CAF : algo de “scoring” des allocataires, toujours discriminatoire

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En France, la loi “pour une République numérique”, de 2016, est cen­sée oblig­er l’ensem­ble des admin­is­tra­tions publiques à com­mu­ni­quer le code source des algo­rithmes util­isés. Dans les faits, d’après l’ODAP, seuls 6 codes sources sur les 140 pos­si­bles sont aujour­d’hui acces­si­bles.

Un 7e vient d’être pub­lié – celui qui sert pour cal­culer le score de chaque allo­cataire des CAF et décider de qui doit être con­trôlé – suite à l’action devant le Con­seil d’E­tat de 25 organ­i­sa­tions pour con­tester cet algo­rithme très dis­crim­i­na­toire.

Mais, d’après l’analyse de La Quad­ra­ture du Net (voir vidéo puis arti­cle ci-dessous), l’une des organ­i­sa­tions plaig­nantes, cet algo­rithme dis­crim­ine tou­jours les mêmes pop­u­la­tions.

Par ailleurs, dans le Fin­istère, 6 allo­cataires du RSA et la CGT citent à com­para­ître le prési­dent du départe­ment pour “con­trôles irréal­istes” et “har­cèle­ment moral insti­tu­tion­nel”. Ce départe­ment, qui met en oeu­vre un plan RSA spé­ci­fique, est par­ti­c­ulière­ment dis­crim­i­nant vis à vis des plus pau­vres.

Le 15 jan­vi­er dernier, la Caisse nationale des allo­ca­tions famil­iales (CNAF) a dévoilé le code source de la dernière ver­sion de son algo­rithme de nota­tion des allo­cataires.

Cette annonce s’est accom­pa­g­née d’une cam­pagne de com­mu­ni­ca­tion de l’administration visant à présen­ter cette nou­velle ver­sion comme répon­dant aux cri­tiques aux­quelles l’algorithme fait face depuis plusieurs années, alors que 25 organ­i­sa­tions européennes menées par La Quad­ra­ture du Net attaque­nt la CNAF en jus­tice.

À l’entendre, ce nou­v­el algo­rithme garan­ti­rait “la pro­tec­tion des droits des per­son­nes” et “l’équité” de tous·tes face aux pra­tiques de con­trôle de l’institution. Mais cette opéra­tion de com­mu­ni­ca­tion vise à mas­quer l’essentiel : l’analyse du code et une étude de la CNAF elle-même mon­trent que le nou­v­el algo­rithme dis­crim­ine tou­jours les mêmes pop­u­la­tions.

Rap­pelons l’affaire avant de con­tin­uer : depuis 2010, la CNAF (Caisse nationale des allo­ca­tions famil­iales), utilise un algo­rithme pour ori­en­ter ses con­trôles. Cet algo­rithme recherche les indus, c’est-à-dire les foy­ers qui auraient reçu plus de presta­tions sociales que ce à quoi ils ont droit.

La plu­part du temps, ces indus exis­tent en rai­son d’erreurs de déc­la­ra­tion, parce que les con­di­tions pour recevoir des presta­tions sociales se com­plex­i­fient lorsqu’elles con­cer­nent les per­son­nes les plus pau­vres. Chaque mois, chaque foy­er se voit attribuer par l’algorithme un score, com­pris entre 0 et 1, qui représente la prob­a­bil­ité que, si un con­trôle était ouvert, un indu de plus de 600€ par mois sur 6 mois soit trou­vé.

Et comme l’objectif de cet algo­rithme est d’orienter les con­trôles vers les dossiers les plus faciles, la con­séquence est que plus le score d’un foy­er est élevé, plus le risque de con­trôle est impor­tant.

Qua­tre ver­sions de l’algorithme ont été util­isées depuis la mise en place de ce sys­tème : une ver­sion conçue en 2010 (où trois “sous-mod­èles” cal­cu­laient trois scores, le plus élevé étant retenu) ; une ver­sion conçue en 2014 (cette fois à mod­èle unique) ; une ver­sion de 2018 (à mod­èle unique aus­si, que la CNAF vient tout juste de pub­li­er en cati­mi­ni) ; et la toute nou­velle ver­sion conçue en 2025 et mise en œuvre en 2026 (pub­liée par la CNAF en jan­vi­er).

