JO 2024 : l’extension du domaine de la surveillance, en France

D’après le site Bas­ta!, plus de 20 000 per­son­nes font actuelle­ment l’objet, en France, d’une sur­veil­lance de la part des ser­vices de ren­seigne­ment. Les tech­niques sont de plus en plus élaborées et ne se lim­i­tent pas au ter­ror­isme ou à la grande crim­i­nal­ité. Ces méth­odes de sur­veil­lance ne sont pas nou­velles, mais leur usage s’est démul­ti­plié, notam­ment depuis la loi Ren­seigne­ment de 2015.

Cette ten­dance à la bar­bouzerie tech­nologique a des con­séquences très con­crètes : le porte-parole du col­lec­tif Bassines non mer­ci rap­porte qu’en mars 2022, on a décou­vert par hasard qu’une caméra fil­mait l’entrée de chez son père, puis en jan­vi­er 2023, son garag­iste avait égale­ment trou­vé une balise GPS cachée sous l’essieu avant gauche de son véhicule…

D’après le rap­port de la Com­mis­sion nationale de con­trôle des tech­niques de ren­seigne­ment (CNCTR) [1] :

- le nom­bre de per­son­nes géolo­cal­isées en temps réel par les ser­vices de ren­seigne­ment, a été mul­ti­plié par dix en sept ans, pas­sant de 1140 cas en 2015 à 10.901 en 2022.

- les cap­ta­tions de paroles et d’images dans un lieu privé (de la pose de micros ou de caméras dans un domi­cile à la cap­ta­tion de l’environnement sonore via un smart­phone espi­onné, par exem­ple) ont con­nu une hausse de 36 % entre 2016 et 2022.

- depuis 1991, le nom­bre de lignes télé­phoniques pou­vant être écoutées simul­tané­ment a triplé, pas­sant de 1180 à 3600 (max­i­mum autorisé à l’époque), depuis relevé à 3800.

- les ser­vices français ont demandé à 17 900 repris­es de pou­voir utilis­er ces dif­férents moyens de sur­veil­lance à la CNTR, con­tre 13 000 fois en 2020 et 11 900 fois en 2017.

D’après Sacha Houlié, le député Renais­sance prési­dent de la délé­ga­tion par­lemen­taire au ren­seigne­ment (DPR) [2], nous sommes dans une “nou­velle ère froide” qui néces­sit­erait cette mul­ti­pli­ca­tion des con­trôles, car la France a eu à gér­er “deux crises majeures qu’ont été la pandémie de Covid puis la guerre en Ukraine (le rap­port a été rédigé avant la guerre d’Is­raël à Gaza)… Lui n’utilise pas le mot “guerre” de son patron mais l’évoque furtive­ment (“..ère froide”), et classe donc “la pandémie de Covid” par­mi les évène­ments néces­si­tant une sur­veil­lance mas­sive…

D’après le rap­port annuel de la DPR, le nom­bre de per­son­nes sur­veil­lées serait glob­ale­ment “sta­ble”, pas­sant de 3 885 à 4 191 entre 2020 et 2022 (nom­bre de per­son­nes sus­pec­tées de s’adonner à des actes d’ingérence en France), “ce qui sig­ni­fie que la sur­veil­lance est plus intense sur les per­son­nes faisant l’objet d’une tech­nique de ren­seigne­ment”.

