Victoire contre l’antenne de Sorbiers !

Dans la com­mune de Sor­biers des riverains ont créé le col­lec­tif N’ONdes MERCI pour pro­test­er con­tre l’implantation d’une nou­velle antenne relais au som­met de l’église du bourg. Après avoir lancé une péti­tion ayant recueil­li plus de 500 sig­na­tures, ils ont fait une man­i­fes­ta­tion à Sor­biers, réu­nis­sant Sor­bérans et riverains des com­munes voisines. Face à la mobil­i­sa­tion locale, la munic­i­pal­ité a décrété l’abandon du pro­jet d’antenne. Une vic­toire locale qui fait plaisir !

C’est en novem­bre 2022 que les Sor­bérans ont décou­vert ce nou­veau pro­jet d’antenne Bouygues Tele­com sur leur com­mune. Cette antenne, située à prox­im­ité de plusieurs écoles et d’une crèche (à moins de 100 mètres), devait être dotée “des dif­férentes généra­tions de tech­nolo­gie mobiles – de la 2G à la 5G”.

La mairie a demandé des mesures d’ondes par l’Anses, qui comme d’habitude a validé le pro­jet (les seuils en France étant extrême­ment plus hauts que dans les autres pays d’Europe, cela n’a rien d’étonnant 1). Cette étude déclarait par ailleurs que les ondes allaient pass­er au-dessus des bâti­ments, ce qui est absurde, comme l’a pointé le col­lec­tif N’ONdes MERCI :

“Ceci nous fait étrange­ment penser à la dialec­tique util­isée à l’égard du nuage radioac­t­if en prove­nance de Tch­er­nobyl et s’arrêtant bien sage­ment à la fron­tière. Les ondes n’ont-elles pas pour voca­tion à attein­dre les équipements que nous util­isons par delà les porch­es et les murs des habi­ta­tions ?” (col­lec­tif N’ONdes MERCI)

En effet, la 5G pos­sède un fais­ceau de repérage pas­sif qui scanne en per­ma­nence l’environnement à la recherche d’un util­isa­teur, quand il en trou­ve un, le fais­ceau de repérage localise l’envoi et un autre fais­ceau, le fais­ceau de traf­ic vient sur le télé­phone pour aug­menter le débit. Cette local­i­sa­tion est très pré­cise, elle peut situer le télé­phone à l’étage pré­cis d’un immeu­ble.

Par ailleurs, la 5G est vouée à long terme à être cou­plée à de plus petites antennes (“small cells”) afin de pou­voir se con­necter à nos objets con­nec­tés. C’est le “beam­form­ing”. Dans ces cas là, les ondes élec­tro­mag­né­tiques sont envoyées sous forme de fais­ceaux plus puis­sants.

Voir ce doc­u­men­taire Suisse :

https://www.youtube.com/watch?v=Il-lMUqUaiM

À la demande de la munic­i­pal­ité, Bouygues a été con­traint d’organiser une réu­nion d’information, mais celle-ci, comme c’est sou­vent le cas, a été mal annon­cée et n’a pas réu­ni beau­coup d’habitants.

“Nous avons eu l’information seule­ment la veille, et encore, grâce aux réseaux soci­aux” (une Sor­béranne, le Pro­grès, “Un pro­jet d’antenne-relais dans le clocher de l’église du bourg”, mar­di 22 novem­bre 2022)

Suite à cette réu­nion, des Sor­bérans, inqui­ets des con­séquences sur la san­té des enfants, des risques en matière de sécu­rité (l’antenne pou­vant provo­quer un incendie dans le clocher ou frag­ilis­er la struc­ture de l’édifice) et soucieux de préserv­er ce lieu de culte au car­ac­tère his­torique, ont lancé une péti­tion qui a récolté plus de 500 sig­na­tures !

Lien vers la péti­tion (à présent clo­turée)

Le col­lec­tif a égale­ment sor­ti un com­mu­niqué que nous relayons ci-dessous :

COMMUNIQUE DE PRESSE

Depuis quelques mois, suite au refus de son pro­jet d’implantation ini­tial sur le site de la Combe, le clocher de Sor­biers est con­voité par l’opérateur Bouygues Télé­com, pour installer à son prof­it une antenne relais d’ondes élec­tro­mag­né­tiques 5G. Per­son­ne ne s’opposant claire­ment au pro­jet au sein de l’équipe munic­i­pale ni du clergé, une péti­tion a donc été lancée suite aux réu­nions d’information par l’opérateur en novem­bre pour exprimer l’incompréhension des riverains, par­ents d’élèves, com­merçants, usagers ou sim­ples citoyens con­cernés par la ques­tion.