En 2022, La Quad­ra­ture du Net a com­mencé à tra­vailler sur cet algo­rithme. Nous avons donc demandé à obtenir le code source et – plus impor­tant encore – les vari­ables et pondéra­tions. Si l’algorithme en cours d’utilisation (ver­sion 2018 à cette date) ne nous avait alors pas été com­mu­niqué, nous avions eu accès à une anci­enne ver­sion de l’algorithme et nous avions pu démon­tr­er son car­ac­tère intrin­sèque­ment dis­crim­i­nant (voir notre analyse et nos expli­ca­tions).

En début d’année, la CNAF a mod­i­fié son algo­rithme et a pub­lié le code de cette “nou­velle” ver­sion. Cette ver­sion, util­isée depuis jan­vi­er dernier, apporte des mod­i­fi­ca­tions mineures par rap­port à l’algorithme que nous avions pu analyser en 2023 (ver­sion 2014). Ain­si, on ne retrou­ve plus de critère qui aug­mente le score si la per­son­ne béné­fi­cie de l’allo­ca­tion adulte hand­i­capé (AAH) et tra­vaille, ce qui avait fait grand bruit quand nous l’avions révélé. 

Pire encore : la CNAF avait intro­duit dans son algo­rithme de 2018 des critères ciblant sans équiv­oque les per­son­nes pré­caires, critères qui sont aujourd’hui encore util­isés dans la ver­sion 2025 et mul­ti­pliés. Un critère de cumul des presta­tions sociales a notam­ment été intro­duit dans la ver­sion 2025 pour cibler les per­son­nes béné­fi­ciant de plus de trois presta­tions. Les per­son­nes qui touchent plus de 200 euros d’allocations par mois ver­ront égale­ment leur score aug­menter, comme c’était déjà le cas dans la ver­sion 2018 (seul le seuil a changé). Ce nou­v­el algo­rithme recherche égale­ment tou­jours la pré­car­ité pro­fes­sion­nelle puisque les per­son­nes subis­sant l’ubérisation du monde du tra­vail et qui déclar­ent une activ­ité non-salariée, les per­son­nes dont le con­joint ne tra­vaille pas, ou celles qui entrent ou sor­tent du RSA (parce qu’elles ont pu trou­ver un revenu leur reti­rant tem­po­raire­ment le droit au RSA) subiront encore un score plus élevé.

Dès lors, quel impact atten­dre de ces change­ments sur les pro­fils des per­son­nes ciblées par l’algorithme ? Aucun, et c’est ici un doc­u­ment de la CNAF elle-même qui le prou­ve.

En octo­bre 2025, la direc­tion des sta­tis­tiques, des études et de la recherche (DSER) de la CNAF a réal­isé une étude con­sis­tant à “simuler” les scores pour dif­férents types de pro­fils socio-économiques (allo­cataires au RSA, mères isolées, per­son­nes à faibles revenus, …) afin d’iden­ti­fi­er les cas de “sur-ciblage”, donc les dis­crim­i­na­tions, dont les allo­cataires peu­vent faire l’objet. Pour cela, cette étude a analysé la part des dif­férentes caté­gories d’allocataires étudiées dans les 5 % des plus hauts scores – soit les per­son­nes qui auront le plus de risque de se faire con­trôler. L’étude a été réal­isée pour le mod­èle 2018 et le nou­veau mod­èle 2025.

Présen­tée par la CNAF en octo­bre dernier à son comité d’éthique sur les usages des don­nées, des algo­rithmes et de l’intelligence arti­fi­cielle, organe con­sul­tatif lancé en mars 2025 [3], cette étude mon­tre que, tout comme pour le mod­èle précé­dent de 2018, les per­son­nes pré­caires sont sur­représen­tées dans le nou­v­el algo­rithme 2025 au sein du groupe des 5 % des plus hauts scores. C’est-à-dire qu’elles subis­sent une dis­crim­i­na­tion par la plus forte prob­a­bil­ité de devoir faire face à des con­trôles.

