israël. “La col­lecte de ren­seigne­ments effec­tuée par le Hamas à par­tir de caméras privées à la périphérie de Gaza a été un désas­tre”, a déclaré Port­noy lors d’une inter­view.

Au fil des ans, des mil­liers de caméras, publiques comme privées, ont été piratées et util­isées pour recueil­lir des ren­seigne­ments.” De nom­breuses caméras sont vul­nérables au piratage en rai­son de mots de passe faibles, d’un manque de mis­es à jour du micro­logi­ciel et d’une mau­vaise instal­la­tion.

L’an­née dernière, un rap­port de la société améri­caine d’é­val­u­a­tion de la cyber­sécu­rité Bit­Sight a révélé que des mil­liers de caméras de par le monde dif­fusent en ligne sans mot de passe ni autre pro­tec­tion, et sont acces­si­bles à tous.