Mais pourquoi deux sons de cloches ? Si la com­mune est fibrée et déjà cou­verte par 10 antennes tous opéra­teurs con­fon­dus dans un ray­on de moins de 2 km autour du clocher, pourquoi céder à une instal­la­tion sup­plé­men­taire en plein cœur de vil­lage, défi­ant tout principe de pré­cau­tion quant à l’inflammabilité du bâti­ment et à la san­té des habi­tants et usagers dans un ray­on dépas­sant le cen­tre du bourg. Pourquoi planter une épée de Damo­clès au dessus, de plus à prox­im­ité immé­di­ate de deux écoles et d’une crèche.

Comme le souligne le site offi­ciel de l’ANSES, les don­nées ne sont pas suff­isantes à l’heure actuelle pour con­clure à l’existence OU non d’effets san­i­taires liés à l’exposition aux champs élec­tro­mag­né­tiques. Pourquoi cette inca­pac­ité à tranch­er ? Tout sim­ple­ment car :

  • Il existe très peu de don­nées d’exposition liées aux antennes relais et aux télé­phones mobiles en sit­u­a­tion réelle ;
  • seuls des indi­ca­teurs d’exposition fondés sur des sim­u­la­tions numériques sont actuelle­ment disponibles ;
  • Ces indi­ca­teurs n’ont pas été jusqu’à présent validés ou infir­més par des mesures sur le ter­rain faute d’un déploiement com­plet et d’un usage nom­i­nal du réseau 5G ;
    Les risques éventuels (can­cer, dys­fonc­tion­nement cérébral, infer­til­ité, élec­tro-hyper­sen­si­bil­ité, …) con­tin­u­ent de faire l’objet de travaux de recherche et d’évaluation.

En l’état actuel des con­nais­sances et de l’absence de don­nées, le déploiement des antennes pose donc ques­tion au regard de l’application cru­cial du principe de pré­cau­tion inscrit dans la Con­sti­tu­tion, dans le cen­tre bourg éten­du. Les par­ents de l’école Sainte-Marie-du-Lan­gonnand auront même été sur­pris d’entendre les pro­pos un brin provo­ca­teur de l’opérateur lors d’une récente réu­nion d’information sur le pro­jet à l’école le 23 févri­er 2023 : “Si vos enfants tombent malades, il y aura des assur­ances.

L’argument sou­vent cité par les indé­cis “dans la mesure ou on ne la voit pas” laisse à penser que les con­di­tions d’esthétisme pré­va­lent sur la san­té. Comme si l’invisible ne présen­tait pas de dan­ger, du grisou à la covid 19 en pas­sant par le radon et les nanopar­tic­ules, les exem­ples ne man­quent pas.

Si le débat san­i­taire devrait suf­fire à sus­pendre le pro­jet, se pose par­al­lèle­ment le choix d’un lieu pat­ri­mo­ni­al et cultuel pour héberg­er les activ­ités com­mer­ciales et lucra­tives de l’opérateur. Out­re ce choix très éton­nant pour le pat­ri­moine sor­béran cau­tion­né par le con­seil munic­i­pal, dix­it l’opérateur, rap­pelons qu’un décret, signé en 1905 par Aris­tide Briand, député répub­li­cain-social­iste, pré­cise la portée de la “servi­tude d’af­fec­ta­tion cultuelle” imposée au pro­prié­taire munic­i­pal par la loi de sépa­ra­tion de l’Église et de l’É­tat. Ce texte inter­dit ain­si aux per­son­nes publiques pro­prié­taires de “détourn­er ces édi­fices (cultuels) de leur des­ti­na­tion en les faisant servir, ne fût-ce que d’une manière momen­tanée à d’autres usages que le culte”. Les voies du seigneur passent-elles désor­mais par la 5G ?

L’église Notre Dame de l’Assomption et sa paroisse Sainte-Cécile est-elle prête égale­ment à per­dre son statut d’église verte en se posi­tion­nant hors charte ?