Ain­si, les béné­fi­ci­aires du RSA représen­taient 13 % des allo­cataires en 2024 mais entre 39 et 41% des 5% des scores les plus élevés dans le mod­èle 2025 [4]. Les mères isolées, quant à elles, représen­taient 14 % des allo­cataires en 2024 mais 37 à 40 % des plus hauts scores dans les sim­u­la­tions sur le mod­èle 2025. Cette étude a égale­ment mis en lumière une sur­représen­ta­tion des per­son­nes qui ont plus de trois presta­tions sociales, celles qui touchent plus de 600 euros de presta­tions par mois ou encore les foy­ers dont une des per­son­nes est au chô­mage.

Enfin, la CNAF a beau met­tre l’accent dans sa com­mu­ni­ca­tion sur le fait qu’elle n’utilise plus de critère de nation­al­ité, l’étude mon­tre cepen­dant que les foy­ers com­posés au moins d’une per­son­ne de nation­al­ité étrangère ont, dans les faits, tou­jours plus de risque d’avoir un score plus élevé. Et la sit­u­a­tion est encore aggravée pour les per­son­nes ayant une nation­al­ité hors de l’Union européenne. Un cas d’école de dis­crim­i­na­tion fondée sur la nation­al­ité…

Les sur­représen­ta­tions mis­es en évi­dence par cette étude de la DSER s’expliquent par le fait que les per­son­nes en sit­u­a­tions de pau­vreté ou de pré­car­ité vont cumuler dif­férents critères, qui sont autant de “fac­teurs de risques” util­isés par l’algorithme. La sur­représen­ta­tion des per­son­nes au RSA ou des mères isolées peut ain­si s’expliquer par des revenus plus faibles, ou des insta­bil­ités dans les revenus. On voit alors tout l’intérêt de réalis­er des analy­ses par pro­fils plutôt que d’analyser les vari­ables pris­es isolé­ment.

Face à ces élé­ments, la CNAF s’est lancé aujourd’hui dans une stratégie d’intimidation face à nos organ­i­sa­tions qui con­tes­tent la légal­ité de son algo­rithme en prenant appui sur cette étude de la DSER. Dans son mémoire de jan­vi­er dernier, la CNAF a écrit qu’elle s’“inter­roge sur ses con­di­tions d’obtention” [par les organ­i­sa­tions, dont LQDN, qui ont obtenues par la bande les algos précé­dents] et se mon­tre menaçante puisqu’elle n’exclue pas que “des suites [puis­sent] être réservées à cet élé­ment” (bien qu’elle reste floue sur les­dites “suites” envis­agées).

La Quad­ra­ture dénonce une ten­ta­tive d’intimidation sur nos organ­i­sa­tions : ce doc­u­ment a été envoyé par la CNAF elle-même aux organ­i­sa­tions de son comité d’éthique, dont cer­taines sont égale­ment requérantes dans ce con­tentieux [5].

Cette étude – que ne veut pas pub­li­er la CNAF – traduit en creux l’absence de remise en ques­tion de sa pro­pre poli­tique de con­trôle. En 2023, inter­rogée par Le Monde et Light­house Reports, la CNAF déclarait qu’elle n’avait jamais fait de tra­vail d’analyse des per­son­nes prin­ci­pale­ment con­cernées par son algo­rithme [6]. Avec cette étude de la DSER, la CNAF ne peut désor­mais plus nier savoir que son algo­rithme cible de façon dis­crim­i­na­toire les per­son­nes les plus pré­caires. Et ce, d’autant plus que les asso­ci­a­tions tirent égale­ment la son­nette d’alarme sur les pra­tiques de la CNAF. En juin 2025, la ques­tion du ciblage des familles mono­parentales a par exem­ple été abor­dée au sein du comité d’éthique, en s’appuyant notam­ment sur des témoignages.