Out­re les CNCTR et DPR, d’autres insti­tu­tions peu­vent exercer un con­trôle, assur­er une pro­tec­tion des droits humains. Par exem­ple, les juges et les pro­cureurs sont cen­sés véri­fi­er la vérac­ité des infor­ma­tions avant de met­tre quelqu’un.e dans le fichi­er de traite­ment des antécé­dents judi­ci­aires (TAJ)… Mais ils ne le font pas. Et la CNIL [3]

Les objets invo­qués de la sur­veil­lance sont de trois ordres :

- préven­tion du ter­ror­isme,

- préven­tion de la crim­i­nal­ité et de la délin­quance organ­isées,

- préven­tion des atteintes à la forme répub­li­caine des insti­tu­tions, des actions ten­dant au main­tien ou à la recon­sti­tu­tion de groupe­ments dis­sous et des vio­lences col­lec­tives de nature à porter grave­ment atteinte à la paix publique : cette caté­gorie est passée de 6 % à 12 % du nom­bre de con­trôles… La CNCTR s’alarme du fait qu’il y a de plus en plus de per­son­nes issues des mou­ve­ments soci­aux qui sont ciblées par ces méth­odes de ren­seigne­ment.

Le jour­nal­iste Vin­cent Nouzille, auteur du livre Le Côté obscur de la force (Flam­mar­i­on, 2023), décrit com­ment le mou­ve­ment des Gilets jaunes a par exem­ple don­né lieu à une large sur­veil­lance à ce dernier titre : “C’était la panique au som­met du pou­voir et dans les ser­vices”. Depuis lors, d’autres sur­veil­lances “idéologiques” lui ont suc­cédé : l’affaire dite du 8 décem­bre, les Soulève­ments de la terre et l’activisme écol­o­giste en général, l’affaire Lafarge

Et bien sûr des évène­ments jugés d’intérêt nation­al comme les JO 2024. Mais plusieurs spé­cial­istes soulig­nent que les JO ne sont qu’un pré­texte pour accélér­er une volon­té qui était déjà là.

Ain­si, Alexan­dre Minot-Charti­er, avo­cat spé­cial­isé en droit du numérique et coau­teur d’une tri­bune pub­liée par la Revue poli­tique et par­lemen­taire, voit dans la loi votée en 2023 “une volon­té poli­tique de s’in­scrire dans la sur­veil­lance numérique”, les JO de Paris étant “le bac à sable de la sur­veil­lance du futur”.

Caméras “intel­li­gentes”, drones, QR Codes, criblage… L’arse­nal qui va être mobil­isé sus­cite la con­tro­verse. Les forces de l’or­dre pour­ront s’ap­puy­er sur une série de nou­veaux out­ils tech­nologiques, dont cer­tains ont été autorisés par une loi adop­tée spé­ci­fique­ment en vue des Jeux, en avril 2023.

En amont des Jeux de Paris, un criblage de “près d’un mil­lion d’in­di­vidus”  est annon­cé par le min­istre de l’intérieur, G. Dar­manin. Il s’agit d’une enquête préal­able sur les sportifs, leur staff, les jour­nal­istes, les agents de sécu­rité privée, les volon­taires… Mené par le Ser­vice Nation­al des Enquêtes Admin­is­tra­tives de Sécu­rité (SNEAS), con­siste en un pas­sage en revue de fichiers déjà exis­tants, listés par la CNIL, pour véri­fi­er notam­ment les antécé­dents judi­ci­aires de toutes les per­son­nes visées. Il pour­ra débouch­er sur un avis d’in­com­pat­i­bil­ité les pri­vant d’ac­crédi­ta­tion.

Ce criblage avait été autorisé pour trois ans par la loi Ren­seigne­ment de 2015. Pro­longée deux fois, l’autorisation de ces dis­posi­tifs a finale­ment été péren­nisée en 2021, et le champ des don­nées que peu­vent analyser les algo­rithmes est désor­mais éten­du.

A ce stade, “715 per­son­nes ont été ain­si écartées pour de poten­tiels risques dont 10 fichés S”, annonçait G. Dar­manin le 21 mars sur X. Une grande par­tie des refus con­cerne des per­son­nes “en sit­u­a­tion irrégulière”.