Ce seul texte de loi devrait faire autorité au-delà même du volet san­i­taire. Et pour­tant, il nous inter­roge sur l’acceptation pas­sive, et donc l’intérêt du clergé à sup­port­er un tel détourne­ment de l’édifice au prof­it des activ­ités lucra­tives d’un opéra­teur privé. Les marchands n’ont-ils pas été chas­sés du tem­ple ? Pourquoi faire de l’église “une mai­son de com­merce ?” Certes les clochers et les zones urban­isées sont du pain béni pour les opéra­teurs privés, une infra­struc­ture, des réseaux et une inté­gra­tion paysagère min­imisée, un investisse­ment allégé pour ces derniers. Y‑a-t-il un prof­it qui nous échappe ?

Sans compter que le clocher est par nature exigu, pous­siéreux, inflam­ma­ble, dif­fi­cile d’accès et non acces­si­ble 24h sur 24h en cas d’incendie. Voulons-nous vrai­ment faire courir ce risque à un élé­ment pat­ri­mo­ni­al cen­tral fig­ure de proue de la com­mune ?

Sci­ence sans con­science n’est que ruine de l’âme”, dis­ait Mon­taigne. Espérons que l’équipe munic­i­pale, le prêtre et son diocèse soient sur la même longueur d’ondes. Nous ne sommes pas con­tre le pro­grès, mais pour le bon usage de celui-ci.

Retrou­vez la péti­tion sur change.org “Con­tre l’an­tenne relais Bouygues Télé­com dans le clocher de SORBIERS
ou dans vos com­merces sor­bérans HB coif­fure, l’opticien Un autre point de vue)

Le Col­lec­tif N’ONdes MERCI

Un col­lec­tif citoyen d’opposition aux antennes élec­tro mag­né­tiques dans le bourg de Sor­biers au sein du clocher.
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Le 29 mars 2023, une man­i­fes­ta­tion s’est déroulée à Sor­biers, le jour même de la deux­ième réu­nion publique. Une déam­bu­la­tion avec beau­coup de ban­deroles et de pan­car­tes, qui a réu­ni des habi­tants de Sor­biers et des com­munes voisines, égale­ment mobil­isés con­tre d’autres pro­jets d’antennes. Des mem­bres de Stop Linky 5G Loire étaient égale­ment présents.

Man­i­fes­ta­tion du 29/03/2023, Sor­biers

Arrivée devant la mairie des pris­es de paroles ont eu lieu, des textes écrits par les enfants en hom­mage à l’église, ain­si que des témoignages sur des sit­u­a­tions d’électrosensibilité. Une par­tie des man­i­fes­ta­tions s’est ensuite ren­du à la réu­nion publique pour inter­peller la mairie.

Man­i­fes­ta­tion du 29/03/2023, Sor­biers

Finale­ment les habi­tants de Sor­biers mobil­isés con­tre cette antenne ont eu gain de cause auprès de la mairie qui a décidé de ne pas délivr­er d’autorisation à Bouygues Tele­com !

Arti­cle du Pro­grès du 23 avril

C’est la deux­ième fois que Bouy­gyes Tele­com échoue à implanter une antenne-relais à Sor­biers ! L’opérateur avait déjà essayé d’implanter une antenne 4G à la Combe fin 2020, sans suc­cès. Le dossier avait été refusé faute de rac­corde­ment élec­trique pos­si­ble. Une vic­toire, là encore pos­si­ble grâce à la mobil­i­sa­tion des riverains dont nous avions par­lé à l’époque dans une émis­sion de radio !

Arti­cle sur l’émis­sion de radio “La machine à découdre, la 5G et son monde”

Ceci démon­tre que même si le com­bat est dif­fi­cile, des vic­toires sont encore pos­si­bles ! Avec celle de Joseph (2), cela fait deux vic­toires locales con­tre le dan­ger des ondes élec­tro­mag­né­tiques. Et même si celles-ci sont rel­a­tives (surtout dans le cas des antennes qui peu­vent être mutu­al­isées ou réim­plan­tées ailleurs), il faut quand même les relay­er. Peut-être que cela per­me­t­tra à d’autres riverains de résis­ter ailleurs, sur le plan poli­tique et juridique.

La lutte con­tre la 5G et son monde con­tin­ue dans la Loire et partout ailleurs !

Références

1) Le seuil lim­ite est de 61 v/m en France con­tre 6 v/m en Ital­ie. Sachant que la réso­lu­tion 1815 du Con­seil de l’Europe pré­con­i­sait de respecter un seuil de 0,1 v/m en 2011, il y a de quoi s’alarmer !

2) Lire l’article “Vic­toire défini­tive pour Joseph, élec­tro­hy­per­sen­si­ble”

Compléments