Cela n’empêche pas la CNAF de tor­dre la réal­ité pour con­tin­uer de nier la vio­lence de ses pra­tiques de con­trôle. Ain­si, en févri­er 2025, pour se défendre devant le Con­seil d’État, elle écrivait que son algo­rithme n’avait pas d’“effet sig­ni­fi­catif sur l’allocataire” parce que “l’ouverture du con­trôle expose[rait] sim­ple­ment à la néces­sité de répon­dre aux deman­des qui peu­vent être présen­tées par le con­trôleur. On sait pour­tant com­bi­en ces con­trôles peu­vent être intrusifs et engen­dr­er un stress intense en rai­son des enjeux pour les per­son­nes qui ont besoin de ce filet social de sécu­rité pour sur­vivre. Celles et ceux ayant déjà subi un con­trôle de la CNAF apprécieront l’euphémisme de l’administration…

Dans un pub­lire­portage autour de ce nou­v­el algo­rithme, Nico­las Griv­el, le directeur de la CNAF, affirme que l’administration aurait choisi “d’ouvrir le capot”. En somme, que cette trans­parence serait de son ini­tia­tive et qu’il faudrait la féliciter pour cela. Ce qu’il omet pour­tant de dire c’est qu’il n’avait plus vrai­ment le choix.

Il existe en droit de la non-dis­crim­i­na­tion un principe fon­da­men­tal : l’amé­nage­ment de la charge de la preuve. Parce qu’il est très sou­vent impos­si­ble d’apporter la preuve “par­faite” d’une dis­crim­i­na­tion, le droit exige plutôt de la part de la par­tie défend­er­esse (c’est-à-dire celle qui est attaquée) qu’elle démon­tre l’absence de dis­crim­i­na­tion. Nous deman­dions depuis le début de notre con­tentieux con­tre l’algorithme que ce principe soit appliqué : puisque la CNAF avait refusé de nous trans­met­tre la ver­sion actuelle de son algo­rithme mais con­tin­u­ait d’affirmer que celui-ci ne serait pas dis­crim­i­na­toire, c’était à elle de démon­tr­er l’absence de dis­crim­i­na­tion. Par exem­ple en trans­met­tant au Con­seil d’État et aux organ­i­sa­tions requérantes une copie de son code source, ce qu’elle s’était, jusqu’en jan­vi­er dernier, refusé de faire.

La Défenseure des droits est venue enfon­cer le clou : en octo­bre 2025, elle s’est exprimée sur notre con­tentieux en con­sid­érant que la CNAF ne prou­vait pas l’absence de dis­crim­i­na­tion indi­recte [7]. Autrement dit, comme la CNAF n’a jamais voulu com­mu­ni­quer son algo­rithme dans le cadre du con­tentieux, la Défenseure des droits lui a don­né tort.

La CNAF était donc coincée : pour se défendre, elle était en réal­ité dans l’obligation de pub­li­er son algo­rithme devant le Con­seil d’État. Dès lors, le choix” de le pub­li­er en ligne plutôt que de ne l’envoyer qu’au Con­seil d’État et à nos organ­i­sa­tions ressem­ble plus à une opéra­tion de com­mu­ni­ca­tion qu’à une volon­té de trans­parence. 

Notam­ment pour con­trôler le nar­ratif et répéter ad nau­se­am que ce nou­v­el algo­rithme serait réparé, et ain­si dou­bler nos organ­i­sa­tions qui auraient voulu com­mu­ni­quer sur cette affaire d’abord. Surtout, le choix de ne pas pub­li­er l’étude de la DSER, puis de pub­li­er en cati­mi­ni la ver­sion 2018 de son algo­rithme qui était encore plus dis­crim­i­na­toire que le nou­v­el algo­rithme de 2025, mon­tre à quel point cet effort” de trans­parence est loin d’être com­plet et dés­in­téressé.

De notre côté, nous con­tin­uons de nous bat­tre pour exiger la fin de cet algo­rithme et la remise en cause dras­tique de la poli­tique de con­trôle dis­crim­i­na­toire de la CNAF.

La coali­tion d’organisations que nous menons et qui se mobilise dans ce con­tentieux a d’ailleurs été rejointe par dix nou­velles struc­tures. Tout le monde déteste cet algo­rithme.

