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Loire : une zone blanche menacée, soutien aux EHS en danger !

Ce vendredi 24 septembre s’est tenue une Instance Départementale de Concertation (1) convoquée par la Préfète de la Loire à la demande des maires de Sail/Couzan et de Saint-George-en-Couzan. Cette IDC devait statuer sur l’implantation d’une antenne 5G prévue pour couvrir un hameau où sont réfugiées des personnes électrohypersensibles (EHS) depuis plusieurs années.

Un rassemblement s’est tenu au même moment devant la préfecture pour soutenir les membres du Collectif Sail-Santé-Environnement (CSSE), reçus à la Préfecture afin de défendre les EHS menacés par le projet d’implantation. Des membres du collectif Halte au contrôle numérique du collectif Stop Linky 5G Loire était présents sur place.

La décision d’implantation de cette antenne relai à Sail-sous-Couzan ne respecte la résolution de 1815 relative à la préservation des zones blanches (2) et s’est réalisée contre l’avis des habitants du hameau concerné. Or ce projet met en danger les deux femmes EHS qui y résident à l’abri des ondes. L’une d’entre-elle est atteinte d’un gliome cérébral réactionnel suite à une exposition prolongée aux ondes, chassée de cette «zone blanche», elle risque sa vie. Quant à sa camarade d’infortune, elle est âgée de plus de 75 ans. Aucune d’elles ne peut vivre avec la présence d’une antenne relai à proximité.

Pour rappel, en 2011 le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC) de l’OMS a classé les champs électromagnétiques de radiofréquences comme « peut-être cancérigènes pour l’homme, sur la base d’un risque accru de gliome, un type de cancer malin du cerveau, associé à l’utilisation du téléphone sans fil ». C’est la raison pour laquelle une grande manifestation internationale contre la 5G a eu lieu le 19 septembre 2020 à Lyon en partant du CIRC.

Au final, considérant les arguments de l’ARS, des représentants des fournisseurs d’accès à la téléphonie mobile, des maires, du délégué du Conseil Départemental, de l’ANFR, de la FNE, de l’UDAF42, de UFCQueChoisir, de la Direction départementale du Territoire, il a été convenu que l’implantation de cette antenne serait suspendue tant qu’aucune solution de relogement adapté pour les personnes EHS ne sera trouvée.

Cependant, comme le note un membre du Collectif 1815 (3) : « L’implantation de l’antenne aurait pu être définitivement levée, mais les maires de Saint-Georges-en-Couzan et de Sail-sous-Couzan ont opposé leur veto. La Préfecture s’est donc engagée à entretenir une médiation entre les parties dans les mois à venir. Il ne sera pas aisé de trouver l’endroit idéal en quelques mois… »

Un simple sursis donc. Les maires de ces deux communes préfèrent supprimer une nouvelle zone blanche et expulser les personnes EHS qui y vivent, plutôt que d’enterrer un énimème projet d’antenne inutile.

Les EHS sont-ils donc condamnés à errer de zone blanche en zone blanche, jusqu’à ce qu’il ne leur reste plus nulle part où se réfugier ?

Le combat contre les antennes ne fait que commencer. Plus que jamais nous devons restés solidaires et continuer de nous battre pour la sauvegarde de ces zones blanche, derniers refuges contre les pollutions électromagnétiques d’une société qui ne jure que par le “progrès“ technologique !

Nous relayons ci-dessous l’appel du Collectif Sail-Santé-Environnement.

SAUVEGARDONS DES LIEUX DE VIE SANS ONDES URGENCE

Nous, citoyen.nés, personnes Électro Hyper Sensibles – EHS -, solidaires du collectif Santé Sail Environnement – CSSE42 – alertons les pouvoirs publics et leurs représentant.es sur la situation d’urgence des personnes EHS souffrant de l’exposition aux champs électro-magnétiques.

Aujourd’hui, face à la prolifération des antennes-relais, des technologies du sans fil (téléphones mobiles, objets connectés …), des personnes sont contraintes de fuir leurs lieux de vie, sous peine de souffrances physiques insupportables et avérées : vertiges, maux de tête, troubles de la mémoire, de la concentration, irritabilité, fourmillements, brûlures, douleurs musculaires et articulaires, pertes de sommeil, éruptions cutanées.

« Nous sommes dans le désespoir de ne plus trouver d’endroit sans pollution électromagnétique pour pouvoir survivre » – Virginie, personne EHS – Cette maladie environnementale émergente non reconnue en tant que telle laisse ces personnes dans une situation inédite et humainement scandaleuse. « Nous nous retrouvons dans une situation de réfugiés environnementaux et demandons protection de notre lieu de vie aux autorités » -Virginie-

Dans nombre de départements ruraux comme La Loire, des zones sans ondes dites « zones blanches » sont en voie de disparition. Aujourd’hui, les directives gouvernementales imposent une couverture mobile totale du territoire français – programme « New Deal Mobile » depuis janvier 2018, Loi ELAN du 23/11/2018, Ordonnance n° 2020-320 du 25 mars 2020,…- avec pour conséquence la multiplication des antennes-relais et la disparition de ces territoires sans ondes.