Par­mi ces fichiers, celui du “traite­ment d’an­técé­dents judi­ci­aires” (TAJ), placé sous la respon­s­abil­ité du min­istère de l’In­térieur, est le plus con­tro­ver­sé. “Il regroupe plus de vingt mil­lions de fich­es, avec non seule­ment des per­son­nes con­damnées, mais par­fois seule­ment mis­es en exa­m­en ou même sim­ple­ment audi­tion­nées”, dénonce le chercheur Félix Tréguer, qui s’in­quiète notam­ment du sort de “mil­i­tants” ou de “per­son­nes étrangères”. “Le fait qu’il n’ex­iste aucun critère fixe de ce qu’est la dan­gerosité laisse une énorme place à l’ar­bi­traire”, estime la juriste Noémie Lev­ain, de La Quad­ra­ture du Net.

Le recours à la vidéo­sur­veil­lance algo­rith­mique (VSA)

La loi adop­tée en vue des Jeux autorise l’ex­péri­men­ta­tion de cette tech­nolo­gie pour “tout évène­ment récréatif, sportif et cul­turel” jusqu’en mars 2025 (les jeux se seront achevés bien avant, le 8 sep­tem­bre 2024), une déci­sion forte­ment décriée. “Les gens veu­lent la sécu­rité, mais ils ne se ren­dent pas compte du prix qu’ils sont en train de pay­er”, s’alarme Serge Sla­ma, pro­fesseur de droit pub­lic à l’u­ni­ver­sité Greno­ble-Alpes.

C’est la pre­mière fois qu’un pays de l’U­nion européenne adopte un cadre légal pour ce type de caméras aug­men­tées. La police, la gen­darmerie, mais aus­si les ser­vices de sécu­rité de la SNCF, peu­vent cou­pler ces IA (logi­ciels d’analyse d’im­ages) aux caméras pour iden­ti­fi­er en temps réel des com­porte­ments jugés sus­pects ou anor­maux, tels que les mou­ve­ments de foule ou les bagages aban­don­nés.

La CNIL a for­mulé des pré­con­i­sa­tions dans un avis de décem­bre 2022 sur le pro­jet de loi. Pierre-Xavier Cho­mi­ac de Sas, avo­cat spé­cial­isé dans le droit du numérique, se dit préoc­cupé de son poten­tiel biais dis­crim­i­na­toire : “Le prob­lème de l’in­tel­li­gence arti­fi­cielle, c’est qu’elle est très arti­fi­cielle et peu intel­li­gente.” Il craint la stig­ma­ti­sa­tion de cer­tains indi­vidus, selon la base de don­nées fournie à l’al­go­rithme pour l’en­traîn­er à dis­tinguer cer­taines sit­u­a­tions : “Si on a mis 100.000 images de per­son­nes immo­biles assis­es dans un coin dans le logi­ciel, les sans-abris qui sont en train de mendi­er risquent d’être assim­ilés à un com­porte­ment anor­mal.

Deux essais de cette VSA ont eu lieu, pour un con­cert de Black Eyed Peas le 20 avril et pour un match de foot­ball le 21 avril entre les équipes du Paris Saint-Ger­main et de l’Olympique Lyon­nais. Deux arrêtés de la pré­fec­ture de police de Paris ont été pub­liés seule­ment le 17 avril (2024–00493 et 2024–00494), repérés par La Quad­ra­ture du Net via l’out­il Attrap­Sur­veil­lance. Les autorités sem­blent vouloir éviter au max­i­mum les recours en jus­tice, qui n’auront prob­a­ble­ment pas le temps d’être jugés avant le début de la sur­veil­lance algo­rith­mique.

Toutes les sit­u­a­tions de test étaient annon­cées dans le cadre d’un décret qui a fixé les con­di­tions de mise en œuvre de cette vidéo­sur­veil­lance algo­rith­mique. Des con­ser­va­tions de don­nées sont prévues dans le cadre de la VSA : “Les opéra­tions de col­lecte, de con­sul­ta­tion, de com­mu­ni­ca­tion, de mod­i­fi­ca­tion et d’effacement des images faisant l’objet d’une analyse algo­rith­mique, ain­si que les sig­nale­ments générés par le traite­ment font l’objet d’un enreg­istrement.”

