Resist Europol : résistance au flicage européen

L’Of­fice européen de police (Europol) est l’agence de l’UE chargée de la coor­di­na­tion des polices des dif­férents états européens (pour la France, la police nationale mais aus­si la gen­darmerie). Créée en 2009, son siège est à La Haye, aux Pays-Bas.

Elle ne doit pas être con­fon­due avec Inter­pol (organ­i­sa­tion inter­na­tionale de police crim­inelle), créée en 1923, qui compte 196 pays mem­bres et dont le siège est à Lyon. Ni avec Euro­just, autre agence de l’UE de coopéra­tion judi­ci­aire en matière pénale, égale­ment basée à La Haye.

Au cours de la dernière décen­nie, les pou­voirs de sur­veil­lance d’Eu­ropol ont été con­sid­érable­ment éten­dus, ce qui lui per­met de col­lecter et de traiter tou­jours plus de don­nées (par­ti­c­ulière­ment mobil­isées à l’oc­ca­sion des JO de Paris, notam­ment lors du “criblage” des dif­férents participant.es). Elle est ain­si dev­enue un mail­lon décisif de la sur­veil­lance et de la répres­sion au niveau européen, grâce à l’échange quo­ti­di­en et inten­sif de don­nées entre l’agence et les forces de police et de migra­tion européennes.

L’in­tro­duc­tion de sys­tèmes algo­rith­miques, avec leurs biais racistes bien iden­ti­fiés, risque de ren­forcer les dérives poli­cières, d’au­tant que la réforme de 2023 (intro­duisant un nou­veau cadre pour le “traf­ic de migrants”) et la forte pro­gres­sion des extrêmes droites lors des élec­tions de juin 2024 pour­rait libér­er les ten­dances fas­cistes de cer­tains.

La coali­tion Resist Europol (sous l’égide de l’EDRi, Euro­pean Dig­i­tal Rights), com­posée d’ac­tivistes, de chercheurs, d’av­o­cats, de jour­nal­istes, d’abo­li­tion­nistes des pris­ons et de la police, d’or­gan­i­sa­tions de la société civile… veut con­tester l’ex­pan­sion d’Eu­ropol et ses impacts sur l’É­tat de droit, les droits de l’homme et les com­mu­nautés mar­gin­al­isées.

Elle présente, sur le site de l’EDRi, un ensem­ble de sources et d’outils pour analyser et armer les citoyen.nes face à l’ar­bi­traire, par exem­ple pour con­naître nos don­nées per­son­nelles stock­ées par Europol :

Autre exem­ple, State­watch, organ­i­sa­tion mem­bre de l’EDRi, met à dis­po­si­tion une carte inter­ac­tive per­me­t­tant d’iden­ti­fi­er le rôle de cha­cune des agences de l’UE dans l’échange de don­nées au niveau européen.