Caméras à Planfoy : suite au référendum

Planfoy est une commune rurale d'environ 1000 habitant·es où la mairie projette d'installer des caméras de vidéosurveillance. Depuis plusieurs semaines une partie de la population s'oppose à cette installation.

COMMUNIQUE SUITE AUX RESULTATS DE LA CONSULTATION DU 1er OCTOBRE

Notre collectif prend acte du résultat du dépouillement de la consultation citoyenne sur l’installation d’un système de surveillance par caméra des lieux publics du village.

Cette consultation a recueilli légèrement plus de voix POUR ce projet que CONTRE, et c’est en soi une déception pour notre collectif. L’énorme déception vient ensuite pour les 2 camps, du taux d’abstention. La moitié de la population planfoyarde est insensible à son avenir sur des sujets de sociétés importants localement. Et ça, c'est inquiétant pour l'avenir, et il convient à la municipalité de s'en soucier si nous ne voulons pas nous transformer en "village dortoir".

Notre village a jusqu’ici montré un visage convivial, solidaire, accueillant, et ce dans un écrin de verdure. Depuis le 10 octobre, date à laquelle le conseil municipal vient d’entériner la suite du projet, le mot qui nous vient à l’esprit est plutôt « la honte ! ». Honte pour l’image que donne ce résultat à l’extérieur. Honte que notre village ouvre la voie pour d’autres communes qui, comme Planfoy, n’ont pas besoin de ces mesures liberticides pour être ce qu’elles sont, des coins paisibles.

Nous persistons à dire que nos impôts n’ont pas vocation à financer ce genre d’équipement ici, et qu’ils seraient mieux utilisés dans les domaines suivants : le développement d’une politique jeunesse actuellement inexistante ; l’amélioration des installations vétustes du préco ; l’étude de la rénovation du gymnase-salle des fêtes ; l’aménagement du pré communal du Guizay pour les habitant.e.s ; la sécurisation du transport scolaire (insuffisant au Guizay malgré les demandes de la population) ; la sécurisation de la traversée du village par la RD1082 ; un meilleur soutien à la culture, aux associations, et à la politique sociale ; et toutes les politiques permettant de préparer l’avenir dans un contexte de dérèglement climatique et d’effondrement de la biodiversité.

Nous ne pouvons, enfin, pas passer sous silence certains faits des dernières semaines de campagne pré-consultation. Tout d’abord l’opacité et la rétention d’information de la mairie jusque début septembre. Ensuite, le refus catégorique du Maire d’organiser un débat public sur le sujet. Enfin, les nombreuses affiches, et banderoles systématiquement arrachées par des partisans du oui. Ceci allant même jusqu’à l’intrusion dans l’espace privé d’habitants, en toute illégalité, pour enlever des pancartes.

Le Maire et son équipe se félicitent d’un "beau moment de démocratie locale". Ces méthodes qui montrent une drôle de conception du débat public, sont pourtant indignes de la démocratie locale, et sont une dérive inquiétante pour notre commune.

Ne laissons pas le Maire et le conseil municipal, avec l’appui de seulement 1/4 de la population commettre cette erreur politique et préservons notre village !

Les caméras, c’est toujours NON ! On ne lâche rien (et nous continuerons à vous informer) !

Le Collectif Planfoy sans caméra

Pour nous contacter : planfoysanscamera@gmail.com

28 janvier : lancement d'une pétition

La pétition a recueillie à ce jour 278 signatures.

27 avril : projection de "Fliquez-vous les uns les autres", puis débat

Le documentaire d'Olivier Lacour a été projeté dans le cadre des rencontres de la bibliothèque, puis suivi du débat animé par Halte au contrôle numérique en présence d'une cinquantaine d'habitant·es, du maire et de trois de ses adjoints.

Affiche de présentation du débat

Note de présentation du documentaire :

La vidéosurveillance est devenue presque banale aujourd'hui et fait partie du quotidien des Français. Dans les rues, à l'entrée des agglomérations, et même à l'intérieur des smartphones, les caméras sont partout et le phénomène est global. La promesse d'une vie plus sûre et plus confortable a empêché une grande partie des Français de remettre en question ce système susceptible de supprimer les libertés individuelles et collectives. Alors que la vidéosurveillance, emblème des "smart cities" est censée protéger les citoyens, elle révèle surtout un nouvel aspect de la société qui est en train de se construire.
 
Partout en France, petites et grandes villes s’équipent de caméras pour mieux surveiller les citoyens ou les protéger, selon que l’on soit pour ou contre ce type d’installation. Grâce à de nombreuses séquences inédites, ce documentaire révèle comment cette surveillance s’impose sans véritable débat ni évaluation de son efficacité. Si, il y a vingt ans, l’installation de caméras faisait polémique, aujourd’hui rien de tel, les citoyens en redemandent. Le réalisateur a interrogé des installateurs, des gendarmes, des policiers municipaux, des élus, des sociologues, des citoyens concernés, ainsi que des voix critiques.

Communiqué, conférence de presse et "camer'apero" le 9 juin

Droit de réponse au courrier envoyé par la mairie (commenté par le collectif)

Page Facebook du collectif Planfoy sans caméra

Référendum le 1e octobre

Autres débats, actions partout en France

Les zones urbaines ou semi-urbaines ont été les premières touchées par ces déploiements de caméras à l'achat largement subventionné (par l'Etat, les régions... voir dans la Loire).

C'est désormais depuis quelques mois le cas dans des zones plus rurales, avec beaucoup de contestations : à Moirans (38), autour de Dijon (Les Lentillères), Foix, Marcillac et dans toute l'Occitanie, à Grabels et Saint Martin de Londres (34), à Brienon-sur-Armançon (Yonne), dans l'Orne (Putanges et d'autres), dans le Rhône (Sainte Colombe, Arnas)...

Au delà de la vidéosurveillance classique, il faut par ailleurs craindre un glissement de ces dispositifs vers la vidéosurveillance algorithmique désormais autorisée en France (seule en Europe), et déjà amorcée à Moirans (une action judiciaire y est intentée, avec le soutien de la Quadrature du net), à Nîmes, Nice...

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