Mais cet usage “offi­ciel” n’empêche pas d’autres usages moins cadrés ou car­ré­ment illé­gaux comme le mon­tre celui des logi­ciels de Brief­cam util­isés illé­gale­ment par le Min­istère de l’Intérieur depuis 2015, sig­nalé par le site Dis­close…

Le retour du QR Code

Asso­cié dans les mémoires aux restric­tions instau­rées lors de la pandémie de Covid-19, il servi­ra cette fois pour con­trôler l’ac­cès aux périmètres mis en place autour des sites olympiques, et à la gigan­tesque zone sécurisée créée autour de la Seine pour la céré­monie d’ou­ver­ture. Pour elle, même les riverains devront se munir de ce passe­port numérique, soit plusieurs cen­taines de mil­liers de per­son­nes. Serge Sla­ma fait état de fonde­ments juridiques “trop légers”, avec une restric­tion d’aller et venir “basée sur un sim­ple arrêté.” “Je défends que les Jeux olympiques sont un état d’ur­gence non dit, non proclamé, et que cela va laiss­er des traces”.

Le recours annon­cé aux drones

Pour filmer des foules en direct…

La réé­val­u­a­tion du plan Vigipi­rate à son niveau le plus élevé

On peut seule­ment soulign­er que le plan Vigipi­rate, mis en place après les atten­tats de 2015 de façon pro­vi­soire, a été appliqué qua­si sans inter­rup­tion depuis même s’il a été révisé à plusieurs repris­es…

L’éval­u­a­tion ne peut porter que sur des tech­nolo­gies déjà en place et depuis un temps suff­isant. Deux études uni­ver­si­taires ont donc essayé d’évaluer l’efficacité des seuls dis­posi­tifs de vidéo­sur­veil­lance.

Les deux s’accordent pour con­clure que, sur le total des affaires traitées par la police et la gen­darmerie, les caméras ne con­tribuent – par­tielle­ment (pour des élé­ments qui doivent de toute façon être con­fir­més par d’autres moyens) – que dans 1 à 3 % des cas à la réso­lu­tion de l’enquête.

Il existe aus­si plusieurs avis de la Cour des comptes et des cham­bres régionales (sous le terme “vidéo­pro­tec­tion”), lesquelles deman­dent régulière­ment de jus­ti­fi­er l’emploi de cen­taines de mil­lions d’euros investis pour dévelop­per la vidéo­sur­veil­lance. A ce jour le min­istère de l’Intérieur n’y a jamais répon­du…

Mais, au-delà des enquêtes, la vidéo­sur­veil­lance et autres moyens tech­no-sécu­ri­taires ont-ils per­mis d’empêcher un acte ? Nice est une des villes les plus vidéo­sur­veil­lées en France. Or cela n’a pas empêché l’atten­tat du 14 juil­let 2016, alors que le ter­ror­iste avait été une dizaine de fois en repérage avec son camion sur la prom­e­nade des Anglais, un axe inter­dit aux poids lourds et truf­fé de caméras. La même remar­que vaut d’ailleurs pour le sud d’Israël lors des attaques du Hamas du 7 octo­bre 2023 : la même tech­nolo­gie sécu­ri­taire y était mas­sive­ment déployée (fournie d’ailleurs par les mêmes entre­pris­es – israéli­ennes – qu’à Nice).

A Nice, dans quelle mesure un sys­tème de recon­nais­sance faciale aurait pu per­me­t­tre d’identifier le ter­ror­iste, sachant qu’à l’époque il n’était pas con­sid­éré comme tel ? Elle n’a en tout cas été d’aucun sec­ours en Israël.

