Numérisation des services publics : stop à la déshumanisation !

COMMUNIQUÉ

La numéri­sa­tion des ser­vices publics, en par­ti­c­uli­er des organ­ismes soci­aux, et ses con­séquences sur les pop­u­la­tions vul­nérables, seront au cœur de la journée de ren­con­tres et débats co-organ­isée le same­di 18 jan­vi­er 2025 par La Quad­ra­ture du Net, le col­lec­tif Chang­er de Cap et Halte au Con­trôle numérique, avec le sou­tien de la Ville de Villeur­banne. Cet événe­ment pub­lic se déroulera de 14 heures à 20h30 au CCVA (Cen­tre cul­turel et de la vie asso­cia­tive), 234 cours Émile-Zola, Villeur­banne (Rhône).

Deux tables-ron­des ryth­meront cet après-midi auquel par­ticiper­ont des mem­bres de dif­férentes asso­ci­a­tions, locales, nationales ou européennes, ain­si que des sci­en­tifiques.

Cette pre­mière table ronde a pour objec­tif de con­stater les dégâts provo­qués par une dématéri­al­i­sa­tion à marche for­cée. Il s’agira d’interroger les iné­gal­ités d’accès aux droits provo­quées par cette automa­ti­sa­tion, notam­ment dans les zones rurales et les quartiers pop­u­laires. Il s’agira aus­si de débat­tre des risques liés aux prochaines évo­lu­tions notam­ment l’introduction de l’intelligence arti­fi­cielle dans la rela­tion aux usagers et dans la prise de déci­sion les con­cer­nant.

En octo­bre 2024, 15 organ­i­sa­tions, dont Chang­er de Cap et La Quad­ra­ture du Net, ont déposé un recours en Con­seil d’État con­tre l’algorithme de nota­tion de la CNAF (Caisse nationale d’allocations famil­iales), qui cible les plus pré­caires. Un deux­ième temps sera donc con­sacré à la lutte con­tre le vaste sys­tème de sur­veil­lance sociale et de chas­se aux pau­vres qui s’est mis en place.

Cette sit­u­a­tion n’est pas pro­pre à la France, puisque des con­tes­ta­tions con­tre des algo­rithmes déployés dans le domaine social sont engagées dans plusieurs pays européens.

Avec Clara Dev­ille, soci­o­logue et auteure de “L’État social à dis­tance”, Jaoued Doudouh, syn­di­cat des quartiers pop­u­laires Pas Sans Nous, Imo­gen Rich­mond-Bish­op, chercheuse à Amnesty Tech, Alex Dupré, La Quad­ra­ture du Net et Valérie Per­san, Chang­er de Cap, ani­mé par Pas­cal et Lil­li, Halte au con­trôle numérique.

La deux­ième ren­con­tre s’appuiera sur divers­es expéri­ences citoyennes : celle de l’action col­lec­tive belge “L’humain d’abord” qui, depuis trois ans, mène une cam­pagne pour con­tester l’imposition du numérique dans l’accueil de tous les ser­vices essen­tiels ; le tra­vail col­lec­tif mené à Saint Eti­enne pour définir un statut d’objecteur/trice du numérique. Mais aus­si l’initiative de la Ville de Villeur­banne qui garan­tit un droit au non-numérique dans l’ac­cès au ser­vice pub­lic munic­i­pal.

Com­ment l’accès aux droits prime sur le tech­noso­lu­tion­nisme, source d’économies sup­posées pour les pou­voirs publics ? Com­ment con­stru­ire et ne pas subir, faire respecter ses droits humains face à cette numéri­sa­tion imposée ?

Des solu­tions exis­tent, qui passent par des pistes poli­tiques aux niveau local, nation­al ou européen, et par la mobil­i­sa­tion des citoyens/citoyennes, par exem­ple à tra­vers la cam­pagne européenne “Pour un accès aux ser­vices essen­tiels sans pass­er néces­saire­ment par le numérique”.

Avec Daniel Flink­er, Lire et écrire Brux­elles et stratège de la cam­pagne belge L’Humain d’abord, Gaë­tan Con­stant, adjoint au maire de Villeur­banne en charge de la qual­ité du ser­vice pub­lic et de la lutte con­tre la frac­ture numérique, Chloé Berthélémy, du réseau européen EDRi (Euro­pean Dig­i­tal Rights) pour la pro­tec­tion des droits humains et des lib­ertés à l’ère numérique, et Denis Nicol­i­er de Halte au con­trôle numérique, ani­mé par Jean-Claude (Chang­er de cap) et Bastien (La Quad­ra­ture du net).

Ce ren­dez-vous est ouvert à toutes et tous, en par­ti­c­uli­er aux per­son­nes qui souf­frent de la déshu­man­i­sa­tion des ser­vices publics.

La ren­con­tre est organ­isée à prix libre et con­scient, avec réser­va­tion préal­able recom­mandée via Hel­loAs­so (par le col­lec­tif Chang­er de cap)