Le pouvoir veut interdire tout débat public sur les projets industriels et miniers

La Com­mis­sion nationale du débat pub­lic (CNDP) a été créée en 1995 par la loi Barnier, rel­a­tive au ren­force­ment de la pro­tec­tion de l’environnement, du nom du min­istre de l’environnement de l’époque, Michel Barnier. Le même, ci-devant 1e min­istre, qui le jour de sa cen­sure par l’assem­blée nationale (!), dépose un pro­jet de décret visant à exclure les pro­jets indus­triels et miniers du champ de com­pé­tence de cette CNDP…

D’après ce pro­jet, seraient exclus de l’obligation d’avis de la CNDP les nou­veaux pro­jets d’implantation de sites indus­triels “à impacts sig­ni­fi­cat­ifs sur l’en­vi­ron­nement ou l’amé­nage­ment du ter­ri­toire, dont le coût est supérieur à 600 mil­lions d’€, ain­si que de la pos­si­bil­ité d’une con­sul­ta­tion fac­ul­ta­tive pour ceux com­pris entre 300 et 600 mil­lions d’€, en ver­tu des arti­cles L.121–1 et L.121–8 du code de l’environnement.

Cette oblig­a­tion découle pour­tant d’un droit con­sti­tu­tion­nel à la par­tic­i­pa­tion du pub­lic en matière d’environnement (arti­cle 7 de la Charte de l’environnement), décalque de l’ar­ti­cle 6 de la Con­ven­tion d’Aarhus dont la France est sig­nataire (applic­a­ble dans le droit français depuis le décret du 12 sep­tem­bre 2002).

Cela con­cerne de nom­breux pro­jets en cours, dont dans la région l’exten­sion de Daikin à Oullins-Pierre-Bénite (aggloméra­tion de Lyon), zone qui souf­fre déjà des PFAS pro­duits par cette entité (et Arke­ma) depuis des années : “pol­lu­ants éter­nels” présents dans l’eau, l’air, les sols et affec­tant lour­de­ment la san­té des pop­u­la­tions riveraines (voir étude du col­lec­tif citoyen “Ozon l’eau Saine” présen­tée sur leur page et dans un arti­cle de Médi­a­part).

Mais aus­si le pro­jet de mine de lithi­um dans l’Allier où, déjà, le pou­voir a ten­té de con­tourn­er le pas­sage devant la CNDP en juil­let dernier par un décret faisant de cette extrac­tion de lithi­um un “pro­jet d’intérêt nation­al majeur”…

C’est donc une pra­tique con­stante du macro­nisme et de ses affidés (bloc autodésigné “cen­tral” / Les Répub­li­cains, mêmes com­bats) d’ignor­er toute con­trainte démoc­ra­tique (après le “grand débat” bidon où mono­loguait Macron, les “cahiers de doléance” enter­rés, la “con­ven­tion citoyenne pour le cli­mat” aux avis con­tournés, mais aus­si suite aux élec­tions qu’ils ont ensem­ble per­dues).

Ain­si que de favoris­er de gros indus­triels, débar­rassés par eux de toute con­trainte, gavés de sub­ven­tions, crédits d’impôt, et qui, pour­tant, délo­calisent leurs usines à l’é­tranger…

Milei men­ace les argentins de sa tronçon­neuse sur les pro­tec­tions sociales, envi­ron­nemen­tales, Musk et Trump y vont aus­si de leur cou­plet réac­tion­naire : certes ce n’est pas le même degré, mais la méth­ode est-elle si dif­férente içi ?