De plus en plus de vil­lages de moins de 500 habi­tants s’équipent de caméras, pour des dizaines de mil­liers d’euros, sub­ven­tion­nés, sans que jamais ces investisse­ments ne fassent l’objet de con­trôles per­me­t­tant d’en valid­er la per­ti­nence. Des col­lec­tifs citoyens, que nous soutenons (ex à Plan­foy), s’y opposent de plus en plus sou­vent face à des élu.es surtout motivé.es pour car­ress­er dans le sens du poil une opin­ion cen­sée être inquiète face à l’insécurité, et donc pour être élu ou réélu, de façon dém­a­gogique.

Ces mil­lions d’euros auraient pu être investis autrement. La mairie d’Issy les Moulin­eaux (70,000 habitant.es, citée dans le doc­u­men­taire “Fliquez-vous les uns les autres”) a ain­si choisi de ne pas recourir à la vidéo­sur­veil­lance et estime obtenir de meilleurs résul­tats que des villes voisines (Lev­al­lois-Per­ret…). Elle priv­ilégie le recrute­ment d’éducateurs de rue et de men­er divers actions d’accueil, d’inclusion, en direc­tion des per­son­nes à la rue et de per­son­nes en dif­fi­culté sociale, éduca­tive … qui émar­gent au même Fonds Inter­min­istériel pour la Préven­tion de la Délin­quance (FIPD) que les caméras. L’actuelle polar­i­sa­tion des investisse­ments pour ces dernières favorise une vision unique­ment sécu­ri­taire de l’action publique.

Noémie Lev­ain voit dans les mod­i­fi­ca­tions lég­isla­tives et régle­men­taires adop­tées pour les Jeux “l’inten­si­fi­ca­tion du con­trôle voulue par la police”, “les moti­va­tions économiques des entre­pris­es du marché de la sécu­rité”, et “l’out­il élec­toral­iste que cela représente pour les col­lec­tiv­ités, qui se félici­tent de mon­tr­er qu’elles remet­tent ain­si de l’or­dre”.

Sur la seule VSA, un comité de pilotage sera chargé d’un rap­port d’é­val­u­a­tion “au plus tard le 31 décem­bre 2024″. Mais déjà, la min­istre des Sports Amélie Oudéa-Castéra évoque sa péren­ni­sa­tion après les JO.

Une autre prob­lé­ma­tique est l’effet cli­quet : phénomène d’accoutumance, de banal­i­sa­tion qui rendrait l’idée d’un élar­gisse­ment de la VSA plus accept­able. La CNIL l’évo­quait dès 2019 : “Il est impérieux de se pré­mu­nir de tout effet cli­quet lié à la mise en œuvre de cer­tains dis­posi­tifs”, en traçant ses lignes rouges.

En matière de ren­force­ment de la sur­veil­lance par la police, il n’y a jamais de retour pos­si­ble : le coût est trop fort pour le poli­tique.” Serge Sla­ma, pro­fesseur de droit pub­lic, Greno­ble

Ecoutes, géolo­cal­i­sa­tions : de plus en plus de per­son­nes sont sur­veil­lées en France (Bas­ta!, 03/2024)

Exten­sion de la sur­veil­lance : “On est en plein solu­tion­nisme tech­nologique” (Bas­ta!, 03/2024)

Plus de 4 000 espi­ons et agents d’influence sont sur­veil­lés en France (Médi­a­part, 11/2023)

Que reproche-t-on à la vidéo­sur­veil­lance algo­rith­mique pour les JO de Paris 2024 ? (Numera­ma, 04/2024)

Caméras intel­li­gentes, drones, criblage… Pourquoi l’arse­nal déployé pour sur­veiller les Jeux de Paris 2024 inquiète cer­tains obser­va­teurs (France-Info, 04/2024)

Loi JO : des sup­por­t­eurs de foot­ball en pre­mière ligne face aux algo­rithmes de sur­veil­lance (Médi­a­part, 04/2024)

Par ces fichiers, l’E­tat organ­ise son con­trôle et sa dom­i­na­tion sur la pop­u­la­tion (HACN)