Pour aider à con­tin­uer la lutte, vous pou­vez faire un don à La Quad­ra­ture du Net

Pour plus d’in­for­ma­tions en matière sociale sur le site de LQDN (page France con­trôle)

Notes

[1]D’autres critères dis­crim­i­na­toires qui étaient présents dans la ver­sion 2018 ont été sup­primés comme le fait de vivre dans une rési­dence sociale, un foy­er de jeunes tra­vailleurs ou dans une cham­bre d’hôtel, ou encore de garder son loge­ment étu­di­ant pen­dant l’été.
[2]Les foy­ers ayant entre 0,6 et 1,5 fois le SMIC auront un score plus élevé. La CNAF ne pré­cise pas si le cal­cul se fait par per­son­ne ou pour l’ensemble du foy­er.
[3]Ce comité, dont l’objectif est d’aiguiller les choix de la CNAF sur l’usage de nou­velles tech­nolo­gies, notam­ment l’usage d’algorithmes, n’a qu’un pou­voir con­sul­tatif (il n’a pas le pou­voir d’empêcher la CNAF d’utiliser une tech­nolo­gie). Il est com­posé d’expert·es, de directeur·rices de la CNAF, des mem­bres du con­seil d’administration de la CNAF, et de représentant·es d’associations. La Quad­ra­ture ne fait pas par­tie de ce comité, mais d’autres asso­ci­a­tions par­ties au con­tentieux en cours le sont : notre coali­tion d’organisations a donc pu utilis­er les résul­tats de cette étude dans le recours actuel con­tre l’algorithme (voir le mémoire en réplique de décem­bre 2025 qui revient sur la ver­sion 2018 de l’algorithme et le mémoire en obser­va­tions de jan­vi­er 2026 qui revient sur le nou­veau mod­èle 2025).
[4]Au total, la DSER iden­ti­fie que sont surreprésenté·es les béné­fi­ci­aires de la prime d’activité ; du RSA ; de l’aide au loge­ment ; du com­plé­ment famil­ial ; de l’allocation de sou­tien famil­ial ; de l’allocation de ren­trée sco­laire ; de l’allocation d’éducation de l’enfant hand­i­capé.
[5]Pré­cisons, par souci de trans­parence, que La Quad­ra­ture du Net, qui ne fait pas par­tie du comité d’éthique de la CNAF et n’a donc pas eu accès à ce doc­u­ment, a fait une demande de com­mu­ni­ca­tion de doc­u­ment admin­is­tratif pour obtenir cette étude. La CNAF a refusé de faire droit à notre demande. La Com­mis­sion d’accès aux doc­u­ments admin­is­trat­ifs (CADA) est saisie de l’affaire et nous espérons que son avis arrivera très prochaine­ment.
[6]Ce qui, en réal­ité, est faux puisqu’elle le savait dès 2016, grâce au tra­vail des chercheur·euses Vin­cent Dubois, Mor­gane Paris et Pierre-Edouard Weill dans leur étude “Poli­tique de con­trôle et lutte con­tre la fraude dans la branche Famille”. En analysant les don­nées de la CNAF, ils et elles ont démon­tré que l’introduction de cet algo­rithme en 2010 a eu pour con­séquence de réori­en­ter les con­trôles vers les per­son­nes pré­caires. Ce tra­vail uni­ver­si­taire de 2016, pen­dant longtemps pub­lié sur le site inter­net de la CNAF, a été dis­crète­ment retiré en 2024 (mais vous pou­vez tou­jours en con­sul­ter une copie).
[7]On dis­tingue en droit deux types de dis­crim­i­na­tions. La dis­crim­i­na­tion directe est con­sti­tuée lorsqu’une vari­able rel­a­tive à un critère pro­tégé par la loi est util­isée. La dis­crim­i­na­tion indi­recte est con­sti­tuée lorsqu’un algo­rithme a des effets négat­ifs sur des pop­u­la­tions pro­tégées.

Recours con­tre l’al­go­rithme dis­crim­i­na­toire de la CNAF : 10 nou­velles organ­i­sa­tions s’y joignent (HACN, 01/2026)

Algo­rithme de la CAF : la lutte con­tre la fraude sociale, un pré­texte pour fich­er mas­sive­ment les allo­cataires pau­vres ? (L’Hu­man­ité, 01/2026)

L’algorithme de la CAF peut provo­quer une “dis­crim­i­na­tion indi­recte”, juge le Défenseur des droits (Médi­a­part, 01/2026)

Dis­crim­i­na­tions algo­rith­miques : ampli­fions la lutte (blog Médi­a­part de Chang­er de cap, 01/2026)

Loi con­tre les fraudes sociales et fis­cales : un flicage qui n’en finit pas (HACN, 12/2025)

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