Nombre de personnes souffrant du syndrome d’intolérance aux champs électromagnétiques (SICEM) ont basculé dans une sensibilité extrême, comme à Sail sous Couzan, St Georges en Couzan, St Didier sur Rochefort, Saint Laurent sur Rochefort, Champdieu, et tant d’autres ailleurs. « Comment ne pas craindre que les EHS ne soient que la partie émergée de l’iceberg et que des conséquences directes sur la santé d’une plus grosse partie de la population ne soit à l’œuvre ? » – Dominique, personne EHS- Les antennes-relais fleurissent sur le territoire sans tenir compte de leurs habitantes.

En mars 2018, dans un rapport s’appuyant sur des bases scientifiques, l’Agence Nationale de Sécurité Sanitaire de l’Alimentation, de l’Environnement et du Travail (ANSES) estime que 5 % de la population française serait touchée par cette nouvelle maladie environnementale, soit 3 millions 300 mille personnes. Qu’en sera-t-il demain ? Selon certaines études ce chiffre peut atteindre 10 % à 20 % de la population.

Qu’en est-il du principe de précaution ? Rappelons notamment la résolution 1815 du Conseil de l’Europe de mai 2011 qui recommande aux États membres : « de porter une attention particulière aux personnes électro sensibles atteintes du syndrome d’intolérance aux champs électromagnétiques et de prendre des mesures spéciales pour les protéger en créant par exemple des zones blanches non couvertes par les réseaux sans fil ».

C’est pourquoi aujourd’hui, nous lançons cette alerte, en soutien aux personnes EHS exclues du débat public, nous sollicitons votre soutien et votre aide pour :
•        Intervenir auprès des décideurs afin que ceux-ci prennent en compte les effets des ondes électro magnétiques artificielles sur le vivant,
•        Préserver des espaces sans exposition aux champs électromagnétiques afin de garantir les droits fondamentaux des personnes électro hypersensibles,
•        Penser des zones à faibles émissions pour l’ensemble de la population,
•        Suivre la recommandation du parlement européen d’abaisser les seuils d’exposition à 0,6 puis 0,2 volt par mètre, seuils compatibles avec la santé des populations.

Citoyens, quel monde souhaitez-vous laisser à vos enfants, petits-enfants ?

Élus, vous avez le pouvoir d’agir, vous avez le devoir de réagir. Nous comptons sur vous pour enrayer cette course effrénée d’implantation d’antenne.

Un collectif citoyen soucieux de l’environnement.
santesailenvironnement@gmail.com

Rassemblement de soutien du 24 septembre 2021 devant la Prefecture de la Loire, photo du Progrès

Pour aller plus loin

Voir notre émission sur la 5G du 21 mai 2021 : https://lenumerozero.info/La-machine-a-decoudre-Emission-sur-la-5G-et-rencontre-avec-Coeur-Noir-Tripalium-5284

Notes

(1) Les Instances Départementales de Concertation sur les installations radioélectriques découlent de la mise en oeuvre d’une directive européenne du 9 mars 1999, mais sa définition précise a été fixée par un décret du 11 août 2016, pour application de la loi « Abeille » du 9 février 2015 « relative à la sobriété, à la transparence, à l’information et à la concertation en matière d’exposition aux ondes électromagnétique ».

Alors qu’il était prévu qu’elles soient installées partout, peu de préfectures les ont réellement mises en place dans la région, uniquement dans le Puy de Dôme (2017) et le Rhône (2019). C’est sur demande des maires de Sail sous Couzan et de Saint Georges en Couzan qu’elle a été crée dans la Loire, par un arrêté préfectoral du 30 juin dernier.

Ces instances de concertation sont des réunions de médiation dont l’objectif est de parvenir à un accord à l’amiable entre les parties sur la base des informations apportées par les participants. Il n’y a donc aucun arbitrage.

Au sein de ces instances, certaines associations agréées pour la protection de l’environnement et/ou pour la santé, sont membres de droit (comme la Fédération Nationale de l’Environnement, Que Choisir, Santé Environnement Auvergne-Rhône-Alpes, Union Départementale des Associations Familiales). Mais il faut noter que les représentants de la plupart de ces associations n’ont pas de réelles compétences sur ces questions, ou même sont très peu sensibles aux questions de santé liées aux ondes. Il y a donc un vrai travail à faire !

(2) La résolution 1815 a été votée par 147 États dont la France le 27 mai 2011 à l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe. Elle invoque un principe de précaution par rapport aux risques des ondes électromagnétiques et la nécessité de la préservation des zones blanches.

(3) Collectif 1815, collectif de défense des personnes électrohypersensibles dans la Loire. Le rendez-vous en préfecture a été un travail d’équipe, entre le Collectif Sail-Santé-Environnement et divers membres d’assos et collectif dont LYONDES, PRIARTEM et le Collectif 1815.

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